Rescue Me – Initiation (5.15)

La vie des pompiers de la caserne 62 de New York est toujours aussi mouvementée !

Après un an et demi d’absence, Rescue Me est de retour pour une cinquième saison ayant la particularité d’être composée de 22 épisodes (au lieu de 13). C’était donc le défi majeur entrainant les plus grosses craintes. Peter Tolan et Denis Leary ont-ils réussi à maintenir la qualité durant une si longue période ? Réponse tout de suite.

La saison commence fort, très fort, s’orientant vers le 11 septembre, avec la présence de la Française Geneviève (Karina Lombard) qui écrit un livre pour les dix ans de l’évènement. Dans l’ombre de Rescue Me, le fantôme fut toujours présent, mais rarement abordé de front. L’histoire que l’on nous raconte est celle de pompiers d’une caserne, dont l’existence fut certes affectée par cette tragédie, mais elle n’est clairement pas la seule de leur vie.

Pour Tommy, ce jour historique est surtout marqué par la mort de « ses frères », comme tous les pompiers, et en particulier, la mort de son cousin Jimmy. Le fantôme ressurgit plus fort, et Rescue Me tourne ainsi son regard vers cet évènement qui a tant chamboulé leur quotidien. L’impact des pertes plus que de la catastrophe, voilà de quoi il est question.

Malgré cela, rien ne les arrête vraiment, car ils ont cela dans le sang, et la saison ne sera pas trop avare en scènes d’incendies, certaines étant plus que magistrales, d’autres plus ordinaires ou simple moment d’une existence. Un immeuble ravagé par le feu, c’est un évènement extraordinaire pour nous, la banalité de leur travail pour eux. Avec ces scènes dispersées tout du long de la saison, nos pompiers de la caserne du 62 Truck exercent leur profession avec toujours la même aisance. Pour l’occasion, ils seront rejoints par Damien, le fils de Sheila, qui suit ainsi le chemin tout tracé de la famille, en devenant à son tour pompier. Quoi qu’il en soit, le passé nous l’a déjà prouvé, Rescue Me sans ses scènes de feu, ce n’est pas ce qu’il y a de mieux, alors autant dire qu’ici, on tient un des signes d’une saison réussie.

Quand ils ne sont pas sur le terrain, nos hommes ont de quoi s’occuper, et Tommy va, pour ne pas trop changer, en connaitre de belles. Du petit ami en fauteuil roulant de sa femme (Michael J. Fox) à sa courte relation avec Kelly (Maura Tierney), il y aura la visite à l’école privée de sa fille Katy, des déménagements (de Lou à son nouvel appartement avec son autre fille, Colleen), des réunions de Gavin gérant comme ils peuvent la mort du patriarche, du deuil dont celui jamais réellement terminé de son fils, et beaucoup d’alcool.

Pour aider ce dernier point, l’ouverture d’un bar va occuper notre bande de pompiers, fournissant alors blagues, concerts, et discussions agitées. Si au sein de ce lieu, fondé par Sean, Franco et Mike, ils sont tous plus ou moins égaux, sur le plan des idées scénaristiques, ce n’est pas trop le cas. Black Shawn gardera sa position, un peu sous-exploité, mais trouvant quand même sa place dans le décor, en partie grâce à Colleen. Héritant du plus mauvais, c’est Franco et son histoire de match de boxe. On pourra toujours se consoler en se disant que pendant qu’on l’occupait à cogner dans un punching-ball, rien de bien grave ne lui tombait sur la tête. Cela, c’est plus pour Sean, qui obtient, à travers la maladie, sa première storyline sérieuse… Juste le temps de quelques instants, il est question de Sean quand même! Alors que Tommy se débat avec les deux femmes de sa vie (Janet et Sheila), Lou voit le retour de Candy pimentant sa relation amicale avec son meilleur pote autant que son existence. Sans oublier l’épouse russe de Needles, le groupe de rock de Mike ou le passage de Tommy à la Section 8…

Une saison riche en évènements, résolue ou non, synonyme des jours qui passent, et que la vie continue son cours, avec ses fantômes et ses problèmes. Cela va parfois vite, et, aussi, cela prend son temps. Avec 22 épisodes, justement, les personnages ont l’occasion de se poser et de discuter, offrant un étrange aspect réaliste de scènes s’éternisant, car on ne quitte pas toujours la pièce aussi rapidement qu’à la télévision. Par moment aussi, la formule sera à double tranchant, fournissant un enchainement de scènes fonctionnant individuellement, mais pas dans l’ensemble, ou laissant trainer des intrigues en longueur.

Au final, si cette saison 5 de Rescue Me n’est pas parfaite, elle fut plus que rondement menée, et réussit, sur la durée à maintenir un excellent niveau qualitatif, exploitant ses protagonistes et sa capacité de passer de la comédie au drame avec une aisance déconcertante. Les 22 épisodes ont donc permis quelques petits extras scénaristiques, mais n’ont aucunement entrainé de changement de ton. Rescue Me fut ainsi fidèle à elle-même pour notre plus grand plaisir.

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CaroleC
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