Après plusieurs étés en compagnie de Mistresses, ABC a décidé de changer de registre en optant pour Somewhere Between, un thriller avec un twist surnaturel qui se base sur le drama coréen God’s Gift : 14 Daysdisponible en France chez Drama Passion.

Le twist surnaturel de Somewhere Between intervient au trois quarts de l’épisode, et implique le voyage dans le temps. Comme de nombreuses séries de ce genre, ce qui précède existe pour installer une situation qui sera revisitée sous tous ses angles ensuite.

Nous faisons la connaissance de Laura Price (Paula Patton), une mère de famille épanouie autant dans sa vie professionnelle et privée. Elle tente tant bien que mal de poser des limites à sa fille Serena, qui est obsédée par une pop star masculine dont la musique est insupportable et peu intéressée par faire ses exercices de mathématiques. En parallèle, elle travaille pour une chaine de télévision où elle suit de près l’affaire d’un tueur en série proactif.

Tom (J.R. Bourne), le conjoint de Laura, est un procureur qui a mis en prison le frère de Nico (Devon Sawa), un ancien policier devenu détective privé qui va s’attirer de graves ennuis.

Nous savons dès le départ que quelque chose va arriver à Serena. Le reste de l’épisode doit alors nous y mener en nous fournissant un certain nombre d’informations et en nous relatant des évènements clés dans la vie de la famille Price pour que l’on sache ce qui va compter par la suite.

Au scénario, Stephen Tolkin y va avec de gros sabots pour nous communiquer ce qu’il souhaite que l’on note, au détriment d’une mise en place fluide. La musique pop ne fait que surcharger des scènes qui s’enchainent avec un manque de naturel désagréable. Les personnages secondaires sont vulgairement introduits, leurs motivations et leurs liens étant répétés de multiples fois.

Somewhere Between en devient presque pénible à regarder. La mise en place est maladroite, avec une ligne temporelle qui est mal dessinée avant de se préciser, alors que l’on nous prend par la main avec des plans de caméras sans finesse et des dialogues qui nous explicitent tout. Quand arrive la conclusion, on nous répète même ce qui a déjà été dit. C’est comme si l’équipe créative était partie du principe que l’on était peut-être aller se faire un thé en cours de route et qu’on aurait raté la scène en question.

Le résultat est un épisode brouillon, bien trop surchargé et qui pose mal les enjeux émotionnels malgré une protagoniste plongeant dans une détresse légitime suite à la tragédie qui l’affecte. Paula Patton – ou qui que ce soit d’autre –  n’a présentement pas l’espace pour donner convenablement corps au désespoir lorsque le moment arrive.

Somewhere Between s’attaque pourtant à des sujets sérieux qui réclament un certain doigté pour bien les représenter. Les intrigues s’entremêlent pour nous parler du système judiciaire et de la peine de mort, avec un condamné dont on évoque la possible innocence et un tueur en série qui interroge sur les rouages du système.

Avec son premier épisode, Somewhere Between échoue à poser de bonnes bases, pris par son besoin de fournir le plus de renseignements le plus tôt possible. Pour une série impliquant le voyage dans le temps, c’est regrettable de se retrouver face à une introduction qui a bien des difficultés à présenter ses évènements l’un après l’autre de manière satisfaisante qui pourrait donner alors envie de les revisiter.

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CaroleC
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