Outlander : Passionnément… ou pas du tout (4.03)

20 Nov 2018 à 12:00

Après une courte, mais mouvementée, halte à River Run, Outlander enchaîne avec un épisode très attendu qui nous ramène partiellement au XXème siècle aux côtés de Brianna (Sophie Skelton). Alors qu’en 1770, Claire (Caitriona Balfe) et Jamie (Sam Heughan) reprennent la route en quête d’un foyer, en 1969, leur fille cherche à savoir qui elle est et à quoi elle aspire.

Après de longs mois passés chacun de leur côté de l’Atlantique et seulement quelques coups de fil, Roger (Richard Rankin) rejoint Brianna aux États-Unis où elle étudie au MIT. Après des retrouvailles pleines de maladresse, mais surtout de tendresse, le couple embarque dans un road trip pour un festival écossais, une improbable ComicCon en kilt. La gêne se dissipe peu à peu et, pour la première fois, Brianna et Roger affichent des sourires radieux et profitent du temps ensemble.

Ces prémices touchantes ne rendent la chute que plus déchirante. Alors que tout allait pour le mieux, Roger veut « faire les choses » bien et s’emballe en demandant sa belle en mariage. On ne peut qu’admirer la délicatesse dont la jeune femme fait preuve pour le repousser, mais le mal est fait et, touché dans son ego, Roger se montre infect, hypocrite et misogyne, et essuie une gifle qu’il n’a pas volée.

Bien qu’en pleine crise, le couple devient plus intéressant que jamais, tout particulièrement dans son parallèle avec celui que forme Claire et Jamie. Les deux femmes, qui se veulent toutes les deux libérées et en avance sur leur temps, s’entourent en effet d’hommes bien différents. Alors que Jamie s’accommode vite à sa féministe de femme et se montre très moderne dans son approche du couple, Roger semble coincé dans les clichés désuets d’un autre temps.

Si ce dernier s’y est de toute évidence mal pris, son besoin de vérifier les sentiments que lui porte Brianna n’était pas totalement injustifié. De par son histoire tortueuse et ses modèles familiaux, Brianna a un rapport biaisé à l’amour. Tout ce qu’elle retient de cette mère étrangère est qu’il est possible, à tout instant, de s’évanouir dans la nature pour trouver un homme qu’on aime plus que le précédent. Avec ses bases fragiles, on ne peut reprocher à Brianna d’avoir peur de s’investir émotionnellement.

Deux siècles plus tôt, Claire et Jamie reprennent leur route vers le nord à travers les somptueuses forêts de la Caroline du Nord. Quittés en cours de route par Ian (John Bell) et John Quincy Myers (Kyle Rees), qui s’annonce comme un futur personnage important, Claire et Jamie se retrouvent seuls et entament une introspection. Claire rumine les derniers mots de Jocasta dénonçant son manque de considérations pour les véritables aspirations de son mari, tandis que Jamie s’interroge sur la suite des évènements.

Lorsqu’ils partagent une discussion autour de Brianna, Outlander montre une nouvelle fois subtilement la profondeur de la relation qui unit les Fraser. Jamie ne demande à aucun moment pourquoi Claire et Brianna n’étaient pas proches et ne s’offusque jamais de la place que Claire a laissé Franck prendre dans la vie de sa fille. Ce n’est qu’un détail, mais c’est magnifique de confiance et de respect pour sa femme.

Un concours de circonstances amène Claire, fraîchement blessée à la tête, à parler à un fantôme de Cherokee. Point d’orgue de l’épisode, la mise en scène de cette séquence est incroyable, un jeu d’ombres et de lumières magnifique contribuant à l’ambiance envoûtante et surréaliste. Trauma crânien ou rencontre mystique, Jamie, nourri depuis l’enfance aux légendes irlandaise, a un avis et sur la question.

Parallèlement, Claire fait une découverte surprenante, ramenant le voyage dans le temps sur le devant de la scène et relançant les enjeux pour la suite. Maintenant que Claire a un nouvel objectif et que Jamie sait ce qu’il veut, les voilà prêts à vivre leur rêve américain et à fonder un nouveau chez eux : Fraser’s Ridge.

La façon dont l’épisode est construit est exemplaire. Les transitions entre les époques sont toujours fluides, bien qu’un travail sur le rythme et les couleurs confère aux récits deux personnalités bien marquées. Si l’on ajoute à tout cela une impeccable gestion du rythme, on obtient un épisode équilibré et dynamique qui fait oublier qu’il s’agit finalement d’un épisode de transition.

Cet épisode d’Outlander est en fin de compte l’histoire de deux couples qui, sur la même route mais séparés de plusieurs siècles, sont en quête de bonheur et de stabilité. Alors que le premier semble avoir trouvé ce qu’il cherchait, l’autre se disperse, très certainement pour mieux se retrouver. Cet épisode 3 intimiste est une vraie réussite, parenthèse bienvenue après les évènements précédents, et relance la série dans une direction qui s’annonce pleine de surprises.

Tags : Outlander moins...
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