Heaven est une jeune fille de 19 ans, princesse japonaise, qui s’apprête à se marier à San Francisco, après que son père ait fait un arrangement pour elle. Ce jour-là, la mafia japonaise surgit et tue son frère. La jeune fille retrouve alors le meilleur ami de celui-ci, et décide de venger la mort de son frère.

Samurai Girl est la minisérie de l’année d’ABC Family, basée sur des romans visant un public jeune, et diffusé sur un week-end, du vendredi au dimanche, à coup d’1h20 à chaque fois (soit un total de 6 épisodes). Avant même les premières images, certains principes se révèlent douteux : d’abord, Jamie Chung, l’interprète principale, n’est pas japonaise, mais a des origines coréennes. On commence à avoir l’habitude de ce genre de procédé, mais décidément, est-ce si difficile pour un Américain d’embaucher une Japonaise pour jouer la Japonaise ? Nous, on sait faire la différence quand même. Ensuite, le deuxième point un peu douteux est le rôle de Brendan Fehr joue le spécialiste en arts martiaux et ancien yakuza. OK, je n’ai strictement rien contre l’acteur, mais cela fait facilement lever un sourcil.

The Book of the Sword nous fait découvrir les personnages principaux et secondaires, et met en place les enjeux. Le début bouge pas mal, et la première partie passe assez vite. On a le droit à de l’action, du combat, et comme on ne sait strictement rien, on apprend à connaître les personnages. Les relations sont pour beaucoup assez prévisibles. Heaven va se faire une amie, Cheryl (Saige Thompson), dont le co-locataire, Otto (Kyle Labine), va en pincer pour elle. Mais, elle, elle craque forcément pour le meilleur ami de son frère, Jake Stanton. Malheureusement, tout retombe complètement dans la seconde partie, où l’action se fait absente, et où le rythme disparaît. Le tout étant bien entendu agrémenté de musique pop franchement fade, cela n’aide pas quand on perd le rythme.

La suite, The Book of the Heart, continue sur la lancée de la seconde partie de The Book of the Sword, en se tournant vers la partie sentimentale. Cela se révèle alors assez prévisible. On remarque au passage que Cheryl, Otto ou Jake ne sont présents que par intermittence, à tel point qu’on se demande parfois où ils sont. Ils ont été rejoints, par Severin, un homme décidé à aider Heaven dans sa mission, qui a évolué depuis le début. En effet, la jeune fille a découvert qu’on lui avait menti toute sa vie, et cherche maintenant à savoir qui elle est vraiment. Severin, quant à lui, veut faire tomber les méchants tout simplement. Le personnage manque de charisme et d’envergure, ce qui fait qu’il est un peu effacé, et qu’il n’est pas vraiment développé. Il a une ligne directrice et il n’en déroge pas.

Cette partie s’achève sur un cliffhanger un peu plus intense que pour la première, mais qui n’est pas des plus recherchés.

The Book of the Shadow reprend directement là où l’on s’est arrêté et réserve quelques surprises, quelques évènements ne se déroulent pas exactement comme on aurait pu l’imaginer, mais il s’agit surtout des intrigues secondaires. L’histoire d’Heaven la princesse est digne d’un roman jeunesse (c’est de là dont elle est tirée justement !) et on ne peut pas dire que cela aide à crédibiliser l’univers, surtout quand on songe au nombre de fois où l’un des protagonistes aurait dû mourir. Finalement, on se demande si avec plus de temps, l’histoire n’aurait pas pu être bien plus étoffée et travaillée. Il y a de bonnes idées, malheureusement souvent noyées dans un certain conventionnalisme, et surtout, dans l’aspect un peu trop bonne famille de la minisérie. C’est surtout la sympathie que l’on ressent pour les personnages qui aura rendu le visionnage agréable.

Samurai Girl se conclut en laissant la porte ouverte à la possibilité d’une suite. Le résultat est que cela n’est pas mauvais, mais ne se démarque pas vraiment. C’est dans l’ensemble fort prévisible, mais cela reste un bon programme pour les plus jeunes. En ce qui concerne les adultes, ils peuvent bien entendu le regarder avec leurs enfants, mais il est évident que cela ne va pas rester dans les mémoires, loin de là.