Revenge : Soap is not dead (Saison 1, épisodes 1-10)

21 Déc 2011 à 9:05

Emily Thorne, de son vrai nom Amanda Clarke, retourne vivre dans les Hamptons pour se venger de ceux qui ont causé la mort de son père David et la destruction de sa famille. Lorsqu’elle était enfant, le père d’Amanda a été accusé de terrorisme et condamné à tort de trahison, avant de mourir en prison.

Créée par Mike Kelley (Swingtown), Revenge est diffusée depuis le 21 septembre 2011 sur ABC et a déjà reçu une commande pour une saison complète. Pourtant, au départ, personne ne croyait à cette adaptation contemporaine du roman d’Alexandre Dumas, Le Comte de Monte Cristo. C’est donc contre toute attente que Revenge se révèle être un divertissement bien ficelé, voire addictif, que l’on prend plaisir à retrouver chaque semaine.

Il faut dire que la série est un soap opera au sens propre du terme. Elle se place ainsi dans l’héritage direct des Dallas et autres Dynasty qui, en leurs temps, exploraient déjà les vicissitudes des très riches. Revenge marque un retour à une forme de soap plus conventionnelle que celle de ces dernières années, et elle le fait de façon diablement efficace, tant sur le plan de l’écriture que de l’interprétation.

Le soap est un genre qui fonctionne à coups de machinations, coups bas et autres coucheries, et cela Revenge en est truffée. Dans un premier temps, on prend un malin plaisir à voir Emily détruire ceux qui ont condamné son père à tort, un par un. Puis, petit à petit, les scénaristes vont judicieusement s’éloigner du modèle un épisode / une vengeance pour verser pleinement dans le feuilletonant. D’ailleurs, le pilote commence par un intrigant flash-forward que la narration n’a pas encore rejoint.

On peut dire que la série prend vraiment son envol à partir de Guilt (1.05), à la fin duquel elle nous délivre son premier grand cliffhanger : la « chute » de Lydia (Amber Valletta). À partir de ce moment-là, la série ne se cherche plus et s’affirme comme un pur divertissement. Le complot sur fond de terrorisme et les identités sexuelles flexibles de certains personnages apportent quant à eux une dose de modernité bienvenue. Tout peut arriver et l’arrivée récente de la vraie Emily Thorne ne fait qu’ajouter une inconnue à une équation déjà touffue.

Car au-delà du scénario délicieusement retors, ce sont les personnages et leurs interprètes qui contribuent à rendre la série attachante. Commençons par Emily Van Camp qui avait du pain sur la planche ; pour la première fois dans un premier rôle, il s’agissait en prime d’un contre-emploi, elle que l’on connaît plutôt pour ses rôles de gentilles (Everwood, Brothers & Sisters). Ici, l’actrice s’impose sans difficultés et joue même de son image proprette. On se régale des sourires hypocrites d’Emily Thorne qui, derrière, cachent une impitoyable adversaire.

Elle est soutenue par un casting secondaire de premier choix. Il y a tout d’abord Madeleine Stowe (déjà nominée pour un Golden Globe) dans le rôle de Victoria Grayson, la glaciale reine des Hamptons et ennemie jurée de l’héroïne. Grande adepte de la réplique assassine, Victoria est autant une femme cruelle qu’une figure tragique et solitaire. C’est avec ce genre de nuances que la série ne tombe jamais dans le grotesque.

Deux autres personnages sortent du lot : Nolan et Tyler. Le premier est le complice d’Emily, souvent malgré elle. Gabriel Mann sait parfaitement rendre son personnage attachant, malgré ses nombreux défauts. Sous ses remarques cyniques et désabusées se cache en réalité un petit garçon en mal d’affection. Serait-il le penchant masculin de Victoria ? Pas étonnant alors, qu’il s’éprenne du fourbe Tyler (Ashton Holmes). Cet arriviste, ami de fac de Daniel Grayson, est de loin le personnage le plus ambigu de la série et aussi le plus inquiétant, car tout en violence contenue.

Néanmoins, la deuxième partie de saison devra étoffer le reste des protagonistes. Comme bien souvent dans les soaps, les personnages de gentils sont fades, voire inintéressants. La palme revient aux ados Declan et Charlotte, dont la disparition ne gênerait sûrement pas le spectateur.

Revenge nous entraîne donc dans le sombre univers des riches et puissants, et elle le fait avec une fraîcheur inattendue. Si la série reste encore trop sage par moments, elle sait aussi se montrer audacieuse et inventive avec un genre éculé. Vivement la suite.

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