L’enlèvement d’Abel a frappé de plein fouet le club, qui doit alors trouver sa route. Gemma est toujours en cavale et vit péniblement cette séparation avec sa famille.

Sons of Anarchy est de retour pour une troisième saison, qui démarre avec un épisode avant tout introductif. En gros, la série revient approximativement là où on l’avait laissé temporellement parlant, et se doit alors de fixer les nouvelles directions pour ces personnages.

Ainsi, au lieu d’opter pour un bond temporel, Kurt Sutter affronte directement les évènements qui ont conclu la saison 2 : l’enlèvement du fils de Jax, Abel, et la fuite de Gemma accusée de meurtre. Les deux ont donc du chemin à parcourir pour faire face à la situation dans laquelle ils sont et l’épisode se bâtit principalement autour de cela.

En ce qui concerne Gemma, elle est loin de Charming et séparée de tout ce qui fait d’elle la femme qu’elle est. Tig est là pour assurer sa sécurité, selon le souhait de Clay, mais cela ne rend pas pour autant la tâche plus facile. Gemma est plus qu’une forte tête, c’est une femme qui sait ce qu’elle veut. Être loin des hommes de sa vie et du club est une chose, mais l’être alors qu’Abel a été kidnappé, cela en est une autre. D’une certaine façon, le voyage de Gemma ne fait que commencer. Elle doit maintenant affronter une autre réalité, celle qui la place loin de ce qui la définit en tant que personne, et cela risque de passer par un peu d’introspection, vu que ses pas la conduisent chez son révérend de père.

Si Gemma est donc particulièrement frustrée par sa condition, en grande partie bloquée dans un motel (la scène de la tentative de vol de la voiture étant par ailleurs excellente), ce sentiment est aussi présent à Charming. Le fait est qu’en explorant directement les conséquences du kidnapping et de la cavale de Gemma, les personnages doivent aussi y faire face de manière abrupte. Il est donc question de voir comment la façon dont ils gèrent ce qui se passe va les faire évoluer et les pousser dans de nouvelles directions.

Sur le plan du couple Jax/Tara, l’épisode se contente principalement de mettre un point final aux doutes – s’il y en avait – possibles sur le devenir de leur relation. C’est un peu la conclusion du chemin parcouru par Tara, qui refuse de se voir rejeter par Jax. Elle a choisi cette vie, et maintenant, pour elle, c’est surtout de voir ce que cette décision entrainera sur les autres aspects de son existence, comme la scène à l’hôpital le laisse suggérer. Ce n’est en tout cas pas là-dessus que l’épisode s’exprime le mieux, surtout qu’on joue sur un registre déjà exploré, mais les quelques rappels historiques sont là pour confirmer que tout ceci, c’est fini. La confrontation entre Tara et Stahl s’inscrit dans la même lignée.

D’ailleurs, l’agent Stahl – responsable de la crise dans laquelle le club se trouve – a le droit à quelques dialogues plus génériques qu’autre chose, servant les autres plus qu’elle. La survie du personnage dans la série semble plus que limitée, surtout qu’il y a le sentiment qu’elle a rempli son rôle. À moins que la suite ne lui donne rapidement une nouvelle direction, elle n’a à l’heure actuelle plus grand-chose à faire, si ce n’est être un rappel d’où nous en sommes et pourquoi on en est là. Ce n’est pas purement nécessaire, le reste de l’histoire remplissant très bien ce travail.

Ce qui me mène finalement après tout cela à celui pour qui tout a changé : Jax. Le kidnapping de son fils le met dans un état émotionnel plutôt instable, mais l’épisode mettra du temps à réellement illustrer ce fait, gardant le choc pour la scène finale. En attendant ce grand moment, Jax parait en partie déconnecté et Clay devra alors lui expliciter son rôle au sein du club. Le petit séjour sur la tombe de son père alors qu’il s’éloigne dangereusement de la route qu’il voulait emprunter n’est pas anodin. Après avoir passé toute une saison à tenter de changer les choses, Jax parait destiné à s’engouffrer dans la direction opposée. La question est de savoir ce qu’il est prêt à faire pour récupérer son fils.

Tout cela, c’est en partie sans compter sur la dernière scène de l’épisode, gros électrochoc après plus de 45 minutes à nous présenter les directions que la saison va prendre, pour les personnages, pour le club et pour Charming. La ville n’a pas fini d’en baver, et rien de vraiment bon ne s’annonce sur ce plan là, avec une conclusion qui se veut violente et qui, en quelques minutes, fait monter d’un cran tout ce qui a pu se passer auparavant.

Ainsi, ce season premiere de Sons of Anarchy nous annonce la couleur pour la saison, et atteint son apogée dans ces dernières minutes. Le calme n’est pas revenu à Charming.