Southland – Phase Three (2.01)

Alors que Russell est toujours à l’hôpital, il est remplacé aux côtés de Lydia par René Cordero. Ensemble ils travaillent sur le possible enlèvement d’un octogénaire. Pendant ce temps Sammy et Nate enquêtent sur une fusillade, et Chickie se retrouve au milieu d’une émeute lorsque son nouveau partenaire tire sur un adolescent.

Southland revient sur TNT (après moult péripéties) pour une saison encore plus courte que la première: 6 épisodes. Mais ne boudons pas notre plaisir, ce season premiere apporte tous les ingrédients qui font la force de la série.

On suit deux enquêtes majeures. Lydia a clairement du mal à gérer ce qui est arrivé à Russell. La venue de Cordero (Amaury Nolasco) ne va pas faciliter les choses. Son introduction est assez caricaturale et on force le clash entre les deux: il est ambitieux et aime le faire savoir. Heureusement, la fin nuance leur relation, il reste un bon flic.

En attendant, elle passera une bonne partie de l’épisode au téléphone avec son ex-coéquipier qui est plutôt mal en point. Leur relation est une des mieux écrites de la série, elle apparaît à certains moments presque infantile, alors qu’à d’autres on joue avec l’idée qu’ils pourraient être plus qu’amis. La fin de l’épisode les réunit, mais on sent que les choses ne sont plus les mêmes, et voir Lydia craquer dans le couloir est très touchant (merci Regina King).

L’autre grande réussite de la série est le duo Cooper-Sherman. Leur relation est écrite avec beaucoup de subtilité et on sent vraiment que le novice s’est affirmé (de même que Ben McKenzie en tant qu’acteur), le fait qu’il prenne le volant en est la parfaite illustration. On conserve néanmoins la hiérarchie entre les deux, et le respect qu’ils se portent mutuellement.

Chickie n’a pas cette chance et se retrouve de nouveau avec un partenaire foireux. Sa vie est à nouveau mise en danger, et comme dans le season finale Cooper et Sherman viendront à la rescousse. On souligne ici en filigrane une sorte de sexisme latent, même si leur attachement les uns aux autres reste sincère.

La série garde néanmoins quelques défauts. Si son ambition est clairement d’être réaliste, elle verse un peu trop facilement dans le spectaculaire dès qu’elle en a l’occasion. De même, si le côté relationnel des intrigues est très réussi, cela se fait au détriment des enquêtes qui ont parfois l’air d’être en trop (cette semaine, Nate et Sammy), le comble pour un cop show.

La réalisation m’a aussi paru en deçà de la saison passée. À certains moments elle était trop posée, trop plate, alors qu’à d’autres elle était presque clipesque tellement les tons étaient saturés. Mais d’un point de vue global, la forme « documentaire » est bien respectée et contribue fortement au cachet si particulier de la série.

Phase Three est un bon épisode de reprise. Southland prouve à nouveau son talent pour jongler avec aisance entre ses nombreux protagonistes, ainsi qu’une réelle finesse dans l’écriture et l’interprétation. Elle se hisse facilement au dessus de la moyenne des séries policières actuelles, au risque de parfois en avoir trop conscience. Southland vaut le coup d’œil.

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