Orange Is The New Black Saison 5 : Trois jours de révolte

27 Juin 2017 à 14:30

Attention, cet article contient des spoilers sur la saison 5 d’Orange Is The New Black. Vous êtes prévenus !

La saison 4 d’Orange Is The New Black s’était terminée avec une montée de la tension au sein de la prison suivant le meurtre de Poussey par un des gardes et la révolte des pensionnaires de Litchfield. Cette nouvelle salve d’épisodes n’y va pas par quatre chemins et opte pour une approche narrative différente : les treize épisodes couvrent les trois jours de l’émeute qui résultent de ce tragique événement.

On ne peut pas reprocher à Jenji Kohan et son équipe de choisir la facilité cette année. Couvrir un laps de temps si court dans un nombre d’épisodes assez important est un exercice périlleux (coucou How I Met Your Mother). Le risque est de diluer l’ensemble et de ne pas réussir à maintenir un équilibre et un intérêt constant. C’est le cas ici, mais à petites doses.

La première partie cette saison 5 s’occupe alors des répercussions immédiates de la prise de contrôle des femmes dans la prison. Entre les gardiens en otage, le gang des latinas qui cherche à saisir le pouvoir à travers Daya ou les petits arrangements des détenues pour reprendre en main leurs vies, les quatre premiers épisodes tâtonnent un peu. Ils peinent surtout à trouver un équilibre entre le drame nécessaire à la situation et un humour bienvenu mais mal dosé. S’attarder alors sur des personnages que l’on voit peu habituellement est une approche louable – surtout quand il s’agit de lancer un Litchfield’s Got Talent ! –, mais le tout peine à être régulier.

Il faut dès lors que Taystee, Cindy et sa bande prennent les choses en main pour que la saison décolle réellement et que le propos derrière l’émeute devienne tangible. À la fois porte-voix des femmes mais aussi des communautés, Taystee devient l’âme du show. Ses face-à-face avec Caputo ou Figerola pour obtenir que leurs revendications aboutissent sont exquis, mais également emplis d’une rancœur qu’il est soulageant de voir s’exprimer.

La mort de Poussey est un déclic pour que la colère se libère et que les injustices éclatent aux yeux du public, mais toutes les détenues gèrent la mort de leur amie différemment. Ce parcours intérieur du deuil est un crève-cœur à regarder, notamment avec Crazy Eyes dont la maladie mentale resurgit et révèle l’inadéquation de la prison pour elle.

Toute cette saison d’Orange Is The New Black est néanmoins portée par l’ambition de voir ces femmes reprendre l’ascendant sur une vie qui les humilie chaque jour, les déshumanise un peu plus – à l’image de Piscatella torturant les filles dans un épisode éprouvant mais superbe. Il en découlera alors la réunion de plusieurs des détenues autour de Red, chacune trouvant en la séquestration du gardien un exutoire aux souffrances qu’il leur a fait endurer. La portée émotionnelle est grande et soutient la majeure partie de la fin de saison avec réussite.

En marge de cela, certaines histoires peuvent alors paraître anecdotiques, mais contribuent à alléger l’ambiance et approfondir ces portraits de femmes avec plus ou moins de réussite. C’est le cas avec Pensatucky et son garde où la frontière entre violeur et amant se brouille avec complexité. Lorna reste fidèle à elle-même en tombant enceinte et si ses moments personnels sont drôles, il faut que Nikki s’en mêle pour que le tout prenne une vraie portée émotionnelle. Enfin, il est intelligent de la part des scénaristes de faire de Piper et Alex de simples accessoires traversant la saison, leurs intrigues n’ayant plus besoin d’autant d’exposition contrairement aux autres.

Plus que jamais, Orange is the new black est à propos du rapport entre dominants et dominées où les femmes se font échos des minorités (et majorités) sous l’oppression sociale. Elle a beau être pleine de vie et de rires, la série n’en reste pas moins une exploration tragique du quotidien carcéral, en témoigne les deux derniers épisodes où l’étau se resserre et l’espoir peine à filtrer entre les barreaux. La saison se termine alors sur un désespoir général où l’échec de l’émeute et la séparation des détenues sonnent comme une peine d’autant plus dure que la révolte était essentielle.

Avec cette nouvelle saison, Jenji Kohan et son équipe ont fait un pari risqué et réussi en grande partie. Si une certaine dilution des intrigues dans un début de saison quelque peu mou n’a pas pu être empêchée, l’ensemble prend rapidement la consistance voulue par son propos et porte les personnages – et leurs interprètes – au firmament. Les répercussions de cette émeute seront lourdes, la saison 6 d’Orange is the new black aura fort à faire et on sera au rendez-vous.

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