Penny Dreadful : le monstre en chacun de nous (saison 1)

Penny Dreadful saison 1

1891. Angleterre. La mystérieuse Vanessa Ives recrute le tireur américain Ethan Chandler pour un travail nocturne. Elle l’introduit à Sir Malcolm Murray qui est à la recherche de sa fille Mina Harker. Après avoir réussi à mettre la main sur une étrange créature, ils entrent en contact avec le docteur Frankenstein pour obtenir son expertise. Ensemble, ils vont tenter d’en apprendre plus sur ces monstres qui rôdent à Londres dans l’espoir de retrouver Mina.

Scénariste réputé (Skyfall, The Aviator, Hugo), John Logan propose de nous emmener dans le Londres Victorien avec sa première série Penny Dreadful. Avec un titre faisant référence à un format de publication anglais de cette époque qui misait beaucoup sur le sensationnel, il est évident que Logan veut nous plonger dans l’horreur fantastique de ce temps. Pour ce faire, il associe différentes figures de la littérature – entre autres de Dorian Gray, Frankenstein et Dracula – pour nous entrainer épisode après épisode dans les recoins sombres de l’âme de ses personnages.

Pour autant, ce n’est pas un personnage issu des pages d’un classique qui est au cœur du récit, mais l’énigmatique Vanessa Ives – incarnée par Eva Green. La jeune femme accompagne Sir Malcolm Murray (Timothy Dalton) dans sa quête personnelle : retrouver sa fille, Mina Harker. Cette intrigue est le fil rouge de cette première saison composée de huit épisodes, mais il est en vérité bien plus question de Vanessa qu’il ne l’est de Mina, que l’on sait de toute façon déjà perdue. Cette conclusion fort évidente d’un point de vue extérieur est plus douloureuse à faire pour ses proches, mais cela fera partie du chemin à parcourir. Ensemble, Sir Malcolm et Vanessa nous entrainent dans leur monde tordu, complexe et éprouvant.

Si la recherche de Mina apparaissait être au cœur de cette première saison de Penny Dreadful, et d’une certaine façon elle l’est, John Logan donne corps à un récit où la confusion s’invite à plus d’une reprise. Il met un soin particulier à s’éloigner de toutes les questions qu’il peut poser au sujet de Mina et de Vanessa pendant une bonne moitié de saison en tournant son attention vers ses autres personnages.

Les monstres que pourchassent Vanessa et Sir Malcolm ne sont alors pas à proprement parler le sujet de Penny Dreadful ; la série préfère décortiquer la sombre nature de ses personnages et interroger sur qui ils sont vraiment et comment ils peuvent vivre avec leurs actions passées destinés à les hanter ou les définir. La question est somme toute explicitement posée à la fin, mais elle est aussi soulevée à plus d’une reprise, surtout que tout est fait pour que les mondes de chaque figure évoluent en parallèle les uns des autres.

Logan privilégie donc régulièrement l’exploration psychologique, sans pour autant vouloir abandonner les mystères qu’ils tentent de construire autour de ses personnages. Cela se fait aussi au détriment de son intrigue principale, le scénariste ne sachant pas pleinement quand faire progresser cette dernière pour que son ensemble soit vraiment cohérent. Dans ces conditions, des frustrations voient inexorablement le jour ; elles sont au mieux plus ou moins étouffées par la charge émotionnelle qui ressort des épisodes.

Ambiance électrisante ou étouffante, des images magnifiques et poétiques, des scènes angoissantes, Penny Dreadful réussit avec brio à entrainer dans son univers où la monstruosité et la beauté font plus que se côtoyer, elles se confondent quasiment en continu. Bien que développée en annexe, l’histoire de Frankenstein (Harry Treadaway) et de sa créature (Rory Kinnear) est alors aussi émouvante que sordide et celle de Chandler (Josh Hartnett) est à la fois sombre et mélancolique. Seul Dorian Gray (Reeve Carney) se révèle en partie un échec, ce dernier devant être fascinant, mais ne l’étant pas autant que souhaité. C’est bel et bien ceux avec qui il interagit qui le rendent intéressant et non lui qui réussit à l’être.

Penny Dreadful multiplie les vagues d’émotions, plonge autant que possible dans la psyché de ses personnages sans tenter de fournir des réponses claires sur qui ils sont. Elle prend bien des détours et se refuse à expliciter des faits évidents, persistant avec de faux mystères qui ne servent pas vraiment le récit. Elle délivre ainsi une première saison qui se révèle éparpillée et frustrante, mais aussi terrifiante, grisante et lyrique.

La saison 1 de Penny Dreadful est disponible dans son intégralité sur Netflix.
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