Ils sont jeunes et déterminés à en profiter. Sexe, drogue et rock’n’roll… en Amérique.

Après Shameless sur Showtime, c’est au tour de MTV et de Syfy de lancer leur remake le même jour. Il y a donc beaucoup d’adaptations en ce début d’année 2011, pouvant laisser dubitatif. Pour le coup, nous ne sommes pas en terrain inconnu, et la dernière politique installée semble clairement d’opter pour un respect limite poussif de l’œuvre originale. Non pas que le procédé ne soit pas plein de bonnes intentions, mais la transposition pure et simple n’a pas toujours sens, car ce sont des séries très ancrées dans leur pays.

Skins (US) nous promet des changements… mais pas tout de suite ! En attendant, le pilote de la version MTV suit celui de la version de Channel 4, jusqu’à son titre, Tony. Le but est donc de nous introduire du mieux que possible à la bande de jeunes amis, représentation d’une jeunesse qui aime s’amuser, mais qui n’est pas exempte de problèmes psychologiques.

Tourné à Toronto, Canada, il y a de la neige, et c’est le détail météorologique le plus important, car ce pilote peine à réussir à donner une sensation géographique. Qu’importe, car apparemment, ce que l’on fait à Bristol, on le fait aussi là-bas, et dans l’ensemble, approximativement de la même façon. Le changement majeur imposé par cette version américaine est que Maxxie, danseur homosexuel, laisse sa place à Tea, cheerleader lesbienne. Les changements de noms et quelques petits moments par-ci par-là viennent interrompre la reproduction de scènes, et vous avez une idée de l’ensemble.

Pour ceux qui n’ont pas vu l’original, on débute avec Tony décidé à faire perdre sa virginité à son ami Sydney. Cette « mission » va le pousser à demander du soutien à ses autres amis, ainsi que voir Cadie (Cassie en UK) se joindre au groupe pour être celle avec laquelle il devrait coucher. Les dialogues se doivent d’être vifs (sans pour autant être bons), les personnages codifiés, et les excès (drogues, sexes et fêtes) exposés, pour que l’on puisse saisir que nous ne sommes pas devant un teen show propre sur lui, mais bien tout l’inverse.

Le pilote en fait beaucoup trop (ce qui était le cas dans l’original) et il n’est pas aidé par le fait qu’il y a des acteurs qui ont quelques difficultés à tenir la mesure et à sortir leurs lignes de dialogues convenablement. Malgré tout, il y a quand même la sensation que la série cherche ses marques et que le groupe parvient à se doter pour certains d’une véritable consistance. Ce n’est pas forcément réussi, mais on peut reconnaître des efforts non négligeables pour essayer de reproduire l’essence de l’original tout en essayant – même au sein d’un copier/coller – d’y mettre une touche américaine (que cela prenne ou non). L’ensemble parvient à être soutenu par une bande-son qui tient bien la route et donne un peu de panache.

La suite de Skins se devrait d’être légèrement différente. Le fait est que déjà, elle possède un épisode supplémentaire (Tea étant l’épisode 2), mais les extraits annoncent aussi un peu trop les similitudes, ce qui ne risque pas de convaincre les fans de la version britannique, qui n’ont à ce stade, pas de raison de se plonger dans la série, le pilote se montrant bien trop proche pour apporter quoi que ce soit de neuf.