Des chaussures dans une pièce vide, une voiture imbibée de sang, un tableau inestimable, et un poseur de bombes dérangé. L’horloge fait tic-tac pour Sherlock, poussé à devoir résoudre des affaires dans un temps limité, alors que Mycroft a frappé à sa porte pour lui demander son aide. Le temps compte et quelqu’un d’autre semble avoir toutes les réponses.

Troisième et dernier épisode (pour le moment) de Sherlock. Nous voici en bout de route, celle qui nous promet la première confrontation entre le détective et son grand adversaire, un cliffhanger, et beaucoup d’affaires à résoudre.

Il se révèle assez difficile de rentrer dans les détails de cet épisode, sans véritablement trop spoiler. Il se passe tellement de choses qu’il serait en plus dommage de gâcher le fun, la malice et le rythme de The Great Game à coup de détails. Vous vous en doutez, les détails dans l’univers de Sherlock Holmes, cela occupe une place importante.

C’est avec un certain plaisir que l’épisode exploite réellement l’intellect de son personnage principal, ayant à résoudre de multiples dossiers. Un mystérieux inconnu le pousse à enquêter en lui offrant un temps limité. Quelqu’un explose s’il n’y parvient pas. On ne peut pas dire que ce soit un véritable secret que c’est Moriarty qui se cache derrière cette mascarade, mais Sherlock et Watson devront être réellement confrontés à ce fait plus tard. Il y a 90 minutes à tenir, et même si c’est une évidence, elle ne doit être approfondie qu’à la fin.

En attendant, l’épisode s’ouvre avec un Sherlock qui s’ennuie, et qui sonne comme un gamin dans sa dispute avec Watson. L’humour s’installe et si le travail de consultant impose le sérieux, Mark Gatiss (scénariste de l’épisode) sait bien instaurer des pointes de légèretés au cœur de ses sérieuses histoires. J’ai particulièrement apprécié les commentaires autour du blog de Watson !

Dans tout ça, Holmes a pour la plupart du temps un métro d’avance sur quasiment tout le monde, et c’est sûrement là que l’épisode réussit le mieux son tour de force. Ce n’est pas totalement bien fichu pour l’affaire que Mycroft souhaite voir résoudre, mais cela fonctionne avec brio pour quasiment tout le reste. En fait, le mort du métro du frère de Holmes sera un excellent prétexte pour donner à Watson de quoi s’exprimer loin de Sherlock, et l’épisode lui offrira multiples occasions dans ce registre. Le personnage est ainsi bien mieux employé que dans le précédent épisode, et sa relation avec Holmes n’en est que renforcé, la scène de fin en étant clairement l’illustration majeure.

Enfin, l’histoire de The Great Game ressemble ainsi à pleins de petites histoires mises au cœur d’un seul et même épisode. La réalisation de Paul McGuigan réussit à très bien soutenir le scénario (bien moins survolté que le premier épisode, mais toujours très belle et avec des plans fort inspirés)  qui va quand même à l’occasion s’oppresser lui-même. Il y a beaucoup de choses, et dans le même temps, il y a des situations qui semblent tirer en longueur.

Enfin, retour à la fameuse fin de l’épisode. Ou, tout simplement, à la découverte de qui se cache derrière le nom de Moriarty. La scène parvient à être complètement prenante, ayant magnifiquement posé ses enjeux grâce à une pression qui a été finalement installée dans l’épisode. Est-ce que Moriarty est lui-même à la hauteur des attentes ? Le personnage impose rapidement son style et son accent (ce qui plaira ou non). Ce n’est pas continuellement concluant à mes yeux, mais l’absence de familiarité avec le personnage tend à enlever de l’intensité dramatique à certains moments – qui sont par contre parfait du côté de Holmes et Watson.

Cela reste très efficace, et le dernier retournement final (nous laissant volontairement sur notre faim) se révèle être plus pertinent que je ne l’aurais imaginé.

Ainsi, avec The Great Game, Sherlock se conclut sur un épisode enthousiasmant, ayant parfaitement utilisé les forces de la série. Dans l’ensemble, j’aurais aimé voir Lestrade mieux exploité, Mrs Hudson être un peu mieux traité, et quelques rouages comiques (et là, je vise Molly) être utilisé avec plus de finesse, cela tombant dans le risible. Des défauts qui sont largement perfectibles, et surtout facilement pardonnables et oubliables au vu du plaisir procuré.

Article précédemment publié le 9 août 2010.