Moira retire les implants biométriques, mais le groupe n’en devient pas plus libre pour autant. Janet cherche à savoir si sa fille va bien, alors que Moira et Victoria se lient. À l’extérieur, Mark poursuit son enquête.

Après avoir exposé la situation et placé les enjeux de base (soit réussir à quitter la ville), le second épisode va tenter de donner plus de consistances à certains protagonistes et explorer les issues possibles à la situation dans laquelle nos personnages sont. Bien entendu, nous savons qu’ils ne vont pas quitter le coin cette semaine, mais cela ne coûte rien d’essayer.

Il y a de la bonne volonté, qu’importe l’angle d’approche, mais finalement The Edge est victime du concept même de la série, et tout simplement de ceux qu’elle met en scène. Ayant tablé sur des hommes et des femmes un peu trop caricaturaux, il est difficile de sortir de cette conjoncture, et même les développements qui sont faits en souffrent. Ainsi, voir Moira et Victoria se lier d’amitié parait on ne peut plus factice et ne fait que les conforter dans leur position. La première se révèle un peu sur la fin, sans pour autant que le personnage y gagne quoi que ce soit, car tous les signes sur sa santé psychologique menaient à cette conclusion et on ne peut pas dire qu’elle n’a pas le profil de ce type de personnage. Il en est de même pour Victoria, qui découvre la dépression, présentée comme la fille turbulente d’un père haut placé qu’elle tient responsable de ce qui lui arrive.

L’épisode met par ailleurs en avant les duos qui se sont plus ou moins faits naturellement dans le groupe, et que la série pourra toujours tenter de bousculer par la suite. C’est sans trop de surprises que Blackham et Morse se lient, surtout dans leur volonté de briser le manager de leur hôtel. Joe jongle entre le Sergent Graham et Janet, en fonction de la situation.

Cela nous conduit à la fin du premier épisode, où Janet se voit confier la tâche de « To Kill his neighbour » qui va se transformer en « To kill Joe » par la suite. Ce petit élément se combine avec le papillon de Victoria, qui a été déposé dans sa chambre, montrant que ceux qui les détiennent ne sont pas très loin. De là à supposer que c’est quelqu’un du groupe qui agit et vient fournir l’arme et autres petites choses quand ils ont le dos tourné, il n’y a qu’un pas. Dans cette histoire, j’admets volontiers ne pas savoir quoi penser du manager.

Enfin, Janet se questionne et va être poussée dans ses retranchements pour passer à l’acte. Des photos de sa fille, jusqu’au coup de téléphone, la manipulation psychologique n’est pas mal orchestrée, mais manque de poids pour qu’on puisse y croire. En fait, cela aurait été presque le moment opportun pour être pris par surprise, en poussant Janet à peut-être commettre un acte imprévisible. Cela n’arrivera pas ; le mystère ambiant n’en pâtit pas trop, mais celui-ci gagnerait bien à voir ces personnages s’affirmer plus concrètement.

Ces derniers ont le mérite de passer à l’action, et même de tenter d’explorer la petite ville dans laquelle ils sont prisonniers. On reste quand même à la surface, car il y avait pas mal de choses à faire avec cette idée qui n’a clairement pas été explorée au bout de ces 42 minutes. Ils veulent traverser le champ électrique qui délimite le terrain, mais ils ne vont pas réellement le tester. En tout cas, leur petite évasion aura le mérite de susciter quelques questionnements.

Dans tout cela, à l’extérieur, la fille de Janet semble officiellement dans les mains d’une grand-mère à tendance psychopathe, mais pas forcément liée à ce qui se passe. Le journaliste va d’ailleurs rencontrer les premiers obstacles. Son découragement apparait juste un prétexte pour ralentir son investigation au prochain épisode, surtout qu’au vu de sa profession, une telle mésaventure confirme qu’il tient là une histoire.

Quoi qu’il en soit, ce second épisode de Persons Unknown tend plus à dévoiler les limites de la série, qui risque de manquer d’un peu de surprises, mais réussit à conserver un mystère solide. En tout cas, c’est à ce dernier qu’il faut actuellement se raccrocher, le reste étant trop manichéen.