A Charming, Californie, le club de motards Sons Of Anarchy fait la loi à sa manière, mais entre modernité, gouvernement et clan rivaux, il faut s’adapter. Jax, fils du co-fondateur du club, trouve un écrit de son père qui le fait douter sur le chemin emprunté par le SAMCRO.

Pour accompagner la dernière saison de The Shield, FX a choisi Sons Of Anarchy. La série, diffusée le mercredi soir, a été créée par Kurt Sutter, qui a justement fait ses armes sur le show de Shawn Ryan, sur laquelle il fut présent du début à la fin.

Sons of Anarchy nous introduit dans le monde des clubs de motards, et plus précisément dans celui du SAMCRO, acronyme pour The Sons of Anarchy Motorcycle Club, Redwood Original, en Californie. Treize épisodes vont composer la première saison, suffisamment pour découvrir ce que nous réserve Kurt Sutter pour l’avenir, pour prendre pleinement conscience du potentiel de la série, de sa force et de ses faiblesses.

Autant aller droit au but : Sons Of Anarchy a tout ce qu’il faut pour devenir une grande série. Nous avons eu le droit à une excellente première saison, certes, qui n’est pas parfaite, mais qui est extrêmement bien écrite, réalisée, interprétée, et qui possède tous les éléments nécessaires pour un avenir rayonnant. Du moins, pour le spectateur.

Au centre de la série, nous avons Jackson ‘Jax’ Teller, solitaire et co-président du club. Son père est le fondateur de SAMCRO, son beau père en est aujourd’hui le président. Après avoir mis la main sur un écrit de son paternel, la vision de Jax va changer, évoluer, se modifier et s’opposer. SAMCRO évolue dans un monde illégal, participant à la vente d’armes, et possède de fortes rivalités avec d’autres clubs, comme les Nordics, conduisant le plus souvent à la violence. Les membres de ces clubs ne sont pas des enfants de chœur, et vivent selon leur propre principe de liberté, rempli de trafic, corruption, soudoiement de police, mais aussi de liens familiaux, d’amour, et de soutien quand il s’agit de l’un des leurs. Dans ce monde, on est là les uns pour les autres, et une fois qu’on y est, c’est un peu pour la vie.

Au fil des épisodes, et de ses expériences, la perception de Jax va changer, et au bout de la route, nous avons comme la sensation que toute cette saison a servi surtout à lui faire réaliser ce qu’il souhaite, qu’elle est réellement son idée de SAMCRO. Dans ses écrits, son père souligne qu’à la naissance du club, ce n’était pas ainsi qu’il voyait les choses. Jax, seul, comme un grand, va comprendre ce que cela signifie pour lui. Il ne voit pas non plus les choses comme Clay. Et pour lui, au bout de 13 épisodes, il est temps que cela change.

Autour de Jax, nous avons le club et ses membres. Ces derniers sont présents et développés. Nous devenons familiers avec eux, avec leur personnalité et leur place au sein du club. Tout motard, membre du SAMCRO ou d’un autre club rival, possède son histoire, des liens, une famille. Une écriture fine et travaillée qui offre à ses protagonistes une profondeur, une complexité, permettant d’éviter majestueusement les clichés que leur situation et/ou condition aurait pu donner. Qu’ils soient sur une moto ou non, ce sont des personnes que nous apprenons à connaître et à aimer.

Pourtant, la plus grande surprise de la série est que dans ce milieu d’homme, une femme est reine : Gemma. La mère de Jax, et femme de Clay, est presque l’incarnation vivante du club, de ses idées, avec ses forces et ses faiblesses. Katey Sagal, qui est par ailleurs la femme de Sutter, vole littéralement la vedette à ses partenaires – pourtant tous plus excellents les uns que les autres – et ce, dès les premiers épisodes. Gemma est une femme de caractère, capable de violence et de manipulation, tout autant que d’amour et de protection. Elle utilise les armes qui sont en sa possession pour parvenir à ses fins, et elle n’est pas du style à baisser les bras.

Par ailleurs, dans cet univers masculin, les femmes occupent une place assez importante et toutes bénéficient d’un traitement de qualité, qu’il s’agisse de Tara, l’amour de jeunesse de Jax, ou encore de Cherry, amoureuse d’un membre du SAMCRO, et surtout l’agent June Stahl.

Car, dans cette première saison, la police trouve aussi sa place, qu’il s’agisse des agents locaux ou de l’ATF. A Charming, tout le monde se connaît, tout le monde sait ce que fait SAMCRO, et il a fallu s’arranger. Pour se faire, Wayne Unser, les chefs des forces de l’ordre de la ville, s’est associé avec Clay et incarne le policier corrompu, tandis que David Hale, à l’inverse de son supérieur, souhaite nettoyer la ville. Aux officiers locaux, tous familiers avec les membres de SAMCRO, s’ajouteront les agents de l’ATF (Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives) pour complexifier encore plus le jeu. Si le premier agent que nous rencontrons, Kohn, ne trouve pas en SAMCRO, sa première motivation pour venir à Charming, c’est l’agent Stahl qui arrivera plus tard pour enquêter sur le club. On peut ici souligner que les deux protagonistes sont incarnés par Jay Karnes et Ally Walker, tous les deux étant plus qu’excellents dedans. Les mondes de la loi, des motos, et de la corruption s’entrelacent, offrant ainsi encore plus de consistance et de personnalité à la série.

Ceci n’est finalement que la surface, l’univers de Sons Of Anarchy étant riche en personnages et en situations. On ne fait pas de surplace, on évolue, avec des victimes et des dommages collatéraux, tout autant que psychologiques, dans un monde loin des conventions ordinaires, et où un vent de liberté souffle. Ce fut donc une première saison plus que réussie, qui promet une seconde qui le sera encore plus.

Pour en savoir plus sur la série, vous pouvez lire tous nos billets, critiques et articles sur Sons of Anarchy.