Il y a de cela un an, Aria, Hanna, Emily et Spencer ont vécu la disparition de leur meilleure amie Alison dans des circonstances mystérieuses. Aujourd’hui, elles se mettent à recevoir d’étranges messages d’un certain A, qui semble en savoir beaucoup sur chacune d’entre elles et les nombreux secrets qu’elles cachent.

S’il y avait un guilty pleasure à retenir de cette saison 2010-2011, ce serait sûrement Pretty Little Liars.

La première partie de saison avait commencé maladroitement, avec une mise en place assez lourde de tous les éléments. En témoigne le pilote qui ne lassait pas le temps de respirer. Néanmoins, la série réussit à trouver assez rapidement son rythme de croisière. Le ton se révèle assez large pour brasser un public plus étendu que le lectorat adolescent des livres. Ainsi, on a droit aux attendues histoires de cœur, couplées à un usage des dernières technologies. La série traitera également de sujets propres à cet âge comme les troubles de l’alimentation, l’homosexualité, les relations avec les parents. Pretty Little Liars propose aussi 4 archétypes d’ados (la populaire, la sportive, la romantique, l’intello) pour faciliter l’identification au maximum. Heureusement, la série ne se résume pas à ça.

En effet, il vient se rajouter une affaire policière non résolue qui amène dans son sillon des révélations sur tous les habitants de Rosewood. C’est là que le côté guilty pleasure se met en action, chaque épisode étant construit sur la recherche de la vérité par les héroïnes, ponctuée par les messages menaçant du mystérieux A. La série n’est d’ailleurs pas toujours aussi rose bonbon qu’il y paraît, et certaines histoires frôlent le sordide, comme la romance incestueuse Jenna/Toby, ou, la « passion » d’Ian pour les vidéos amateurs. Les héroïnes ne sont ni des saintesni  de simples victimes : elles mentent, manipulent tout autant qu’A, pour obtenir ce qu’elles veulent ; par le passé, elles ont carrément rendu Jenna aveugle ! La série sait aussi efficacement utiliser les flashbacks, et les apparitions d’Alison font toujours plaisir. Dans un premier temps, les révélations s’enchaînent donc de façon régulière et la narration semble totalement maîtrisée.

Malheureusement, la deuxième partie de saison va se révéler bien moins enthousiasmante. Les scénaristes ayant décidé de ne pas nous révéler l’identité du meurtrier d’Alison cette saison, ils se chargent donc de délayer tant et plus. Pretty Little Liars se perd alors en fausses pistes et en surplus d’informations creuses. Les révélations pleuvent, mais elles sont souvent insignifiantes, et servent de cache-misère. Les données s’accumulent jusqu’à l’overdose, et, à force de partir dans tous les sens, le spectateur se perd, ou pire, se détache de l’histoire. Il faut néanmoins noter que les derniers épisodes, plus resserrés, remontent la pente.

Il reste alors l’autre grande (mais moins prenante) préoccupation de la série : la vie privée de ses héroïnes. Ces dernières ne sont pas toutes égales de ce point de vue là. Par exemple, Spencer, la plus maligne de la bande, s’illustre plus dans sa relation conflictuelle avec sa sœur et son beau-frère. Il faudra attendre la fin de saison pour qu’un avenir amoureux consistant se profile avec Toby. Une paire inattendue, mais pas dénuée de charme.

De la même façon, Hanna ne passionnera personne avec son triangle amoureux entre un sportif et un geek. C’est déjà mieux avec Caleb, le bad boy, surtout qu’il se retrouvera connecté à la flippante Jenna. Mais s’il ne fallait retenir qu’une paire dans toute cette saison 1, ce serait à coup sûr Hanna et sa mère. Leur relation est sans conteste la mieux écrite. On a là un foyer monoparental dans lequel on sent un respect mutuel et une relation d’entraide, sans pour autant négliger les conflits inhérents à l’âge ingrat. Le tout est soutenu par une interprétation solide. On en veut plus!

Les scénaristes auront moins de succès avec les parents d’Aria, mis en scène de façon trop classique, et souvent relégués à la fonction de simple remplissage. Il est clair que le but était de se concentrer sur le duo Aria-Fitz, censé être le couple emblématique de la série. Ils n’atteindront pourtant pas ce statut. En première partie de saison, leur jeu du chat et de la souris fait trop déjà vu pour être convaincant. Ils deviendront, par la suite, carrément soporifiques, en fin de saison.

Globalement, c’est Emily qui s’en tire le mieux d’un point de vue relationnel. Les premiers épisodes s’attachent à son couple avec Maya et à l’exploration de son homosexualité. Une jolie histoire de coming out, avec ses hésitations, ses peurs, ses appréhensions. Les scénaristes ont visiblement conscience du sérieux du sujet et s’appliquent à le traiter avec délicatesse. On regrette alors qu’après tout ce travail, Maya soit envoyée en camp de redressement, pour être oubliée en l’espace de quelques épisodes, au profit de la nageuse Paige.

Cette dernière sortira néanmoins son épingle du jeu (surtout grâce à son interprète). Cette fois, les rôles sont inversés, et c’est Emily qui va aider son équipière à assumer qui elle est: la boucle est bouclée. Le parcours amoureux de la jeune fille a globalement été homogène, atteignant son apogée en milieu de saison, lors du conflit avec sa mère (une autre relation mère-fille réussie).

En conclusion, Pretty Little Liars, comme tout guilty pleasure, fonctionne mieux dans une ambiance estivale, plus propice au repos. La série a clairement peiné à se maintenir sur la longueur, s’éparpillant un peu trop, aux dépends même du suspense qui est au cœur du show. Il n’en reste pas moins un attachement certain, bien que variable, aux personnages.

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