Les problèmes d’argent se font sentir pour Watson, mais le petit voyage à la banque avec Sherlock n’est pas vraiment ce qu’il avait imaginé. D’étranges signes font leur apparition dans la capitale, suivie par des meurtres. L’enquête s’ouvre, mais les deux hommes ont des difficultés à la faire progresser, surtout qu’ils ne sont pas grandement épaulés par la police.

Après un excellent premier épisode installant la relation entre Sherlock et Holmes, on peut donc logiquement dire que le second devait remplir quelques promesses et continuer dans sa direction autour du développement entre le détective et son ami-collègue.

Cette fois-ci, Sherlock Holmes doit élucider un mystère construit autour de signes, et s’il le fait avec un certain succès, il y a dans cet épisode pas mal de défauts qui vont venir entacher le visionnage.

Tout d’abord, nous avons une scène d’ouverture qui mettra un peu de temps à venir se connecter à l’enquête. Un détail en soi, car ce n’est pas un procédé narratif rare à la télévision, mais qui ne sied pas très bien à Sherlock. En somme, à partir du moment où j’ai un métro d’avance sur lui, ce n’est pas bon signe. Et c’est clairement ce qui va se passer ici, avec les mystérieux signes qui apparaissent avant les meurtres. Le rapport avec l’écriture chinoise est un peu trop évident. Même si l’on n’est pas du tout familier avec cela, il n’est pas bien difficile de penser qu’il y a une ressemblance avec l’écriture asiatique (qui est quand même devenue plus ou moins courante dans notre société). Difficile de concevoir qu’un homme de l’intellectuel de Sherlock Holmes ne réussit pas au moins à faire cette petite déduction.

L’enquête a donc ses défauts et une difficulté certaine à lier ses meurtres avec crédibilité (pour une histoire déjà plus complexe). Pour ne pas arranger tout cela, elle se trouve avoir un schéma proche du premier épisode, se camouflant au départ derrière des suicides. Heureusement, Sherlock le fera remarquer, ce qui donne un peu plus de poids à cette coïncidence, qui n’est pas là pour rien, mais ce n’est pas pour cela qu’elle n’en affaiblit pas l’histoire. Dans le même ordre d’idées, que le danger vienne littéralement frapper à 221B Baker Street deux fois d’affilée peut être justifié, mais il faut bien dire que quand il n’y a que trois épisodes, c’est toujours un peu dommage d’avoir des similitudes trop voyantes.

Il y a là une réelle volonté de faire de Moriarty un mystère (en tout cas pour les deux premiers épisodes), l’imposant comme le grand adversaire qu’il se doit d’être, mais ce n’est pas suffisamment bien intégré pour être concluant. Disons qu’il est évident ici que nous avons un défaut assez typique de ce type de procédé narratif qui force l’intégration du personnage dans le décor. Ce type de plan n’est pas franchement fait pour des saisons de trois épisodes. La conclusion sera sûrement à la hauteur et nous fera oublier ses petits défauts, mais en attendant, c’est là.

Pour le coup, le format 90 minutes se fait sentir, le scénario tirant par moment en longueur, tout en ayant des difficultés à réellement intégrer certains éléments. L’un d’eux se trouve être Sarah (Zoe Telford), l’intérêt amoureux de Watson, qui pour le coup, va découvrir que celui-ci ne va malheureusement pas sans le fameux détective (John l’apprenant en même temps qu’elle !). Sarah a du mal à s’imposer, avant tout car on ne la voit quasiment pas au départ et que sa dynamique avec Watson va mettre un peu de temps à se montrer. Elle vient donc perturber un duo à peine formé, ce qui est un risque non négligeable qui se doit de s’affirmer rapidement. Son intégration dans la fin réussira à l’établir convenablement, même si c’est rapide.

L’histoire nous introduit aussi au DI Dimmock (Paul Chequer), Lestrade étant occupé ailleurs. Cela sert mieux l’intrigue, avant tout car il complique quelque peu la vie de Sherlock et que voir son opinion sur le détective se construire et emprunter le même chemin que quasiment tout le monde tout du long, c’est plutôt bien fait. Là-dessus, l’épisode permet aussi de miser sur un Sherlock plus irrité par l’ignorance et l’incompétence de ceux qui l’entourent. D’une certaine manière, le personnage se bonifie grâce à ce fait et offre la possibilité à Benedict Cumberbatch de jouer un peu plus sur les subtilités (en tout cas, avec les expressions de son visage). Et puis, j’aime notre Sherlock Holmes homme d’action, ce mélange de calme pouvant passer des heures dans ses recherches, et sa capacité à se diriger vers le danger. Avec toujours une maitrise quasi incontestable et un refus de montrer ses possibles faiblesses.

À une histoire moins survoltée (et clairement moins prenante), nous avons la réalisation d’Euros Lyn qui suit le même schéma. Il ne possède pas le panache de Paul McGuigan, et c’est un peu dommage. Non pas qu’il ne soit pas bon, mais ce dernier réussissait à insuffler un rythme et un style indéniable.

En définitive, The Blind Banker possède ses excellents moments mais il se révèle en deçà de ce qu’on pouvait en attendre.

Article précédemment publié le 2 août 2010.