Matt et sa fiancée Jessie sont tués dans une explosion. Ils se réveillent dans un monde étrange. Décidé à retrouver Jessie, Matt va devoir se battre pour survivre au milieu d’une guerre à laquelle il est forcé de participer et dont la finalité est la sauvegarde de ce monde.

Cette nouvelle mini-série n’est pas la première tentative de SyFy d’adapter le monde de Riverworld, car en 2003 la chaine était derrière un téléfilm du même nom qui fut un échec et ne s’est dès lors jamais transformé en série. Revoilà donc le monde créé par Philip José Farmer porté sur le petit écran.

L’histoire nous emmène sur une planète étrange, principalement composée de vallées bordant une immense rivière. Des humains y vivent. Tous sont morts sur Terre à différentes époques et se voient donc offrir une deuxième chance.

On suit Matt (Tahmoh Penikett), journaliste de guerre, qui vient de décéder avec sa petite-amie Jessie (Laura Vandervoort) et ses amis lors d’un attentat-suicide. Jessie n’est pas là quand Matt se réveille dans la rivière, mais il va se retrouver avec les amis de celle-ci qui ont tous rajeuni. Dans le Riverworld, il n’y a ni enfants, ni personnes âgées.

On va découvrir et s’acclimater à tout ça avec Matt qui n’est pas comme les autres, car il a été choisi. En fait, des êtres bleus dirigent les lieux et mènent un combat que ceux qu’ils ont sélectionnés font pour eux. Tout ceci est légèrement confus et tardera d’ailleurs à vraiment ne plus l’être, car Matt ne veut qu’une seule chose, retrouver sa belle. Heureusement, on n’attend pas qu’il se décide pour avancer dans l’histoire générale, car ce monde est habité et des guerriers profitent de leur seconde chance pour accomplir leurs espoirs de conquêtes passées.

L’univers de Riverworld possède des idées assez intéressantes dont la mise en pratique peut être maladroite, mais cela n’enlève rien au potentiel d’une exploitation sur le long terme – car la mini-série pourrait devenir une série. Donc, il y a des morts de différentes époques, ce qui permet de mélanger les styles et les types de personnages.

Durant son voyage, Matt va ainsi s’allier à plusieurs personnes, dont Mark Twain. Le principal souci est que la majorité des protagonistes ne sont que de grosses caricatures dont le manque de subtilité est parfois vraiment dommageable.

Malgré ça, ils délivrent quand même une bonne dose de divertissement. En fait, l’une des qualités de cette mini-série est clairement d’avoir un bon rythme et d’offrir de manière régulière de l’action. On reste à la surface de beaucoup de choses, mais cela s’accorde sans trop de problèmes avec le type de divertissement proposé. On ne peut pas dire que cela soit totalement volontaire, mais il est clair que l’on nous pose les bases d’une mythologie qui a beaucoup de potentiel, mais on ne veut pas vraiment trop nous en dévoiler.

Conséquence, une fois arrivé à la fin, il restera un certain nombre de questions, aussi bien sur le Riverworld que sur ce qui s’est produit sur Terre; celle-ci aurait été détruite, mais on n’en sait pas vraiment plus.

On est fixé sur une quête, une seule, et on la suit. Cela est parfois limitatif et, surtout, il est difficile de toujours saisir les motivations de Matt, car il connaissait finalement à peine Jessie et ses réactions vis-à-vis d’elle apparaissent régulièrement disproportionnées. Ajoutons également qu’une fois arrivé au bout, on ne sait pas réellement ce qui s’est passé. Un flou totalement assumé, mais légèrement déconcertant.

Bref, Riverworld mêle l’action, l’aventure, le mystère, une pointe de romance et une touche épique, le tout sans faire dans la finesse. Le visionnage est plaisant, mais la production de RHI est un peu pauvre et c’est un handicap dans le sens où cela parait souvent trop cheap pour être crédible – on est loin de l’esthétique léchée d’Alice qui avait les mêmes producteurs.

Riverworld n’est donc pas inoubliable, de loin, mais reste sympathique à suivre et possède quelques bonnes idées.