Les CSIs continuent de collecter les preuves pour résoudre des affaires criminelles. De la mort d’une actrice, à une enquête menant Ray Langston à Miami et New York, en passant par un serial killer surnommé Jekyll, il y a du pain sur la planche, et le retour de Sara Sidle ne sera pas du luxe pour l’équipe de Catherine.

Nous y voilà, la première saison de CSI sans Gil Grissom. Un départ qui fut géré au cours de la saison 9, mais dont les répercussions vont encore se faire sentir pendant une bonne partie de cette 10e année.

Il était évident que le départ de Grissom ne serait pas une mince affaire, mais il apparaît que l’équipe créatrice a sous-estimé la force de ses autres protagonistes. Ainsi, si la saison précédente s’était surtout focalisée sur l’introduction et la formation de Ray Langston, sorte de remplacement de tête d’affiche, mais pas en grade, cette nouvelle fournée d’épisodes va le pousser volontairement à prendre le dessus. Seulement, le personnage n’est professionnellement pas assez établi et son côté paternaliste et bienveillant, avec régulièrement une histoire passée à raconter, ne va aucunement servir sa cause et la série.

Pour encore plus nous imposer Langston, il semble que quelqu’un a eu l’idée d’offrir au personnage son propre serial killer, et réitérer en même temps le coup du tueur à la miniature qui connut un grand succès. Il va donc avoir le droit à Jekyll, en référence à Dr. Jekyll et Mr. Hyde, ce qui montre déjà un peu le manque d’inspiration qui se cache derrière l’idée. Malgré ce fait, cette histoire va participer à mener la série dans une direction plus solide, en faisant sortir Langston de son rôle trop manichéen pour développer son histoire personnelle et donner au passage naissance à des épisodes plus riches. Jekyll n’a pas la force du tueur à la miniature, mais il offrira différentes occasions de sortir la série de sa torpeur, et si le développement ne tient pas la comparaison, la conclusion est à sa façon bien meilleure.

Quoi qu’il en soit, CSI a perdu son équilibre. La dynamique de groupe doit être retrouvée, surtout qu’il y a eu des changements de hiérarchie qui poussent à redéfinir la place de chacun dans l’équipe. Catherine Willows a pris du grade la saison dernière, et elle est maintenant celle qui supervise. Forcément, à l’image de Grissom, elle se doit d’être plus en retrait. Bien entendu, ses relations avec les membres de son équipe sont différentes, et il va falloir un peu de temps pour que tout se rôde. Cela va d’ailleurs passer par une autre promotion, qui touchera Nick. Cela n’empêchera pas Catherine d’avoir droit à ses propres développements, dont ceux avec le Det. Vartann. Pour une fois, l’amour lui sourit, ce qui n’est pas un mal !

Si l’évolution de Catherine reste logique (bien que lente), les traitements réservés à Nick Stokes et Greg Sanders le sont un peu moins. Il n’y a pas trop de surprise avec Greg, dont le temps d’antenne n’a fait que diminuer depuis qu’il est devenu CSI de terrain. Au bout du compte, il profitera à sa façon de la réorganisation qui a lieu pour regagner une place dans le travail d’équipe. Car si Ray Langston a cru bon de monopoliser l’écran avec des enquêtes de qualités douteuses – et être au cœur du cross-over ayant lieu entre les 3 séries de la franchise – il va y avoir un réel travail d’effectué pour améliorer la qualité de la saison dans sa seconde partie. On ne pourra pas parler de totale réussite, car après tant d’années, il est clair que les scénaristes ont besoin de se ressourcer en termes d’intrigues policières. Mais, au moins, il finira par émerger un nouvel équilibre et une équipe crédible, marquant possiblement la fin d’une difficile transition. Celle-ci fut par ailleurs aidée par le retour de Sara Sidle, qui a laissé son mari en France (enfin, dans mes souvenirs). Elle revient en paix avec elle-même, heureuse en ménage et pour réinjecter une touche de féminité.

Dans tout cela, il faut noter que les Lab Rats sont peu affectés par ce qui se passe. Si on fait exception de la disparition d’Archie pendant une partie de la saison (sûrement occupé à tourner ailleurs) et de l’anniversaire d’Henry, les routines, les relations et ressorts comiques restent les mêmes, et il serait mentir de dire que cela n’a pas un côté un peu lassant.

Enfin, cette dixième saison de CSI apparaît comme une difficile étape de la série. Il ne s’agit pas de la première, le show étant tombé bien plus bas au cours de sa cinquième année pour revenir au meilleur de sa forme. On peut donc espérer qu’après toutes ces épreuves, la remontée du niveau qualitatif de la dernière partie de saison marque bel et bien un retour vers les standards auxquels le programme nous a habitués.