Spartacus: Vengeance – Sweat, Sex and Swords (Saison 2)

Spartacus, échappé de la maison des Batiatus en compagnie de Crixus et des autres esclaves, emmène ses troupes en lieu sûr, et prépare sa vengeance afin de tuer celui qui a assassiné sa femme : Claudius Glaber. Celui-ci est d’ailleurs nommé pour retrouver l’esclave en fuite, et investit le Ludus. Mais il va découvrir que quelqu’un a survécu au massacre organisé par Spartacus.

Nouvelle saison de la franchise Spartacus, 2 ans après la première. Rappelons que le tournage avait été retardé à la suite du décès du comédien originel Andy Whitfield. Le nouveau Spartacus, au-delà de son talent ou  non, devait continuer à faire tourner cette série dans sa rythmique habituelle, et élever ses ambitions. Au vu de ces 10 épisodes démentiels, la clique de Steven DeKnight a réellement enclenché la seconde. Soyez préparés, Spartacus: Vengeance nous promet de la sueur, du sang et des larmes, et nous en délivre plus que de raison.

Nous poursuivons donc les aventures de l’esclave rebelle. Après son carnage dans la maison des Batiatus, Spartacus et sa bande de bagarreurs terrorisent les alentours de Capoue. Maintenant devenus fugitifs et vivant dans des égouts, tout ce petit monde survit comme il peut et avec les moyens du bord. D’emblée, ce Vengeance pose la question de la liberté et de sa définition. En étant maltraités mais nourris, en étant objets mais protégés, ces hommes et femmes n’étaient-ils finalement pas plus heureux quand ils étaient esclaves? Et cette liberté nouvellement acquise en est elle une vraiment, à la merci de la faim et des troupes romaines à leurs trousses ? Bon, Spartacus étant ce qu’elle est, à savoir une bonne grosse série B, les réponses importent au final moins que le déferlement de violence que le show nous propose. Cependant, sur ce volet disons plus « intellectuel », Vengeance montre assez finement la transformation de Spartacus, qui doit devenir rapidement le leader incontesté de la lutte contre l’oppresseur romain. En proie au doute, à la solitude et aux dissidences de son armée propre à n’importe quel chef, le guerrier Thrace mènera sa barque contre vents et marées, entouré par de fidèles lieutenants (Agron, Crixus, Oenomaus).

Ce qui nous amène forcément à parler du successeur d’Andy Whitfield. Lors de sa première saison, Spartacus devenait un gladiateur adulé, mais devait rester esclave pour mener à bien son objectif. Whitfield faisait alors le boulot, sans éclats ni merveilles. Ian McIntyre, le remplaçant, devait pouvoir élever le jeu, à mesure que Spartacus deviendrait le chef de meute d’une bande d’outsiders prêts à en découdre avec l’Empire Romain. Muscles toujours aussi saillants et détermination toujours aussi affirmée, il réussit cependant en un épisode à dépasser son prédécesseur. Mâchoire moins serrée,  plus de sagesse et d’intelligence dans ses yeux, ce nouveau Spartacus nous donne ce qu’on n’osait pas attendre d’une série comme celle-là : un peu de jeu d’acteurs. Si les 10 épisodes essayent de nous faire passer des réflexions sur la liberté, le pouvoir, ou la démocratie pour des leçons de philo, elle le fait souvent avec des dialogues directement importés des années 80, servis par des interprètes plus nourris à Dolph Lundgren qu’à Christopher Walken.

Car admettons-le une bonne fois pour toutes : Spartacus, c’est nul, et c’est pour ça qu’on regarde. Pour cet objet moche et fascinant à la fois, enchaînant à la vitesse de l’éclair une scène de fornication dans une auberge miteuse avec un passage  de bastons à se renverser de son fauteuil. Côté hémoglobine, ceux qui en voulaient plus que dans Blood and Sand et Gods of The Arena vont être servis, on reste bouche bée devant les hectolitres versés à chaque épisode. Le show se fait plus grandiloquent que jamais, et le plaisir (coupable, évidemment) décuple. Il n’y a pas un combat qui n’ait pas son intérêt, ponctué bien sûr par la séquence de l’arène (2.05 – Libertus), sans doute un des plus gros morceaux de décadence de l’année. 15 minutes de folie pure, ni plus ni moins.

On pourrait faire un article rien que sur ce passage, mais il empêcherait d’évoquer quelques autres de la (presque) même envergure, la séquence d’échange (2.08 – Balance) et bien entendu les vingt dernières minutes de la saison, préparant la confrontation entre Spartacus et Glaber.

Au-delà de ses prétentions graphiques, clairement plus élevées, Vengeance va aussi travailler son ambition narrative. C’est l’occasion de voir quelques retours en grâce comme Gannicus, Naevia ou  le perfide Ashur. Mais là ou la saison surprend, c’est dans sa propension à mettre le couteau sous la gorge à n’importe lequel de ses protagonistes, et à s’en débarrasser si nécessaire. Rarement un show n’avait autant joué avec nos nerfs, prenant un malin plaisir  à suspendre le destin de quelques-uns (et pour certains plus d’une fois, n’est-ce pas Ashur ?). La fin, particulièrement efficace en termes d’hécatombe, laisse entrevoir une prochaine saison fraîche, avec une ribambelle de nouveaux personnages venus rejoindre les rangs de Spartacus avec les Légions de Rome lancées à ses sandales. C’est aussi en s’ouvrant hors des murs de la maison Batiatus que Spartacus: Vengeance déploie tout son potentiel scénaristique. La forêt, le volcan, la maison de Lucius, ces quelques endroits de fortune permettent d’aérer l’histoire et de lui donner une direction, ou une absence de direction, plongeant ainsi le groupe d’esclaves rebelles dans des périodes d’insécurité.

On pouvait s’attendre à une suite dans la même lignée que ses deux précédentes moutures, mais Spartacus: Vengeance est donc, contre toute attente, largement supérieure. Plus visuelle (comprenez plus crade), moins bas du front (tout en gardant les délices du spectacle bête et méchant), mieux jouée, cette saison 2 est, dans son genre bien évidemment, une très belle réussite.

Aller plus loin …

– Lire toutes les critiques de Spartacus.
– Lire le bilan de Spartacus : Blood and Sand.
– Se procurer Spartacus : le sang des gladiateurs (Blood and Sand), disponible en DVD et Blu-ray.
– Lire le bilan de Spartacus: Gods of the Arena.

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