
Darwyn Al-Sayeed, agent du FBI afro-américain et musulman, infiltre une cellule dormante islamiste dans le but de détourner ses plans terroristes.
Sleeper Cell, c’est une vision du terrorisme plus réelle, où les mauvais ne sont pas uniquement musulmans, comme on voit dans la plupart des films misant sur ce sujet, mais avant tout des intégristes qui détournent la religion à des fins mal intentionnées.
Avec cette série, il y a comme un devoir de rectification, et de nous montrer clairement la différence entre le musulman et l’intégriste.
Malgré cette bonne intention, Sleeper cell peut détourner le spectateur qui a encore en tête la pluie de victimes du 11 septembre et qui n’a pas envie de prêter attention aux explications.
C’est pour ça qu’elle a une place sur le câble, et que je trouve bien dommage.
Le pilote a un titre qui donne le ton. Al Faitha, c’est aussi est la première sourate du Coran, le prologue en quelque sorte, l’ouverture. Quel autre titre pourrait mieux correspondre à ce premier épisode ? Sans tout dévoiler avec des mots de trop et nous centrer sur le sujet principal : l’islam.
Ponctué par les rituels de la religion : prières et abductions, on fait la connaissance de Darwyn Al-Sayeed, un noir musulman à sa sortie de prison. On sent pointer à l’horizon la facilité, voire le cliché. Un être mal inséré, en quête d’identité, assez fragile entrant dans l’extrémisme pour une pointe de reconnaissance. Et on y croit, insoutenablement, jusqu’à ce qu’on nous mette face à face avec son agent de contact, Ray Fuller. Belle reconversion au passage de James Legros qui nous fait oublier son image d’avocat « pas apprécié malgré son très grand savoir-faire » de la série Ally McBeal. Il apparaît plus consistant et plus à l’aise.
Darwyn travaille donc pour le FBI,  et on voit d’amblé comment cette infiltration qui l’approche très près du leader de la cellule Faris Al-Farik, a des lourdes répercussions sur sa vie : passage en prison pour facilité son recrutement, isolement total pour ne pas éveiller les soupçons sur sa couverture, ce qui l’amène à cacher ses moindres faits et gestes à la belle Gayle qui lui tombe dessus dès le premier épisode, et subir des insultes constantes.  La couleur de sa peau pose un problème, et il lui faut faire charge double à chaque fois pour être apprécié.
Tous les autres personnages qui l’entourent sont tout aussi brillamment introduits.
Faris, interprété par le très charismatique Oded Fehr est sans aucun doute le plus effrayant. Avec sa gueule d’ange et sa façon de se faufiler allègrement sans soupçon au sein d’ethnies différentes de l’orient sans qu’il y apparaisse intrigant, on ne devine jamais sa nature profonde et ses intentions. Et est cet ami qui vous poignarde dans votre sommeil.
Les autres soldats de la cellule : LLija, le bosniaque survivant meurtrit de la guerre en Yougoslavie, Christian, le français marié à une marocaine, ex-skinhead qui s’en prenait encore il y a un an aux musulmans, et Tommy, le petit fortuné qu’on surprotège. Trois êtres très différents, qui renforcent l’adage fondateur des États-Unis, le « melting-pot » et soudés par cette cruelle raison d’en vouloir au pays de l’oncle SAM.
Et puis, il y a aussi Gayle, une mère célibataire paumée qui voit en Darwyn un être comme elle, et qui pourrait la tirer de sa triste condition.
La violence de Sleeper cell est avant tout psychologique, et on a surtout les répercussions plutôt que les actions, ce qui nous emprisonnent dans un climat tendu et haletant tout au long de l’épisode : l’attentat au Qatar et l’assassinat d’une jeune femme infidèle que l’équipe devait pister ont fait les titres du journal télévisé.
Mais il y a quand même eut une scène très dure, celle de la lapidation du traître, qui n’en étant pas vraiment un traître mais plutôt celui qui a failli au devoir de silence. La punition a été fatale. On se doute bien que Darwyn ne va pas être découvert tout de suite, et qu’il sera obligé de participer pour bien montrer qu’il adhère aux valeurs. Ce qui lui causera des problèmes de conscience, il ne comprend pas comment ces gens vivent leur foi, et on se demandera s’il mènera cette mission à bien.
Sleeper cell a réussi à passer au-dessus du pari dangereux de parler d’un sujet épineux, avec un casting efficace et scénario bien ficelé et diablement maîtrisé dès les toutes premières minutes.
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Dès les premières images, on sait que l’on va être confronté à un traitement très sérieux, complexe et explosif. C’est même anti-spectaculaire (l’opposé d’un 24, par exemple). Ce qui rend la soudaine exposition de la violence plus dure et marquante.