Riviera est la nouvelle série événement née d’un accord entre Sky Vision et Altice. Cet ambitieux projet de dix épisodes développé par Niel Jordan (The Borgias) et John Banville propose un thriller teinté de drames familiaux sur la Côte d’Azur. Entre soleil, meurtres et cocktails, que vaut ce pilote alléchant sur le papier ?

La vie de Georgina, incarnée par Julia Stiles, prend un tournant tragique lors de la mort brutale et inexpliquée de son richissime époux Constantine (Anthony LaPaglia). Menant sa propre enquête, elle découvre petit à petit la face sombre de l’homme qu’elle aimait et se retrouve au cœur d’activités illégales qui mettent aujourd’hui sa vie en danger. Georgina se rapproche parallèlement de l’ex-femme de Constantine (Lena Olin) et de ses beaux-enfants, aussi étranges et déséquilibrés les uns que les autres.

Ne tournant pas autour du pot trop longtemps, cet épisode pilote est loin d’être convaincant. Le premier problème réside dans le scénario lui-même : peu crédible, poussif et prévisible. Tout est extrêmement linéaire et la série prend à plusieurs reprises le spectateur pour un crétin avec des artifices de suspense vus et revus. Un témoin incapable de communiquer, un corps impossible à identifier – vous aussi vous le voyez venir ? –, des conversations téléphoniques faussement énigmatiques… Riviera, c’est un peu Revenge, la subtilité en moins (c’est dire !) et des Français incapables d’aligner trois mots en plus.

Si le casting n’est pas foncièrement mauvais, Julia Stiles, Anthony LaPaglia ou Iwan Rheon ayant déjà fait leurs preuves dans d’autres séries, la direction d’acteurs laisse franchement à désirer. Tantôt justes et subtiles, puis totalement à côté de la plaque dans certaines scènes supposées fortes en émotions, les têtes d’affiche ne parviennent pas à rendre les personnages crédibles et intéressants.

Si les acteurs essaient de sauver les meubles tant bien que mal, ils ne peuvent pas grand-chose contre l’écriture extrêmement fainéante des personnages. De l’ex-femme amère et manipulatrice à l’adolescente suicidaire en passant par le bon flic un peu trop suspicieux, l’épisode dégouline de stéréotypes et de punchlines ridicules. Certains dialogues –particulièrement ceux entre français – sont tellement mauvais qu’ils en deviennent même risibles.

Tout n’est cependant pas à jeter dans ce pilote à l’esthétisme très soigné. Le générique est accrocheur et la réalisation est globalement impeccable. Riviera nous offre des plans magnifiques des côtes et n’hésite pas à jouer sur la couleur et les effets de lumière pour servir son propos et décrire le monde de l’art dans lequel les personnages évoluent. Le montage très maîtrisé, surtout dans la première moitié de l’épisode, nous ferait presque oublier le rythme désespérément lent de l’intrigue.

Ça sent néanmoins le roussi pour Riviera qui délivre un pilote handicapé de tous les côtés, duquel on peut difficilement espérer plus qu’un plaisir coupable de l’été anecdotique, à la limite de la parodie. Cette tentative, pour l’instant ratée, d’importer le thriller américain en France ne propose rien d’original, ou de même vaguement intrigant, si ce n’est de belles images et le plaisir de reconnaître les lieux de tournage.

Cette saison 1 de Riviera est disponible à partir du 16 juin sur SFR PLAY.

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