En ce début de saison 4 de Power, mettre Ghost derrière les barreaux a permis aux scénaristes de commencer à aborder des questions relativement inédites dans le show. Cela se poursuit ici quand des loyautés sont testées.

Ce troisième épisode propose ainsi de montrer que, même si James est innocent du meurtre de Greg Knox, il est tout de même coupable. Tout du moins, il mène une vie qui le condamne presque à terminer en prison. C’est comme cela que certains le voient, mais il a une vision différente qui est ici remise en question.

Un peu comme dans The Sopranos dans laquelle on n’imaginait pas Tony finir derrière les barreaux, mais plus se faire assassiner dans la rue (ou dans un Diner), Power présentait Ghost comme étant destiné à avoir sa fin heureuse ou à mourir en essayant de l’obtenir. Il était juste trop malin pour que la police le rattrape. C’est pour cela qu’il est difficile de se dégager de l’ironie de son arrestation. Il se fait appréhender pour le seul crime qu’il n’a pas commis.

Pire, il est jugé pour quelque chose qu’un représentant de la justice a fait. D’ailleurs, si l’avenir de Mike Sandoval (David Fumero) dans la série est plutôt fragile depuis un moment, on se doute qu’il fera tout pour s’en sortir le plus longtemps possible. Néanmoins, il parait être sur le point d’abuser de sa chance une fois de trop.

Quoi qu’il en soit, peu importe donc qui est coupable et innocent, comme les scénaristes de Power l’explicitent bien ici. D’ailleurs, dès la scène d’introduction de cet épisode, LaKeisha (Lala Anthony) se fait interpeller en même temps que Julio (J.R. Ramirez) et Dre (Rotimi Akinosho) alors qu’elle est plus une victime à ce stade. La mettre en péril illustre bien le point que la série veut faire sur le système judiciaire américain.

D’ailleurs, John Mak (Sung Kang) explicite clairement sa politique. Peu importe les dommages collatéraux, si cela permet d’obtenir la peine capitale pour un meurtrier. Les lignes se floutent donc toujours plus, en particulier quand les enfants de James sont ajoutés au mélange — même si on pourrait bien se passer de l’attitude de Tariq (Michael Rainey Jr) qui montre un peu trop les limitations du jeune acteur.

Au final, même si ce n’est pas la réflexion sur la différence entre innocent et coupable une fois que l’on est pris dans les mailles du filet de la justice américaine qui délivre le plus gros du divertissement — c’est Tommy qui se charge de cette partie —, il faut reconnaitre que Power en retire quelque chose d’intéressant. La série développe un propos qui permet particulièrement à Ghost de mettre en perspective ses choix de vie, ce qu’il semblait incapable de faire auparavant. Il ne sortira pas de cette saison 4 intact et c’est ce qui est le plus intéressant à ce stade.