Will est un analyste à American Policy Institute, une agence gouvernementale se cachant derrière un centre de recherche de New York. Une perte tragique va le pousser à soupçonner une conspiration à grande échelle prenant place dans les lieux où il travaille.

That’s the hardest thing in this job… Keeping secrets.

Dans les cartons depuis un bon moment maintenant, AMC programme Rubicon le dimanche soir, pour une soirée très stylée, avec Mad Men.

Cette nouvelle série – qui a eu assez peu de publicité finalement – bénéficie d’un pilote qui va avant tout poser l’ambiance, mais rester extrêmement évasif sur ce qui se met en place.

Réalisée par Alan Coulter et créée/scénarisée par Jason Horwitch, Rubicon met en scène l’analyste Will Travers (James Badge Dale), brillant et solitaire analyste, qui va trouver des indices d’une conspiration qui va prendre une envergure différente quand elle va être rattachée au lieu même où il travaille.

Prenant place après le 11 septembre, la série ne joue aucunement sur les progrès technologiques, pourtant accessoires utiles au développement de la paranoïa, mais sur l’intelligence des êtres qu’elle met en scène, et sur les apparences ; rapidement, tout devient suffisamment opaque pour créer une véritable méfiance.

Servie par une esthétique nous faisant oublier la modernité et jouant plus sur ses jeux d’ombres et de lumières, l’histoire repose essentiellement sur les informations, sur les superstitions, et en somme sur les détails. C’est grâce aux données que Will progresse, de même que sa personnalité introspective met en relief un homme qui observe et décrypte plus qu’il n’exprime. Il nous entraine ainsi dans son univers, nous poussant à scruter l’image avec plus de soin qu’à l’accoutumée.

Ce pilote nous expose donc avant tout une conspiration de grande envergure, qu’on ne peut qu’entr’apercevoir, et qui mise ainsi sur les mystères pour lui donner l’ampleur nécessaire. C’est une paranoïa qui se met en place, et celle-ci est juste magnifiquement orchestrée, alors que l’on ne sait quasiment rien.

Rubicon possède un pilote avant tout mystérieux qui ne révèle peut-être pas suffisamment de son intrigue pour réellement nous montrer dans quelle direction la série va s’orienter ; mais il est aussi d’une maitrise indiscutable, posant chaque élément avec minutie, et ne laissant strictement rien au hasard. De quoi attiser une grande curiosité.

Cette critique a été publiée une première fois en juin 2010, à l’occasion de la preview sur AMC.