Kale propose son aide à Will dans l’enquête qu’il mène. Si les motivations de ce dernier restent mystérieuses, il ouvre les yeux à Travers sur l’étendue de la surveillance dont il est sujet. Maggie passe la soirée seule, sa fille se trouvant avec son père. Miles se porte volontaire pour surveiller le mariage Boeck. Katherine rend visite à la veuve de Gerald Bradley après avoir trouvé un article dans les affaires de son mari.

Look to the Ant est un épisode qui prend place après quelques développements plus orientés sur les personnages. L’histoire n’abandonne pas du tout cet aspect-là, mais se trouve plus dirigée vers sa mystérieuse conspiration, servant d’une certaine façon à faire prendre totalement conscience à Will dans quoi il a mis les pieds.

Cela est amorcé par Kale, qui, après un petit séjour dans l’appartement de Travers, l’invite à un diner chez lui. Il est dans le métier depuis plus longtemps, suffisamment en tout cas pour regretter la simplicité de la guerre froide, ce qui en dit long. Quoi qu’il en soit, son propre appartement n’a pas de micro pour la simple et bonne raison qu’il fait le tour du propriétaire minimum deux fois par semaine, ce qui met aussi en valeur l’expérience de Kale. À la différence de Will, il sait exactement où ce dernier a mis les pieds. Kale saisit les tenants et aboutissants de l’univers conspirationniste dans lequel il évolue.

Pour Will Travers, c’est une autre histoire, car l’aide que Kale va lui apporter – aussi minime soit-elle – lui ouvrira les yeux sur l’univers dans lequel il se trouve officiellement. Un monde bourré de micros, continuellement sous surveillance, où la tranquillité d’esprit doit avant tout se trouver une fois qu’on est en paix avec cette notion (et qu’on a pris pour habitude de débugger les lieux). Kale lançant Will sur les traces de Roy, son enquête loin de l’API participe alors à créer une paranoïa quasi constante. Will est perpétuellement au bord du gouffre, ayant des difficultés à gérer les informations qu’il vient de découvrir. En tout cas, il faut un temps d’adaptation et c’est clairement ce que l’épisode met en valeur. Travers est donc aux aguets tout du long, et impose une pression constante au spectateur. C’est à mes yeux l’épisode qui crée un sentiment de peur psychologique la plus forte depuis le début.

C’est donc du côté de Will que l’épisode brille le plus, mais il ne laisse pas non plus Katherine Rhumor en reste, participant avant tout à donner une réelle ampleur à ce qu’elle s’exerce de découvrir. Comme Will, elle découvre une réalité qui fut toujours là, mais qui ne leur avait pas été exposée et c’est tout aussi violent pour elle, surtout qu’on ne peut pas dire que les explications arrivent pour lui éclaircir la route. Cela reste opaque, tout en prenant de plus grosses proportions.

Si Look to the Ant offre un aperçu de la vie privée de Kale, cette thématique ne s’arrête pas qu’à lui, mais s’étend à Maggie et Miles. Je ne suis personnellement pas convaincue par les développements autour de Maggie, avant tout car le personnage a des difficultés à se montrer réellement intéressant. Disons que c’est clairement le point faible de l’épisode. Miles, par contre, trouve dans son travail, sa rencontre avec Julia et le rappel de son mariage, de quoi s’exprimer. Le scénario joue sur des sous-entendus et le fait finement pour expliciter que le personnage est à certains niveaux – tout du moins personnel – coincés dans son existence. D’une certaine manière, cela parait aussi s’appliquer à Maggie.

Rubicon nous offre donc encore un épisode maitrisé sur quasiment tous les plans, dont mon seul reproche concerne Maggie, qui peine à se montrer aussi intéressante que les autres protagonistes de la série.

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CaroleC
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