2013. Londres a été évacué suite à une bombe nucléaire. Les services secrets se reconstruisent, et le MI-5 a six jeunes nouvelles recrues. Pour sa première mission, Charlie Green doit empêcher l’assassinat du premier ministre.

Spooks, ou MI-5 chez nous, est devenu rapidement une référence, à l’origine d’un renouveau télévisuel dans le monde des séries anglaises, réputée pour sa qualité artistique, son réalisme, et sa capacité à ne pas avoir peur de changer les règles du jeu.

BBC décide donc de se servir d’un produit qui a déjà fait ses preuves pour essayer à l’évidence de lancer une franchise, et d’offrir une version plus jeune du show d’espionnage. Au visionnage, c’est exactement le sentiment que l’on a, Spooks : Code 9 est une sorte de copie de son modèle adulte, avec forcément bien moins de saveur.

Ce premier épisode nous met en place le contexte : nous sommes en 2013, futur proche, une bombe nucléaire a explosé sur le sol anglais, entrainant un grand bouleversement. Il faut reconstruire les services secrets. Hannah, ayant été agent du MI-5, se retrouve à la tête d’un bureau où elle engage de nouvelles recrues. Chacune avec, s’il vous plait, son style et son caractère.
Rachel Harris a 24 ans. Elle était policière avant la bombe. Elle veut donc servir son pays.
Rob Sullivan a 24 ans. Il faisait des études de médecine, mais ce n’était pas pour lui. C’est l’alpha male de l’équipe.
Jez Cook est un ancien criminel de 23 ans, toujours dans l’espoir de retrouver sa famille encore en vie.
Kylie Roman suivait des études de psychologie, mais à 22 ans, dans un monde dévasté, autant se faire recruter.
Vick Kamath rejoint le MI-5, du haut de ses 25 ans, par opposition familiale.
Charlie Green est la dernière recrue. 22 ans. Mathématicien. Il arrive sur le terrain en même temps que le spectateur.

Le premier épisode ne va pas tarde à nous montrer que, comme sa maman, Code 9 n’aura aucun problème a éliminer les joueurs de la partie. L’affaire qui nous occupe durant l’épisode est une entrée en matière convenable, assez simple à suivre, loin des scénarios un peu tordus qu’on a pu voir dans Spooks, et qui essaie au passage d’exploiter son background. C’est un des défauts principaux du show. On aurait pu espérer que dès le départ, les scénaristes allaient tenter de marquer leurs différences, mais non. D’abord, les protagonistes manquent un peu de conviction, et nous rappellent quelque peu certains agents que l’on a déjà connu, avec forcément moins de charisme. Charlie est celui qui sort légèrement du lot, cela étant assez logique vu qu’il se révèle être rapidement le héros, et prend sans difficulté de l’ascendance sur tout le monde. Le décor n’est pas franchement exploité. A l’exception d’une ou deux scènes (dont celle où Jez va se renseigner pour sa famille), nous n’avons pas trop idée de ce à quoi ressemble Londres de 2013, comment les gens vivent ou survivent, la situation économique du pays, qu’on fait le reste du monde ? Bref, vous l’aurez compris, il n’y a pas de développement autour de l’explosion. Cela n’est pas franchement solide, et la mission aurait pu être confiée à une équipe du MI-5 de 2008. À cause de l’âge des protagonistes, qui est la marque de fabrique de la série, on valse entre un monde d’adulte assez sombre, et des parties de bac à sable, comme si ces jeunes avaient besoin d’une dose d’adrénaline. Le ton n’est donc pas totalement trouvé, nous sommes dans un monde adulescent à moitié maitrisé, difficile à crédibiliser vu le contexte.

La caméra bouge vite, quelques effets flashy, des techniques que l’on connaît bien pour donner un style à la série, similaire à Spooks. Ce spin off va avoir besoin de faire des progrès pour se séparer de l’ombre de celle qui lui a donné le jour. Pour ce faire, on offre dès les débuts, une intrigue qui risque de s’étaler sur la saison. Mais, il va falloir faire plus pour convaincre le spectateur que la série vaut le coup.

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CaroleC
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