Speechless Pilote

Quand on regarde l’offre ABC au rayon comédie, cela ressemble à un seul et même produit décliné en plusieurs couleurs – certaines ternissent d’ailleurs un peu à présent. Nous avons en tout cas de la sitcom familiale pour tout le monde. Du moins, à partir d’aujourd’hui, c’est encore plus vrai. Speechless couvre en effet les familles avec un enfant souffrant d’une maladie handicapante.

Cette création de Scott Silveri nous entraine ainsi auprès des DiMeo. Nous avons la mère Maya (Minnie Driver) qui veut trouver l’environnement parfait pour son ainé, J.J. (Micah Fowler). Ce dernier est affecté par une infirmité motrice cérébrale et ne peut pas parler, en plus d’être obligé de se déplacer dans un fauteuil roulant. Maya décide alors de déménager pour que son fils puisse rejoindre une école qui propose une aide inédite. J.J. peut enfin avoir une personne qui l’accompagne et lui prête sa voix.

Sans surprise, Speechless ressemble à une comédie ABC dans la forme, mais elle impose immédiatement sa propre dynamique, en grande partie grâce à Minnie Driver qui déborde d’énergie et est simplement exubérante. Si elle devient rapidement fatigante, le reste des DiMeo ne manque pas de ressources, en particulier J.J. et son père Jimmy – John Ross Bowie est très bon, mais un peu sous-employé dans ce pilote.

L’intérêt de la série est clairement de montrer en prime time sur un grand network le quotidien peu représenté d’une famille comme il en existe tant. Vivre avec un enfant malade transforme les parents, mais aussi les autres enfants et cela se présente ici comme étant l’un des sujets forts que le show se proposera de couvrir en priorité. L’humour se trouve cependant dans les situations avec le monde extérieur et, dans ce premier épisode, certaines scènes fonctionnent réellement bien à ce niveau.

Pas toutes cela dit, car si se moquer de l’absurdité découlant du comportement de personnes en faisant trop pour paraitre ouvertes est souvent hilarant, Minnie Driver finit par devenir étouffante. Heureusement, la seconde moitié de ce pilote la place légèrement en retrait pour exposer d’autres dynamiques familiales qui ont un réel potentiel.

Dans ce sens, Scott Silveri a clairement de bonnes bases pour faire que Speechless se démarque réellement dans le fond. Dans la forme, cela risque d’être plus difficile, car la pâte ABC est bien visible et tend à formaliser l’ensemble. L’important est de toute façon que le scénariste fasse passer son message et que les spectateurs puissent rire en regardant sa série.

Pour l’instant, Speechless répond à ces attentes et, si elle parvient à conserver sa petite touche excentrique, elle pourrait bien avoir de l’avenir. Son plus gros challenge est certainement pour le moment de ne pas encourager Minnie Driver à trop en faire.