Will décide de quitter son appartement, attendant que l’adversaire fasse un mouvement. Tanya étant temporairement inactive, une nouvelle analyste joint l’équipe. Katherine contacte l’ex-femme de Tom dans l’espoir d’obtenir des informations sur le passé de son mari.

Après que Will a détruit le micro dans son appartement, on peut dire que cela a clairement perturbé l’ordre ambiant, provoquant une sorte de branle-bas le combat des deux côtés. En tout cas, cela s’agite, et cet épisode tend à mettre en relief que les évènements viennent de prendre un tournant majeur.

Travers décide donc de quitter son appartement, et ce, pour trouver refuge chez la femme qui a vue sur son domicile. Un choix réfléchi car il compte observer de chez elle la possible venu d’un intrus chez lui. Pour ce faire, Andy la séduisante voisine devra gagner en consistance. Il serait mentir de dire que ses précédentes apparitions ne laissaient pas planer un doute quant à sa nature, mais l’épisode nous la pose comme une potentielle alliée, ou en tout cas comme la Faye Dunaway de l’histoire – vu que la référence aux Trois Jours du Condor se fait plus qu’explicite :

Andy : You’re an analyst ?
Will : Yes.
Andy : Like Robert Redford is an analyst.
Will : No, just an analyst.
[…]
Andy : Hold a gun to my head and tie me to the radiator.

Bien entendu, Will ne l’attachera pas au radiateur, et Andy devra passer elle-même par quelques étapes pour croire Will, alors que ce dernier finira par un mensonge, après avoir construit un début de relation sur la vérité. Nous n’avons en tout cas pas fini de voir Andy.

La destruction du micro pousse ainsi Bloom à devoir à un moment pénétrer dans l’appartement de Will, mais surtout, cela conduit Spangler a se pointer à 6 heures du matin chez Kale, ce que ce dernier apprécie moyennement. Cette partie d’échec entre les deux hommes se montre plus que fascinante, chacun sachant où se trouve l’autre, mais n’exprimant jamais à voix haute ce qui se trouve entre eux. L’assurance de Kale trouve encore une opportunité de s’exprimer, qu’il s’agisse de se diriger droit vers l’homme qui le file ou d’aller questionner Spangler. L’épisode a clairement pour effet d’éliminer quasiment tous les doutes qu’il pouvait rester sur Kale et son intégrité. L’orchestration est par ailleurs parfaite, car au moment même où on est prêt à lui faire confiance, Will s’éloigne fortement de lui, ne souhaitant plus avoir à faire à Kale. Ce qui n’empêchera pas ce dernier de lui fournir une information majeure : la mort de Tom Rhumor.

There’s no trust, no faith, no honesty in men.

Ce qui tombe bien, car Katherine s’approche dangereusement de l’API, via Spangler. Elle enquête sur le passé, via la photo des 7 garçons à la plage. Elle apprend ainsi que dessus il y a Gerald Bradley, et la veuve de ce dernier (suicidé) la conduira à Spangler. Difficile d’imaginer qu’elle et Will ne se rencontrent pas bientôt à ce stade, c’est plus qu’inévitable.

Pendant ce temps-là, le travail à l’API continue, Spangler allant même jusqu’à trouver Trant comme s’il songeait au futur remplacement d’un Will qui apparaît gênant. Tanya est absente pour 28 jours apprend Travers à Miles au début de l’épisode dans l’un des ses brillants échanges dont la série a le secret !  Pour le coup, Julia Harwell se joint à eux, le temps que son équipe se voit affecter un nouveau chef. Ainsi, il faut reconnaître que la partie professionnelle se mélangera beaucoup aux enjeux personnels, et ce, dès le début, avec la visite de Lisa, la femme de Grant, à son travail pour lui apprendre qu’elle a perdu le sien. Miles se voit quant à lui mis en contact quasi continu avec Lisa et l’inaptitude sociale des deux en est presque amplifiée, surtout quand cela est mis en parallèle avec leurs compétences dans leur fonction.

Enfin, sans aucun doute possible, Rubicon nous offre encore un épisode parfaitement maitrisé, « No Honesty in Men » étant un savant mélange entre son ambiance paranoïaque, ses petits dialogues humoristiques, inspirés ou à double sens, et ses développements personnels et professionnels. Rien n’est laissé de côté, rien ne fait du surplace, et tout trouve sa place.