Lydia et son nouveau partenaire enquêtent sur le meurtre d’une étudiante. Kenny et Andy sillonnent le quartier alors que Sammy et Nate s’intéressent à une maison où une fête a eu lieu la nuit précédente. John et Ben, eux, se rendent à Indian Falls pour assister aux funérailles d’un flic dont John était proche. Ils en profitent également pour rendre visite à Dewey au centre de désintoxication.

Après une multitude d’affaires la semaine dernière, les scénaristes ont décidé d’opter pour une seule enquête. Mais le contenu est chargé donc ce n’est en aucun cas un problème. Southland s’implique fortement en dénonçant les travers du monde du sport universitaire. Le propos est tellement sulfureux que les auteurs ont inventé un campus: SULA. Un mélange entre UCLA (où l’épisode a été tourné) et USC, qui correspond plus à la description donnée dans l’épisode, à savoir un beau campus dans un quartier défavorisé qui accorde une grande importance au football.

La charge contre le système universitaire est lourde, et la série laisse passer peu de choses: éducation à deux vitesses, misère sociale, drogue, mais surtout elle illustre parfaitement que dans ce milieu tout est politique (les avocats sont partout). Il y a tellement d’argent en jeu, que les responsables préfèrent fermer les yeux, voire protéger leurs précieux champions, au détriment d’étudiants qui rapportent moins.

La jeune victime s’est laissée emporter par ce monde de glamour, de clubs branchés, de champagne et de cocaïne. Tout est bon pour grimper l’échelle sociale. Là où on touche au tragique, c’est qu’elle aurait pu s’en sortir grâce à son talent pour la course. Mais le désir de s’éloigner de la pression paternelle l’aura poussée à faire les mauvais choix. La série dresse ainsi un parallèle avec le personnage de Lydia. Elle se rend compte des sacrifices que sa mère a faits pour qu’elle puisse s’en sortir, elle laisse ainsi tomber ses rancunes. L’épisode illustre parfaitement comment on peut facilement du mauvais côté de la ligne, dans une ville où les ghettos côtoient les campus prestigieux. Tout est question d’équilibre.

Lydia reçoit pour l’occasion un nouveau partenaire. Rene est éjecté sans aucune explication, et le spectateur devra se contenter des rumeurs de mésententes en coulisse. C’est la partie ratée de l’épisode, les deux interagissent de façon décontractée alors que c’est leur premier jour ensemble. D’accord, on a pas le droit à une resucée de l’acclimatation difficile, mais là pour le coup c’est un peu trop simple.

L’intrigue de John et Ben est une fois de plus un sans faute, surtout grâce à l’interprétation impeccable de Michael Cudlitz. Les partenaires assurent d’abord la partie comique, avec leur visite au centre de désintox avec un Dewey égal à lui-même. Il fait amende honorable, et les réactions de Sherman et Cooper sont à mourir de rire.

L’histoire fait ensuite un virage à 180°. Les funérailles d’un ancien ami à John sont l’occasion pour Sherman d’en apprendre plus sur son partenaire et en particulier son homosexualité. Tout est affaire de non-dits, de regards en coin. On nous épargne la révélation à coup de grand discours sur la tolérance, ou je ne sais quoi. C’est subtil, fin, ça ne prend pas les spectateurs pour des idiots, bref c’est très rafraîchissant.

Un épisode dense de bout en bout. Sherman et Cooper assurent une fois de plus la partie la plus intéressante, mais l’enquête réussit également à captiver par sa charge politique et sociale. On est déjà dans la seconde moitié de la saison, et Southland est plus efficace que jamais.

avatarUn article de .
2 commentaires