Prison Break - VS. (4.18)

Amis et anciens ennemis sont rassemblés par un nouveau venu, l’agent Don Self, qui veut, comme Scofield, la fin de la Compagnie. Leur but : Voler Scylla, un élément informatique qui contient toutes les malversations de la Compagnie, et l’exposer au grand jour.

Après une saison 3 qui marquait maladroitement un retour aux origines (la prison de Sona), cette saison 4 se devait de repartir sur de nouvelles bases pour gagner en qualité. Et dès le début, c’est ce que font les scénaristes. Ils n’y vont pas de main morte : Whistler se fait tuer, tous ceux encore au Panama s’évadent de Sona en un tour de main, et cerise sur le gâteau, Sarah n’est pas morte. On passera également sur le côté artificiel du rassemblement de tout le monde par l’agent Self pour détruire la Compagnie.

Comme un aveu d’échec pour cette saison 3 amputée par la grève des scénaristes, on nous laisse seulement une Gretchen mal en point et un guide d’oiseau en souvenir du passé ; le plus beau symbole de cette rupture étant pour moi l’effaçage du tatouage de Scofield.

Alors que le programme nous avait habitués à un but fort pour ses protagonistes, clairement exprimé dès le début des saisons, foin de tout ça ici.  Ce n’est que la continuation de l’affaiblissement des enjeux tout au long de la série. N’oublions pas que nous sommes passés du sauvetage du frère de la chaise électrique, à ennemi public nº 1, pour ensuite s’évader d’un pénitencier hors d’âge. Les enjeux de cette saison 4 ne font que suivre ce chemin. L’intérêt pour la quête de Scylla, objet capable de faire tomber la Compagnie, se dilue très vite au fur et à mesure de l’avancée de l’histoire. Il faut dire qu’on a souvent l’impression que les scénaristes eux-mêmes n’ont pas vraiment idée de ce que contient vraiment le disque dur.

Pour combler ce manque de fond, l’équipe créatrice s’est lancée dans une surenchère qui ne se démentira pas tout au long de la saison. Les rebondissements invraisemblables seront foison, vidant la plupart des protagonistes de leur substance, transformant Mahone et T-Bag en chiens de garde pour Lincoln Burrows, l’histoire arrivant même à nous faire oublier le brillant cerveau de Scofield. J’ai souvent eu l’impression que les scénarios étaient écrits au jour le jour tant l’absence de cohérence globale de l’ensemble était criante. La gestion de la mère de Scofield en est un bon exemple à mes yeux, car une fois passée la fausse surprise de son retour, ses multiples retournements de veste ont fait qu’on avait juste envie qu’elle se prenne une balle pour en finir, alors que le personnage pouvait avoir beaucoup plus d’intérêt que ça. Tous ces rebondissements utilisant souvent les mêmes mécanismes, à l’image du Général qui a très peu de moyens de pression, passant son temps à menacer de mort le frère, la petite amie, la copine du frère… Ce qui en devient lassant.

Prison Break est l’exemple type de la série victime de son succès.  Prévu à la base pour 13 épisodes, le show a fini par s’étaler sur 4 saisons, et c’est peu de dire que cela fait pas mal d’épisodes en trop. Même si cette dernière année se révèle bien meilleure que la précédente, il est difficile de faire complètement abstraction des incohérences. Heureusement, le final rattrapera un peu (mais pas tout) l’ensemble. Il s’avère être la vraie réussite de la saison, même si le retour tel un Deus Ex Machina de l’agent Kellerman en sauveur manque encore une fois de justification, il arrive comme un cheveu sur la soupe pour offrir une porte de sortie aux deux frères dont la situation était devenue intenable.

Il est amusant de voir la série finir sur le Général sur sa chaise électrique, alors qu’elle a commencé avec le but d’éviter ce triste sort à Lincoln Burrows. Les vrais méchants sont punis, et les gentils s’en sortent. La mort de Scofield n’étant là que pour atténuer le côté Happy End.

Malgré ses défauts, Prison Break aura marqué son époque, une sorte de mélange entre Oz (toutes proportions gardées) et 24. Le point de départ qui s’avérait le plus intéressant était difficile à tenir sur une longueur de 4 saisons. Au moins, les auteurs auront donné à leurs personnages une porte de sortie avec les honneurs. Même si cette fin a été diffusée dans une grande indifférence aux États-Unis.

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