L’ex-femme de John lui fait une proposition inattendue, alors qu’il patrouille avec Ben et Chickie à la recherche d’un violeur en série qui se fait passer pour un flic. Lydia et Russell font à nouveau équipe pour résoudre un double homicide, et Sal achète un cadeau à sa femme pour célébrer sa promotion au poste de capitaine.

Fin de saison? Fin de série? En tout cas Maximum Deployment n’a été écrit comme aucun des deux. On a tout de même droit à un épisode riche en suspense et en rebondissements.

Russell reprend du service et ça fait du bien! Les anciens partenaires de Lydia (surtout René) n’étaient pas inintéressants, mais on était loin de la subtile relation qui unit les partenaires de toujours. On apprend que le mariage des Clarke est de l’histoire ancienne, tout est donc fait pour jouer sur les sentiments ambigus, comme lorsqu’ils se charrient sur leurs échecs sentimentaux. Les dialogues retranscrivent parfaitement ce mélange de respect, complicité et amour inavoué.

À côté de cela, l’enquête qui les occupe est plutôt banale et sert surtout à amener à la décision finale de Russell, en définitive plutôt prévisible, d’arrêter le boulot de flic. Il y a d’ailleurs un petit moment de flottement lorsqu’il l’annonce à Lydia: « I can’t do this », est-ce qu’il parle de leur relation? Soyons rassurés, leur lien va bien au-delà de leur job. Ils ont besoin l’un de l’autre, Lydia remplissant symboliquement le frigo. Contrairement à la situation avec sa mère, on sent bien qu’elle a choisi d’être là et qu’elle fait ce qu’elle fait autant pour lui que pour elle-même.

L’intrigue de Sal avance rapidement dans cet épisode. Tout pousse à la conclusion inéluctable: sa femme apprend qu’il a une maîtresse. Mais avant cela, on a le droit à un peu de comédie. D’abord, sa petite peste de fille le fait chanter pour aller à une fête, alors que celui-ci part célébrer la promotion de sa femme au restaurant. Une séquence très drôle, mais aussi amère puisque les rires gras du type bourré au bar font l’effet d’une mauvaise sitcom, et viennent entacher un moment très romantique. Heureusement, Sal intervient et règle la situation, le couple retrouvant alors une complicité perdue.

C’est très touchant, mais Southland aime la tragédie et tout part en vrille lorsque leur fille se retrouve à nouveau en danger. On craint qu’elle ne tombe sur le violeur en série, mais c’est finalement de l’intérieur que le drame arrive. La vérité éclate, symboliquement dans une station essence, un lieu de passage pour un tournant décisif dans une intrigue qui commençait à s’essouffler.

On avance bien aussi du côté des flics de patrouille. On assiste en parallèle à la chute de John et à la « résurrection » de Chickie. L’épisode est fait plus que jamais de hauts et de bas, de montées et de descentes, une construction verticale illustrée à merveille par les collines de L.A., que les policiers arpentent sans relâche à la poursuite du Canyon Rapist.

John atteint donc enfin ses limites: les médicaments ne font plus d’effet, et son dos est mis à rude épreuve lorsqu’il doit aider à soulever une voiture. Plus tôt, son ex-femme lui avait proposé d’avoir un enfant avec elle, ceci apparaît alors comme un rêve bien lointain. John a beaucoup de problèmes à régler avant de pouvoir devenir père. Malheureusement, celui qui faisait office de grand sage n’arrive pas à s’arrêter pour se soigner quitte à finir dans un fauteuil roulant. Son métier de flic fait partie intégrante de son identité, et il ne peut s’en défaire.

Tout comme Chickie, qui persiste et s’accroche. Elle met d’ailleurs Ben en garde, à vouloir protéger son partenaire accro, il se retrouve dans la même situation qu’elle il y a peu de temps. La scène finale où elle trouve, poursuit et arrête le violeur en série la rétablit en tant que bon flic. On s’intéresse plus que jamais à l’identité du policier, ce qui le rend bon ou mauvais, jusqu’où ce travail peut amener à s’oublier, à y laisser sa santé. Le cas du criminel en uniforme de patrouille n’est bien sûr pas anodin. L’épisode offre en perspective une belle conclusion (à la série) avec Los Angeles en fond et cette simple mais puissante phrase de Chickie: « I am the cop. »

Encore un très bon épisode de Southland. La série décrit magnifiquement un métier pour lequel les personnages sacrifient tout ce qu’ils ont (famille, santé, estime de soi). Elle a encore des choses à dire, on croise donc les doigts pour la revoir.

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