Nip/Tuck - Jenny Juggs (6x04)

La police enquête sur le mime braqueur, Christian rencontre une strip-teaseuse agressive à très forte poitrine et Teddy a un plan pour se débarrasser de la famille McNamara.

Intrigues minimalistes sur fond de Traviata, voilà pour le menu de la semaine. Matt tout d’abord qui hérite en tant qu’artiste du surnom de mime braqueur, le début de la consécration! Sa soudaine richesse alerte ses deux papas et comme Matt ne réfléchit jamais beaucoup, il leur dit que c’est ce que ses prestations rapportent. À 1000$ la semaine, Matt est le mime du siècle. Sean et Christian applaudissent et félicitent le fils prodigue. Autant de naïveté frôle la bêtise. Matt n’a finalement jamais été aussi peu encadré que depuis qu’il a hérité de deux pères et la série prouve une fois de plus qu’elle ne maîtrise absolument pas les relations pères/fils.

Alors qu’on était en droit de penser que l’intrigue s’éterniserait sur la première moitié de saison, la carrière de bandit de Matt explose et touche à sa fin dans le même épisode. Vol à main armée, enquête de police, victime qui résiste et boum ! C’est du rapide, ce qui n’est finalement pas plus mal et permettra à John Hensley de ne plus avoir à porter ces ignobles pantalons moulants de toile beige. Au bout de 6 saisons, la thématique du gamin qui se cherche et multiplie les mauvais choix commence sérieusement à devenir redondante et il faut reconnaître que depuis son histoire avec Ava durant la saison 2, Matt est devenu le personnage boulet par excellence.

Comme il était le principal ressort dramatique de la saison dernière, Christian est confiné cette année aux intrigues légères. La preuve avec la patiente de la semaine, Jenny Juggs, une Lolo Ferrari perpétuellement en colère et capable d’assommer n’importe qui avec ses seins. Il faut la voir exploser une citrouille ou détruire le téléphone de la réception en lâchant son impressionnante poitrine dessus. Kiersten Warren (vue dans la saison 4 de Desperate Housewives où elle était l’ancienne maîtresse de Tom) joue – encore – les hystériques à la perfection et Christian s’en prend littéralement plein la figure. Amusant à défaut d’être constructif.

Mais l’intrigue principale tourne autour du plan de Teddy la diabolique. Rose McGowan s’impose enfin dans le rôle de l’ignoble belle-mère et il y a quelque chose de jouissif à la voir détruire les illusions d’une gamine de 13 ans. L’occasion de découvrir Connor, le dernier fils de Sean, qui tient sur ses deux pattes, mais semble souffrir du même mutisme que Wilbur, le fils de Christian, qui a mystérieusement disparu. Nip/Tuck aime les enfants apathiques.

Le choix musical, une version légèrement remixée de la Traviata, est assez curieux et devient rapidement pénible lorsqu’il intervient à chacune des apparitions de Teddy. Cette femme est dangereuse, c’est bon, on a compris ! La préparation du plan de Teddy, une virée dans les bois en camping-car, prend un temps monstrueux et atteint son point d’orgue après une soirée chamallows au coin du feu. Ce qui suit est dans la pure tradition Nip/Tuck, imprévisible, exagéré et déconcertant. Le chasseur devient la proie et son seul espoir réside dans ses victimes : ironique et cruel. Un rebondissement bienvenu qui pourrait permettre à la série de se défaire d’une intrigue jusque-là pourtant assez mal maîtrisée.

L’épisode pousse avec une certaine efficacité ses deux arcs principaux, celui sur Matt et celui sur Sean, vers une conclusion anticipée et le retour de Julia la semaine prochaine devrait permettre à la série de clore sa première moitié de mi-saison et pourquoi pas amorcer sa dernière ligne droite de façon plus satisfaisante. En tout cas, on l’espère.

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