Notorious (pilote)

Avec Scandal qui est absente de la grille d’ABC en cette rentrée automnale, la chaine a décidé de ne pas utiliser un de ses shows établis pour combler le trou. À la place, elle mise sur Notorious. Pourquoi ? Parce que c’est l’ersatz de Scandal qui était disponible, visiblement.

Ici, pas de Maison-Blanche et d’histoire d’adultère pour le POTUS. Les puissants de Washington D.C. peuvent se détendre, mais cette création de Josh Berman et Allie Hagan ne va pas pour autant épargner tous les politiciens du pays. Elle s’attaque à la place à tout ce qui fait l’actualité.

L’idée de Notorious est de s’intéresser à la relation entre la productrice d’une émission d’information avec un avocat de la défense dont les clients ne sont clairement pas pauvres et inconnus. Cela doit alors être juteux pour faire grimper l’audience.

Parler de la manipulation des médias et du rapport entre la perception du public et la justice aux États-Unis est en tout cas un sujet intéressant. Sans surprise, ce n’est ici qu’une excuse pour nous vendre des twists dans tous les sens.

Dans ce premier épisode, nous rencontrons donc Julia George (Piper Perabo) qui produit l’émission Louise Herrick Live. Elle reçoit l’avocat Jake Gregorian (Daniel Sunjata) et se réjouit de pouvoir le piéger en direct quand un de ses clients devient le suspect dans un accident de la route. Bien entendu, tout ceci n’est qu’un coup monté, Julia et Jake n’arrêtent jamais de s’entraider, car leurs intérêts s’alignent.

Le souci est que toute cette affaire se révèle être compliquée et notre duo passe alors son temps à jongler d’un retournement de situation à l’autre. Puisque ce n’est pas suffisant, leur vie privée s’en mêle, celle de personnages secondaires également, sans oublier que la partie des avocats a aussi le droit à son client de la semaine.

C’est chargé, beaucoup trop pour un pilote, mais quand le générique de fin arrive, on comprend que cette affaire ne devait pas être réglée en un épisode. Le problème est qu’elle est pourtant gérée comme si cela était le cas. Vitesse et précipitation se mélangent allègrement et Notorious se met à produire beaucoup de bruit pour rien.

Il faut aussi dire que, si la série ne nous vient pas du Shondaland, elle s’en donne l’apparence. Entre la musique et le montage, on se croirait presque dans Scandal et c’est clairement l’effet recherché.

Piper Perabo et Daniel Sunjata se révèlent peut-être assez solides pour porter l’ensemble sur leurs épaules et ils pourront surement en faire quelque chose de différent, mais la scénarisation et la réalisation jouent contre eux. Notorious s’affirme alors immédiatement comme étant un show superficiel qui ne fait que recycler une recette un peu trop familière. Certes, cette dernière n’a pas encore perdu de tout son panache, mais se reposer sur des effets-chocs qui s’enchainent trop rapidement pour avoir un réel poids n’est pas suffisant.

Il parait évident que la finalité première de Notorious pour l’instant est de capitaliser sur le public de Scandal en offrant un produit relativement similaire. Cela se veut sexy et surprenant, à défaut de pouvoir faire plus. Dans un sens, on ne peut pas reprocher à ce pilote de livrer exactement ce qui a été promis, mais il est regrettable qu’il n’avait finalement rien de plus à proposer. Il serait surement pertinent que cela change rapidement.