Origin Saison 1 : Les disparus de l’espace

6 Déc 2018 à 12:00

Au tour de Youtube de tenter une échappée dans l’impitoyable univers des services de streaming. Après le succès d’Impulse, la plateforme propose un nouveau produit 100% science-fiction : Origin. Créée par Mika Watkins, et avec Paul W. S  Anderson (Resident Evil) à la production et à réalisation de quelques épisodes, la série reprend une formule qui fonctionne : le huis clôt spatial.

Une dizaine d’individus à qui l’on promet un nouveau départ embarque pour un voyage de plusieurs années dans un sommeil prolongé vers Théa, une planète habitable à quelques années-lumière de la nôtre. A seulement quelques jours de la destination, ils se réveillent et découvrent avec effroi que l’équipage a déserté. Heureusement pour eux, un extraterrestre suceur de cerveau est là pour leur tenir compagnie.

Inspirations multiples

Origin appartient au genre « tech noir », c’est-à-dire qu’elle empreinte à la fois à la science-fiction et au film noir, l’exemple le plus connu étant Blade Runner dont on perçoit les influences à travers le traitement des couleurs et les décors. Ce n’est pas la seule œuvre dans laquelle Origin a puisé allègrement, on retrouve l’ambiance survivaliste de Cube, une menace non identifiée qui occupe le corps des passagers à la Alien, et quelques scènes inspirées de The Thing de John Carpenter. Le tout est également savamment saupoudré de références Dickiennes.

Niveau construction, on retrouve : une intrigue sous forme de boîte à mystère, des personnages stéréotypés, une narration en flashback où chaque épisode se concentre sur le passé d’un unique passager… Vous l’avez ? Origin reprend clairement la formule de Lost, la transposant presque telle quelle à un nouveau décor, mais la maîtrisant malheureusement moins bien.

Avec autant d’influences, ce n’est pas étonnant qu’Origin ait du mal à se définir une identité propre, l’ensemble étant en plus assez lisse. Cependant, une bonne gestion du rythme permet de se laisser emporter par la série qui, à défaut d’être originale, s’avère relativement prenante. Le principal défaut d’Origin est d’être consciente de ses limites et de vouloir trop en faire. Pour conserver une tension constante et très artificielle se multiplient les jumpscares idiots, les cliffhangers sans grand intérêt et quelques retournements de situation aussi désespérés qu’incohérents.

Des personnages efficaces

Les éléments les plus intéressants d’Origin sont ses personnages. Si les flashbacks font un excellent travail de développement de leur personnalité, la ligne temporelle principale semble totalement oublier ces si bonnes bases préalablement posées et se concentre uniquement sur l’intrigue. Ce mauvais équilibre ne sera jamais corrigé et se montre de plus en plus frustrant au fil de la saison.

Si les personnages sont attachants, ils n’innovent cependant en rien les clichés de la série chorale. Shun (Sen Mitsuji), dont l’interprète manque cruellement de charisme, est un ancien yakuza qui suit le chemin classique du bad boy repenti. Sa rivale directe pour prendre la tête des opérations est Lana (Natalia Tena) qui, malgré le peu de matière à disposition s’en sort avec les honneurs en tant que femme forte et fragile à la fois. La relation entre les deux aurait dû être notre point d’ancrage émotionnel, mais se voit développé très peu, et très tardivement.

Le plus réussi des passagers est Logan, brillamment incarné par Tom Felton, jeune homme épileptique en pleine rébellion dont l’épisode flashback aurait pu être un film à part entière. Pour le reste, on a en vrac : un médecin à la morale indéfectible (Fraser James), une Française amoureuse (Nora Arnezeder), un Allemand gentleman cambrioleur (Philipp Christopher) et une hackeuse mal dans sa peau (Adelayo Adedayo). Le moins que l’on puisse dire, c’est que ça ne manque pas de diversité !

Une réussite avant tout esthétique

Là où Origin réalise un sans-faute, c’est dans la création de son univers. Youtube a mis les moyens, et cela se ressent à l’image. Les effets spéciaux, notamment ceux de l’extraterrestre, sont réussis et évitent à la série de tomber dans le ridicule, une performance à noter quand on produit un space opera, qui plus est horrifique. Le vaisseau est également particulièrement immersif et évite l’écueil de la carcasse vide et sans vie.

Le plus brillant reste néanmoins le travail des décors dans les flashbacks. La Terre court à sa perte, entre pollution, surpopulation et émergence du crime. Chaque histoire est l’occasion de découvrir comment à mal tourner un coin différent de notre planète. On est notamment immergé dans une version futuriste de Tokyo qui n’a rien à envier à Altered Carbon. Origin profite de ce cadre pour passer également quelques messages écologiques et sociaux, insistant juste suffisamment pour que le spectateur attentif puisse ruminer l’idée.


Origin est un bon divertissement, dynamique et dont il est difficile de décrocher avant la fin. Très – trop ? – référencée, cette saison assume pleinement son héritage notamment Lostien et Dickien, mais peine à s’en détacher. S’il y a peu de chance qu’elle marque les esprits, elle promet un bon moment de science-fiction pop-corn, avec quelques frissons. À garder pour les long week-end pluvieux !

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