S’il y a bien une chose de sûre, c’est que ce n’est pas cette année encore que CBS rendra son programme estival plus substantiel. L’année dernière, BrainDead avait un peu plus d’ambitions, mais fut un échec retentissant dans les audiences. Bien entendu, American Gothic ne fut pas non plus un succès dans ce registre non plus, mais il semble que la chaine n’a pas l’intention de chercher à changer sa ligne directrice de toute façon.

En tout cas, ce n’est pas Salvation qui injectera des neurones dans l’été de CBS. L’important est de le savoir et de l’accepter, un peu comme tous ceux qui travaillent sur le show, si l’on en croit les premiers épisodes de cette saison. Au moins, les audiences ne sont pas encore aussi faibles que celles de BrainDead à ce niveau.

Quoi qu’il en soit, un astéroïde se dirige vers la Terre dans cette création de Liz Kruger, Craig Shapiro et Matt Wheeler, et une poignée de personnes tentent de trouver un moyen de sauver l’humanité.

Gros enjeux, petites ambitions

Salvation a le point de départ d’un blockbuster. Enfin, de plus d’un et même de plusieurs téléfilms SyFy. C’est d’ailleurs plus dans ce second registre qualitatif que la série se dirige sensiblement, mais pas totalement. Le problème est que, bien qu’elle n’a clairement pas les moyens de proposer du lourd, elle ne semble pas spécialement intéressée par essayer.

Au lieu de nous livrer une série catastrophe, les scénaristes ont emballé un thriller conspirationniste au sein même d’un drame apocalyptique. Ici, alors que l’avenir de l’humanité est en jeu, on préfère nous proposer des histoires d’espions, de vol de technologie et de hacking.

Bien entendu, régulièrement on nous rappelle l’existence de cet astéroïde afin que l’on n’oublie pas ce qui se profile à l’horizon.

Pas trop sérieux, mais un peu tout de même

Heureusement donc que Salvation n’est pas écrit de manière à vendre l’idée qu’il s’agit d’une série à prendre au sérieux. Certes, les scénaristes semblent par moment bien trop investis dans leurs retournements de situation, mais le but premier (et même dernier) de ce qu’ils écrivent n’est vraiment que de divertir.

Le souci est que ce but, aussi simple qu’il paraisse être, n’est pas si évident que cela à atteindre. Du moins, quand la moitié des épisodes sont là pour boucher le trou entre deux révélations qui ne font que repousser l’inévitable, cela complique les choses.

La route la plus longue, de préférence

Concrètement, Salvation est le genre de show qui a une destination à atteindre. Celle-ci apparait être assez proche et il faut tout faire pour éviter de s’y rendre en suivant une ligne droite. C’est là que les twists les plus ridicules entrent en jeu et, surtout, que l’on commence à s’égarer dans des intrigues d’espionnages qui seraient certainement plus à leur place dans une autre série.

Ici, au lieu de foncer tête baissée dans leur histoire d’humanité à sauver — en partie ou totalement —, les scénaristes préfèrent éviter d’aborder trop régulièrement la question, signalant sans cesse que rien ne pourra être accompli tant que les trois derniers obstacles superficiels posés sur la route ne seront pas dégagés. Bien entendu, quand un est enfin supprimé, un autre prend sa place.

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Heureusement pour Salvation, elle y a tout de même quelques acteurs qui sont motivés à nous vendre l’ensemble avec le plus de conviction possible — comme Santiago Cabrera et Ian Anthony Dale qui cherchent à jouer de la corde émotionnelle dès qu’ils le peuvent pour humaniser le show. Il y a également des scénarios qui, même s’ils sont bourrés de détours inutiles, ne laissent pas de place aux temps morts.

Par contre, rien ne pourrait permettre à Salvation d’élever le niveau de l’été sur CBS.