Toute cette saison 6 de Scandal devait nous entrainer au moins jusqu’à l’investiture du nouveau Président des États-Unis. Nous sommes allés un peu plus loin que ça et, après avoir préparé l’avenir d’OPA, les scénaristes se focalisent sur celui d’Olivia Pope.

Cela nous mène à la réunion de famille qu’il aurait été préférable d’éviter. Avoir Papa Pope est une chose, surtout qu’il semble avoir mis un peu d’eau dans son vin récemment. Mais avoir son ex-femme dans la même pièce que lui, c’est basiquement la définition de l’Enfer. Cela dit, l’avantage de conclure la saison avec un épisode double, c’est que la seconde partie peut effacer les douleurs infligées par la première.

Scandal termine cette saison 6 sans s’égarer dans la grandiloquence qui ne lui réussit plus. Une fois que les parents Pope sont mis de côté, c’est sur leur fille que l’on se concentre. Il se trouve qu’Olivia devait traverser tout cela pour réaliser, comme sa mère le lui fait remarquer, qu’elle est aussi dangereuse qu’eux. Elle est leur digne héritière et rien ne peut alors l’arrêter, selon la logique.

Ce n’est pas une nouvelle. À plusieurs reprises depuis les débuts du show, il a été question de montrer qu’Olivia avait en elle une part sombre. Néanmoins, ce season finale ne sert pas à nous prouver que ce n’est pas le cas, bien au contraire. À la place, on nous offre une transformation. À l’aide de quelques twists bien poussifs, de révélations qui frôlent occasionnellement le ridicule et d’une part d’introspection, Olivia prend le pouvoir et s’installe confortablement dans un rôle nouveau, celui du vilain de l’histoire.

Le but de tout cela n’est pas encore clair, mais il apparait évident que, maintenant qu’il a été décidé que la série devait s’arrêter à la fin de la saison 7, ce soudain revirement d’Olivia entre dans une logique qui déterminera la conclusion du show.

Puisque nous sommes devant du Scandal, il est inutile d’essayer de deviner ce qui nous attend. D’ailleurs, l’indécision est au cœur de ce season finale et nous rappelle bien la nature volatile de l’équipe créative derrière cette série. Le plus bel exemple est le traitement réservé à Olitz. Le pauvre Fitz se fait balader par Olivia et ne semble plus vraiment savoir ce qu’il doit faire de lui-même, ni même où se place son compas moral. On peut espérer qu’il fera un retour plus glorieux que son départ.

Cette conclusion sert donc autant à mettre un terme aux derniers bouts d’intrigues encore en suspens qu’à préparer le futur. Les cartes sont redistribuées. Mellie et Olivia sont placées à la tête du pays, tandis que Quinn et Abby se retrouvent aux commandes d’OPA et que Fitz et Marcus s’installent dans le Vermont. Les dynamiques vont changer, mais il est peu probable que la série en fasse de même.

Cette saison 6 a bien démontré que, même si les scénaristes adoptent une approche narrative nouvelle, le show reste finalement le même. On pouvait espérer une remontée qualitative, mais nous avons eu à la place une exécution tantôt inspirée tantôt catastrophique d’idées dont le potentiel n’a pas toujours été reconnu.

En bout de course, Scandal retombe sur ses pieds en retrouvant sa forme traditionnelle et en jonglant avec des twists qui ont été pensés pour nous prendre au dépourvu plus que pour servir l’intrigue. C’est ainsi que l’on peut caractériser ce season finale qui se focalise plus sur ses effets-chocs que sur tout le reste. Il n’y a plus qu’à attendre pour voir ce qu’il en restera quand la série reviendra l’automne prochain.