Le FBI place l’API en quarantaine dans le but de trouver une taupe. Katherine réalise qu’elle n’est pas en sécurité dans sa demeure.

Will : Who are we working for ?

Rubicon fait monter d’un cran la paranoïa dans cet épisode qui fait passer ses protagonistes au détecteur de mensonges. Ce n’est pas un procédé toujours très concluant à la télévision ; il a été vulgarisé autant qu’il nous a été exposé les méthodes pour tromper la machine. Mais voilà, nous sommes au cœur même du milieu de l’espionnage, où l’on ne se contente pas de lire le graphique, mais où la personne qui analyse les informations est tout aussi insidieuse que l’appareil fournissant les données. Un détecteur c’est bien, mais un polygraphe compétent c’est beaucoup mieux.

Rapidement, l’API est ainsi mise sous quarantaine. Il y a une fuite, et tout le monde se retrouve sous le microscope du FBI pour élucider le mystère. Ainsi, anxiété, énervement, frustration et peur s’installent à vitesse grand V. L’histoire joue sur tous les tableaux, ce qu’on sait, ce qu’on ne sait pas, ce que la machine peut nous révéler de nous-mêmes. Rien n’est laissé au hasard pour insinuer une pression quasi insoutenable épaulé par les questionnements et les recherches de Will.

Ce dernier a des doutes. S’il pensait trouver en Kale un compagnon d’infortune, il se rendra rapidement compte que ce dernier n’a aucunement envie de partager quoi que ce soit avec lui, et assurément pas sur le lieu de travail. Will se met lui-même en danger, mais il est clairement dépassé par ce qui se passe, et surtout, la découverte qu’une enquête menée sur David le pousse avant tout à l’action plus qu’à la réflexion. Différentes pistes sont donc clairement installées et ouvertes, car Travers y va au tâtonnement, n’ayant pas beaucoup d’expérience et ne pouvant compter que sur sa personne pour découvrir la vérité. Cela apparaît parfois assez futile, car il ne fait pas vraiment le poids face à ceux qui le surveillent. Tout cela le conduit à douter de l’environnement dans lequel il évolue. Pour qui travaille-t-il ? Voilà finalement la question de l’épisode.

Ce n’est pas la seule qui s’impose, car les passages au détecteur de mensonges vont placer la plupart des membres dans des positions assez inconfortables. Il faut par ailleurs noter que nous n’avons pas la moindre idée du déroulement de celui de Maggie, ni même de celui de Spangler, bien que celui-ci soit au moins plus mis en avant. Par contre, qu’il s’agisse de Kale, Tanya, Grant ou Miles, nous avons des illustrations très différentes.

Kale est ainsi le sang froid incarné, sûr de lui et trop habitué aux rouages du système pour être impressionné. C’est simplement une perte de temps. Tanya et Miles sont quant à eux dans un état de stress assez important, la première allant même jusqu’à faire dire à la machine qu’elle ment quand on lui demande son nom. Une petite note comique loin d’être anodine. Miles est paniqué pour une autre raison : il a laissé un dossier dans un taxi alors qu’il est interdit d’en faire sortir du bâtiment. Là aussi, l’histoire s’achève sur une pointe d’humour, mais elle sert avant tout à placer Miles dans une position inconfortable et nous montrer comment il s’en sort. L’épisode tente de nous dire que l’on peut avoir confiance dans l’équipe de Will, alors que l’intrigue sert étrangement à mettre en relief le peu que l’on sait d’autrui et de soi-même. Pour ce dernier point, c’est Grant qui voit dans ce passage au détecteur de mensonges des doutes s’instiller au sujet de sa relation avec sa femme. La machine lui annonce ainsi qu’il a trompé son épouse, résultat auquel il s’oppose farouchement. Dans le premier épisode de la série, Grant questionnait sur ce que ses collègues disaient à leur conjoint au sujet de leur profession. La trahison dans l’esprit de Grant se trouve sûrement là, en tout cas à l’heure actuelle.

Si l’enquête menée par le FBI domine, l’épisode prendra aussi le temps de faire progresser les recherches de l’équipe de Will de façon plutôt habile autour de Tanaz Sahar (la femme à qui George Boeck a parlé à la réception du mariage). Katherine a aussi le droit à ses quelques scènes qui s’insère dans l’esprit paranoïaque de l’épisode, bien que cela peine sincèrement à trouver sa place dans l’ensemble général.

Malgré ce petit détail, The Truth Will Out est un épisode extrêmement prenant, qui laisse peu de temps aux nerfs pour se relâcher.