Ben patrouille tout seul pour la première fois. Parmi les affaires qui l’occupent, se trouvent une petite fille disparue et une suspicion de harcèlement. Lydia et Rene passent leur journée à aider Brianna et son bébé.  Lorsque Chickie se retrouve à patrouiller avec John, celui-ci en profite pour lui réapprendre les bases du métier de flic.

Cette semaine, l’épisode de Southland fait la part belle aux patrouilles. Le thème du jour est « on ne peut pas sauver tout le monde », et c’est Ben qui va en faire les frais. Il a trois affaires sur le dos. On commence par celle d’un garçon que son père punit parce qu’il s’est fait prendre ses baskets, maintenant suspendues à un fil électrique (bonne métaphore du propos de l‘épisode); sa punition étant de tondre la pelouse en sous-vêtements féminins! Sherman est donc confronté à un idiot fini, mais voilà il ne peut rien faire à part donner sa carte au garçon, même si son père la déchire de suite après. Une réaction très réaliste, loin des séries policières classiques.

La deuxième affaire va illustrer la « morale du jour », puisque Sherman arrive finalement trop tard pour sauver cette jeune femme harcelée par son ancien patron. Les appels inquiets de la victime jalonnent l’épisode, mais se font assez rares pour que l’on soit pris de court par la fin aussi rapide que brutale. Ben va d’ailleurs déraper en frappant le suspect. C’est tout de même sa première fois en solo, et avoir autant de pouvoir d’un seul coup peut vite monter à la tête.

D’autant plus que le jeune policier était grisé par sa réussite sur son autre affaire du jour. En effet, il parvient à retrouver la fillette autiste qui avait disparu. Sur cette enquête, il donne un peu l’image d’un super-héros, heureusement les autres affaires permettent de nuancer tout ça, comme le dit Cooper: « We live in the grey ».

L’instructeur fait d’ailleurs office de grand sage, dans cet épisode encore plus que d’habitude. Il se charge de la « formation » de Chickie. Là où Sherman commençait à devenir son égal, Chickie semble suivre le sens inverse, elle a régressé en tant que flic. John ne se prive pas pour lui faire remarquer, il lui dit ses quatre vérités. Il est dur, mais pas injuste. Il est très pertinent lorsqu’il parle du métier de flic comme d’une aptitude périssable. Comme toujours dans leur relation, il y a un subtext sexiste sous-jacent, c’est malheureusement très réaliste.

Chickie va faire de gros progrès au cours de l’épisode, pour arriver à se faire obéir des suspects. Mais Southland n’est décidément pas un cop show comme les autres, et les scénaristes ne nous la jouent pas transformation magique en une journée: lors de sa dernière fouille, la flic oublie une arme sur le suspect.

On voit quand même des enquêteurs, puisque Lydia et René reviennent sur le cas de Brianna, dont le bébé avait été retrouvé abandonné dans un carton (1.02 – Mozambique). C’est l’occasion de revoir brièvement Russell. Ça commence d’ailleurs par une scène de rêve déstabilisante compte tenu de la forme documentaire de la série. Il semble qu’à mesure que les anciens partenaires s’éloignent, Lydia et René se rapprochent. Ils peuvent se faire des blagues potaches, ou s’appeler « honey » devant une vendeuse. L’affaire de l’ado qui s’est écrasé dans une piscine vide en est la preuve: leurs avis divergent, mais René s’en remettra finalement au jugement d’Adams.

Les flics ne sont pas des super héros. Southland part d’une idée de départ plutôt commune et la sublime, comme d’habitude. Les personnages sont fouillés, les dialogues travaillés et on a même le droit à une métaphore visuelle bien trouvée: que demander de plus ?

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