Picnic at Hanging Rock : Mystère fantasmagorique victorien

Une sortie scolaire le jour de la Saint-Valentin vire au drame. Voilà le point de départ de Picnic at Hanging Rock, mini-série australienne et surtout nouvelle adaptation du classique littéraire de Joan Lindsay.

Nous sommes en Australien en 1900 dans une école pour jeunes filles. Un pic-nique est organisé à Hanging Rock le 14 février, où la romance entre en collision avec cet étroit défilé rocailleux. Lorsque trois étudiantes et leur professeur disparaissent mystérieusement, les recherches commencent et chaque pierre qui est soulevée pour les retrouver dissimule un lourd secret.

D’un roman de 320 pages, les scénaristes Beatrix Christian et Alice Addison nous livrent une mini-série en 6 épisodes, extrapolant autour du matériel d’origine pour explorer les mœurs féminines et les codes sociaux de l’époque.

Picnic at Hanging Rock se construit dès lors autour d’une forme de surréalisme, voguant entre un univers empreint de gothique et une touche de Lewis Carroll. Les pierres envoûtent et attirent les jeunes élèves, symbole à la fois de dureté et de liberté.

Les étudiantes sont vite définies par un trait particulier. Miranda Reid (Lily Sullivan) est l’esprit libre ; Irma Leopold (Samara Weaving) est l’héritière un brin mal-aimée ; et Marion Quade (Madeleine Madden) est une passionnée de mathématiques limitée par son héritage racial mixte. Chacune d’entre elles représente une idée qui a plus d’impact sur ceux qui les entourent que sur elles-mêmes. Elles ne fascinent pas comme les images aimeraient qu’on le soit.

À la nature de Hanging Rock s’oppose l’école Appleyard au sein de laquelle la directrice cherche à forger des femmes respectables en employant des techniques parfois cruelles comme si elle cherchait à faire sortir le démon de l’immoralité de ces jeunes demoiselles.

Ce sont avant tout ces propres démons que Mrs. Esther Appleyard tente de dompter, hantée par les souvenirs qui ne veulent pas la lâcher. Nathalie Dormer donne alors vie au personnage le plus complexe de cette mini-série, une femme ambivalente au passé trouble qui ne cesse de voir ce qu’elle fut, ce qu’elle est ou encore ce qu’elle aurait pu être dans les filles de l’école. Une femme aux prises avec les valeurs sociales et sa quête d’indépendance.

Cependant, Picnic at Hanging Rock n’est pas à proprement parler au sujet de Mrs Appleyard. Si elle incarne à sa manière une partie du message de l’œuvre, cette dernière qui traite principalement de la condition féminine se veut être à propos des disparues et de ce qu’elles représentent.

Avant tout, la série est une d’ambiance, une qui cherche à envoûter le téléspectateur et qui profite d’une production et d’un traitement esthétique soignés pour faire son effet. Cependant, à force d’employer les mêmes artifices, Picnic at Hanging Rock en devient redondante et ne peut dissimuler qu’elle n’a tout simplement pas de quoi tenir sur 6 épisodes.

Les scénaristes exploitent pourtant tous les angles possibles et multiplient les sous-entendus. Les tensions sexuelles sont nombreuses, le sous-texte étant quasi continuel sur le sujet et bien mis en valeur. Que ce soit entre étudiantes, avec professeurs ou entre amis, les relations sont définies avant tout par une attirance parfois ouvertement exprimées, parfois non.

Le problème est que l’on finit inexorablement par tourner en rond. Cela n’enrichit pas à proprement parler l’histoire et, passé un certain point, c’est simplement lassant que chaque épisode nous dise la même chose sur les personnages.

Sur papier, Picnic at Hanging Rock avait de quoi allécher. Le décor symbolique et les disparitions se proposaient de nous plonger dans un récit particulier, de nous ramener à une autre époque pour chercher à décoder un mystère, comme on peut chercher à décoder les jeunes femmes au cœur de l’histoire. En vain, car la série se perd justement au milieu des pierres, ayant au final peu de choses à dire et n’ayant pas de quoi occuper dignement le temps qu’elle dure. Dès lors, on se retrouve à errer à Hanging Rock, affaibli par la lourdeur du propos, s’accrochant à une fascinante Mrs Appleyard et aux bribes pertinentes de l’histoire qui se fondent dans le décor.


En diffusion sur Canal+, l’intégralité de Picnic at Hanging Rock est disponible sur myCANAL et CANAL à La Demande.

Pique-nique à Hanging Rock
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