Salem Saison 3 : Aux portes de l’Enfer (disponible sur Netflix)

30 Juin 2018 à 18:00

Après avoir affronté la Comtesse Marburg en saison 2, c’est le Diable en personne qu’il faut vaincre dans la troisième et ultime saison de Salem.

La série de sorcières de Brannon Braga et Adam Simon a donc 10 épisodes pour mener à bien son récit et cela se révèle presque trop pour l’équipe créative. Ce n’est pas tant le chiffre (il y a moins d’épisodes que pour les deux saisons précédentes), mais la manière dont le temps est occupé qui se révèle problématique.

Les scénaristes dérivent pendant une grande partie de cette saison 3, ne sachant pas forcément quoi faire de tous leurs personnages. Éternelle victime de ce phénomène, John Alden (Shane West) rôde plus qu’il n’agit au cours de la première partie, se devant de reconnecter avec son héroïsme. Pour cela, il doit se confronter à la mort, mais cela parait surtout être un moyen de l’éloigner du centre de Salem le temps que tous les éléments se mettent en place.

La saison 2 de Salem s’est d’ailleurs terminée en laissant Mary Sibley (Janet Montgomery) pour morte, Tituba dans un état critique et Cotton Mather (Seth Gabel) sous l’emprise de sa femme Anne. La troisième commence alors par redonner une place à ses protagonistes ou à affirmer leur position sociale.

Dans cet ordre idée, Mercy (Elise Eberle) aura survécu jusque-là pour endosser le rôle de Madame et simplement gérer la maison de prostitution de Salem. De son côté, Isaac (Iddo Goldberg) trouve une forme de salut auprès d’une enfant et d’une nouvelle mission pour sauver la ville. Ni l’un ni l’autre ne peuvent cependant justifier d’être resté en vie, se révélant être plus des éléments périphériques qu’autre chose à l’intrigue principale. Et quand l’ennemi à abattre est le Diable en personne qui s’apprête à simplement mettre la ville à feu et à sang, il est difficile de rivaliser.

C’est donc dans la Maison Sibley que se déroule ce qui importe, en partie aux côtés de Mary et de son « fils » (Oliver Bell), mais aussi auprès d’un Cotton pris au piège et d’une Anne prête à tout par amour. Tituba (Ashley Madekwe) est alors une sorte d’électron libre maltraité par les scénaristes, une sorcière occupant une position pivot, mais qui ne sera jamais exploitée. Pire que tout, ses motivations pour ses agissements seront explicitées dans l’excellent épisode 9 pour ne pas avoir d’impact sur la conclusion.

L’équipe de Salem ne perd pas de vue sa notion de grande romance épique avec Mary et John, mais place les deux protagonistes dans des positions où leurs mouvements sont trop limités pour qu’ils ne puissent vraiment remplir ce rôle. Mary aura cependant plus d’opportunité que l’homme qu’elle aime de briller, cherchant tant bien que mal à réparer le désastre calamiteux qu’elle a créé.

Reste Anne Hale (Tamzin Merchant), qui continue l’évolution qui fut enclenchée dans la saison 2. La sorcière marchait dans les pas de Mary Sibley et elle poursuit sur cette route. Les deux femmes représentent alors une sorte d’opposition, un Ying et Yang qui aura été développé d’un bout à l’autre de la série.

Salem n’a certainement pas perdu sa langue lorsqu’il s’agit de venir pointer l’hypocrisie de la société dans laquelle son récit prend place. Certes, nous sommes arrivés à un moment où les puritains comptent peu, mais le propos féministe, enveloppé d’une certaine folie est toujours là au même titre que l’abandon par le système de sa communauté la plus désœuvrée. C’est après tout sur la violence, la manipulation et les abus que l’histoire s’est construite.

Au final, cette saison 3 de Salem ne parvient pas à se montrer pleinement satisfaisante de par le temps perdu sur des intrigues sans importance en défaveur de développements qui aurait pu étoffer les principaux enjeux et motivations des protagonistes pour mener à la conclusion. Au lieu d’arriver avec fluidité, celle-ci est au final presque précipitée et insatisfaisante sur certains aspects.

Malgré ce léger point noir, on peut dire que Salem a su se démarquer grâce à une certaine noirceur, soutenu par une magie noire régulièrement perturbante avec des rites et des sorts ne manquant pas d’imagination. La série n’a jamais vraiment craint de faire couler le sang, même si ce n’était pas celui de ses héros, et elle a conservé son approche aussi angoissante qu’originale de la magie jusqu’au bout.


Publié en février 2017 sur à la diffusion originale de la saison 3 de Salem sur WGN America, cet article est aujourd’hui remis en avant à l’occasion de la mise en ligne de ces derniers épisodes en France sur Netflix et FOX Play ce dimanche 1 juillet 2018.

Tags : Salem moins...
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