Nip/Tuck - Lola Wlodkowski (6.08)

Sean reçoit une patiente qui a décidé de renoncer au sexe. Une amie de Liz vient voir Christian pour se faire retirer des grains de beauté. Son gabarit imposant et sa personnalité fascinent le Dr Troy. Kimber est préoccupée par son apparence.

Maintenant que la méchante Erica a été vaincue, il faut croire que les projets de réconciliation du couple McNamara ne sont plus à l’ordre du jour. Exit donc Julia et ses deux enfants retournés vivre à New York. Pas d’explication, pas de cris, pas de larmes, juste une gigantesque ellipse qui donne l’impression que Joely Richardson n’est guère plus qu’une guest star désormais.

Hormis cet impair, ce nouvel épisode de Nip/Tuck s’avère être d’un très bon niveau, confirmant l’impression générale qui se dégage de cette saison 6. La série n’est peut-être plus ce qu’elle était, mais elle n’a pas l’intention de mourir sans se battre. On renoue donc avec les cas médicaux dans lesquels nos braves chirurgiens trouvent un écho à leurs propres interrogations.

Sean se demande après ses récentes déconvenues sentimentales, si on peut appeler son histoire avec Teddy une déconvenue, ce qu’il est en droit d’attendre de l’amour désormais. C’est là qu’intervient Tracy, jolie jeune femme décidée à vivre le rêve de Barbie, une relation asexuée et durable basée sur la beauté et l’amour. Et pour concrétiser ce désir étrange, rien de tel que de se faire retirer les tétons pour avoir des seins aussi lisses que ceux de la célèbre poupée. Après tout son fiancé à ses côtés, réplique de Ken, s’est déjà fait retirer les siens. On commence par se dire que le cabinet attire les excentriques avant de réaliser qu’il y a toujours plus derrière les requêtes étranges. L’occasion pour Sean et la série de se poser la question de l’importance du sexe dans une relation, de la façon dont il s’accommode des sentiments, de l’impossibilité utopique de s’en passer. Dans une parodie amusante des couples des années 50, Sean réalise qu’il veut à la fois la tendresse et la passion, et ce, malgré ses échecs amoureux.

Christian de son côté est intrigué par Lola, une patiente obèse qui refuse de passer sous le bistouri pour se faire retirer son excédent de poids. Christian, obsédé par son apparence et celle des autres, n’arrive pas à comprendre comment Lola peut prétendre être heureuse. Elle l’aguiche avec sensualité et Christian se laisse séduire dans une scène qui visuellement laisse des traces sur la rétine. On se dit que la série est tombée dans le cliché de la grosse avec un énorme appétit sexuel, mais sous ses plis et ses replis de peau, Lola bataille constamment pour garder sa bonne humeur et sa fierté. Christian n’est jamais aussi touchant que lorsqu’il est confronté à ce genre de cas, qui le pousse à dépasser ses propres peurs et ses convictions intimes. Il n’en reste pas moins un immonde salaud avec Kimber et c’est ce qui fait toute l’essence du personnage.

Kimber, qui s’est toujours affirmée comme la bimbo écervelée et pitoyable, découvre l’expérience de son homme avec une grosse et décide de dévorer tout ce qui lui tombe sous la main avant de se faire vomir dans les toilettes. La poupée gonflable sans cervelle cherche à guérir ses insécurités dans la préservation acharnée de son apparence. Entre fragilité et masochisme, Kimber la pathétique connaît un douloureux instant de lucidité lorsqu’elle réalise que si Christian est à ses côtés c’est parce qu’il estime qu’il ne mérite pas mieux. Un constat glauque, mais terriblement vrai.

Lola Wlodkowski est donc de ces épisodes qui poussent à la réflexion, de ceux qui ont fait la réputation de la série lors de ses deux premières saisons. Certes, le propos en lui-même n’a rien de notable ou de révolutionnaire, mais il est présenté avec suffisamment d’intelligence et de grâce pour qu’on en ressorte touché et satisfait de l’être.

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