La saison 2 de Sleepy Hollow nous mène maladroitement vers l’Apocalypse

Sleepy Hollow - Saison 2

Katrina est désormais la prisonnière d’Abraham alors qu’Ichabod et Abbie tentent de déjouer les plans d’Henry. Ce dernier prépare le terrain pour l’arrivée prochaine de Moloch sur Terre.

Divisée en deux parties, la seconde saison de Sleepy Hollow doit nous offrir deux storylines distinctes. La première est ainsi consacrée à l’arrivée sur Terre de Moloch où il veut installer l’Enfer. Comme c’est un Démon, il n’y a pas vraiment besoin de chercher trop loin pourquoi il désirerait accomplir une telle chose. C’est sa nature, pouvons-nous supposer. Heureusement, si les motivations du maitre ne sont pas explorées, celles de ses principaux guerriers sont au cœur de ce début de saison.

La série reprend dès lors en tentant de renouer avec la formule qui a si bien fonctionné durant la saison 1, mais tout en se dispersant un peu afin de couvrir plus de bases. C’est ainsi que l’on s’intéresse à Henry Parrish, fils d’Ichabod et Katrina qui est devenu un Cavalier de l’Apocalypse – brillamment interprété par John Noble. Toute la famille Crane se retrouve alors déchirée dans ce combat, et cela ne s’arrête pas à la relation entre les parents et cet enfant diabolique.

Les scénaristes de Sleepy Hollow ont en effet tenté de creuser le mariage entre Katrina et Ichabod qui n’a pas traversé les siècles sans prendre quelques mauvais coups. Il est dommage que le couple n’obtienne finalement que peu de temps pour discuter de cela, car c’est durant leurs rencontres qu’ils paraissent le plus grandir en tant que personnages.

Ce n’est cependant pas la seule partie méritant d’être mieux développée que ce début de saison va négliger. En fait, on pourrait presque dire que Sleepy Hollow a quelque peu perdu de sa magie et progresse bien souvent de façon mécanique, malgré le fait que les enjeux ne cessent de prendre de l’ampleur et que les intrigues offrent des challenges qui poussent les protagonistes à s’investir toujours plus personnellement. Le souci est apparemment que l’équipe créative a pris conscience qu’il y avait besoin de planifier le show sur la durée et un découpage stratégique des histoires a clairement été déterminé.

Résultat, les sympathiques et ludiques courses au trésor qui menaient Abbie et Ichabod à vivre d’improbables, mais réjouissantes, aventures au cœur d’une mythologie un peu folle ont été réduites à une suite de chasses au monstre de la semaine. Le format est devenu rigide et les incessants rappels – car nous n’avons visiblement pas assez de mémoire pour tout suivre – ne font qu’amplifier une sensation de répétition.

L’effet n’était clairement pas voulu, l’idée étant simplement de poser, une après l’autre, les pièces du puzzle qu’était le plan d’Henry. Il y a alors quelques surprises de ce côté-là, mais l’approche finit par donner l’impression que l’univers du show rétrécit doucement. Il faut dire que, au lieu de développer les personnages secondaires, ils sont négligés – Jenny et le capitaine Irving en particulier – ou tués, sauf Hawley qui est un allié trop commode joué par Matt Barr qui sert accessoirement d’intérêt romantique pour Abbie et dont la présence est plus imposée que nécessaire.

Ce début de saison 2 de Sleepy Hollow souffre ainsi de problèmes qui pourraient être réduits à une apparente incompréhension de la part des auteurs de ce qui faisait fonctionner le show en premier lieu. Néanmoins, la série reste un divertissement plaisant qui entretient assez d’enjeux dramatiques pour que l’on puisse continuer de s’investir dans l’histoire. De plus, la gestion des personnages est certes hasardeuse à l’occasion, comme ce qui est fait avec Katrina, mais le casting ne perd rien de son côté sympathique, en particulier Tom Mison qui parvient souvent à sauver des scènes grâce à sa faculté à jongler entre grandiloquence et second degré.

Au bout du compte, la guerre contre Moloch avance et arrivera même à un tournant qui prend en quelque sorte la forme d’une promesse, la série ne cessera pas d’aller de l’avant tout de suite. Cette progression est intéressante et, même si l’essence du show a quelque peu été diluée durant cette première mi-saison, Sleepy Hollow rappelle régulièrement pourquoi elle fonctionnait contre toute attente en premier lieu. Reste à espérer que la suite parviendra à renouer avec la spontanéité des débuts, car la rigidité de plus en plus notable des scénarii pourrait finir par devenir rébarbative, et cela serait vraiment du gâchis.

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