Que vaut Silicon Valley maintenant que T.J. Miller est parti ?

5 Juin 2018 à 18:00

Quand T.J. Miller quitta Silicon Valley de manière relativement expéditive à la fin de la saison 4, on pouvait se demander comment la série allait pouvoir rebondir sans un de ses principaux moteurs comiques.

La réponse pourrait être simple, Silicon Valley était bien moins hilarante durant sa saison 5. Le problème est que ce n’est pas vraiment l’absence de T.J. Miller qui est responsable de cela, car il y avait déjà de la perte dans le domaine quand il était encore là. De plus, Jian-Yang (Jimmy O. Yang) fait d’occasionnelles apparitions pour offrir une bonne compensation dans le registre d’humour que Miller apportait.

Le souci avec la comédie de Mike Judge, John Altschuler et Dave Krinsky, c’est sa construction narrative et le genre de dynamique qui en découle.

En saison 4, je pointais le problème de l’éternel recommencement. L’équipe de Pied Piper tournait chaque opportunité en un échec cuisant. C’est maintenant terminé, mais cela ne se ressent pas réellement, car les victoires ressemblent à des échecs.

Il faut dire qu’elles se reposent souvent sur des gimmicks techniques qui transforment chaque montée de tension en une excuse pour jouer encore et toujours les mêmes classiques. Richard (Thomas Middleditch) a évolué à force de se faire marcher dessus, il a appris de ses erreurs et cela a fait apparaitre un côté parfois vicieux de sa personnalité. Le souci est que tous les autres en sont plus ou moins au même niveau.

La guerre entre Guilfoyle (Martin Starr) et Dinesh (Kumail Nanjiani) qui était une source d’hilarité assez abondante s’est bien tarie. Maintenant, Dinesh semble juste présent dans le show pour tenter de s’humilier tout seul afin de nous rappeler qu’il existe. Pendant ce temps, Guilfoyle le regarde faire et s’en amuse, il est bien le seul.

Silicon Valley a toujours eu un problème avec ses personnages féminins et celui-ci ne s’est pas réellement amélioré non plus, même avec l’espace libéré par le départ de Miller. Monica (Amanda Crew) finit, dans les derniers épisodes de cette saison 5, par se voir offrir un rôle plus notable… pour la saison 6. En attendant, elle fait à peine de la figuration, tout comme Laurie (Suzanne Cryer) qui ne fait qu’étirer la même blague fatiguée depuis deux saisons au moins. Idem pour Gavin Belson (Matt Ross) par ailleurs.

Concrètement, l’humour de la série est usé, les personnages avancent en mode automatique et les enjeux peinent à prendre de l’importance, car on sait qu’un échec de plus ou une victoire ne changeront pas grand-chose.

La seule réussite réelle de cette saison 5 de Silicon Valley se trouve être l’écriture de Jared (Zach Woods). Il ne sert plus vraiment l’humour non plus, mais il est le seul qui semble toujours affecté par le monde dans lequel il vit. Cela donne l’impression qu’il y a encore un cœur qui bat dans cette série qui est devenue si mécanique dans tout ce qu’elle fait.

Donc, avec ou sans T.J. Miller, Silicon Valley n’a pas changé et c’est bien le problème. Elle se laisse regarder dans une indifférence indolore qui n’encourage pas à revenir l’année prochaine.

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