Il semble que, après l’épisode 100, cette saison 6 de Scandal redevient linéaire. On peut visiblement dire adieu aux allers-retours entre la soirée de l’élection et l’arrestation de Cyrus. Il est temps de se tourner vers le futur et cela passe par l’élection du prochain Président.

Naturellement, ce n’est pas chose aisée, en particulier avec le système électoral américain qui est plus que défaillant. Néanmoins, le plus gros obstacle à surmonter se trouve être les scénaristes qui sont clairement déterminés à nous mener en bateau le plus longtemps possible.

Olivia se retrouve ainsi à se battre contre vents et marées pour livrer le bureau ovale à celui qui l’a vraiment gagné, Cyrus. Dans le monde de Scandal, faire ce qui est juste est toujours compliqué, en particulier quand l’opposition est si… diabolique.

L’ennemi est ici imparable et étonnement cartoonesque. Il n’est visiblement pas question d’humaniser ces monstres qui tuent et manipulent avec un détachement qui transforme chacune de leurs apparitions en quelque chose d’étrangement autoparodique. Si cette saison 6 a une correction à faire rapidement, c’est bien celle-ci. Il est temps de sortir cette menace de l’ombre et d’arrêter de l’utiliser de manière presque aléatoire pour forcer des rebondissements poussifs au possible.

Les scénaristes de Scandal ont l’habitude de sortir des twists de leurs manches pour nous prendre au dépourvu, mais ils le faisaient auparavant avec une certaine théâtralité qui évitait que la mise en scène plonge dans le ridicule, mais plus maintenant.

Nous avons donc nos méchants tirés d’un mauvais James Bond et Olivia qui court dans tous les sens pour tenter de sauver son âme, en quelque sorte. Elle est prête à tout sacrifier si cela permet à ses proches de s’en sortir et à Cyrus d’obtenir ce qui lui revient de droit. La voir essayer de convaincre tout le monde d’être du bon côté de l’histoire est cependant rapidement fatigant et cela peine à cacher le fait qu’il est principalement question de faire du remplissage en attendant le rebondissement de l’épisode.

Le plus dramatique est que, dans la prolongation de l’épisode précédent, tout ceci parait n’être là que pour aider à la résurgence d’Olitz que l’on croyait mort et enterré depuis longtemps. C’est probablement le virage le plus difficilement négocié que cette saison 6 a pris jusqu’ici et cela s’ajoute sur beaucoup trop de cafouillages.

Concrètement, là où le centième épisode paraissait affirmer que Scandal s’apprêtait à rebondir avec une détermination renouvelée, nous nous retrouvons avec beaucoup de bruit pour rien. Cet épisode 11 peine à ne pas écraser Olivia sous le poids de son écriture d’une lourdeur agressive et épuisante, et ce n’est pas un spectacle intéressant à suivre.