Les débuts de Stalker introduisent une série limitée par sa formule

11 Nov 2014 à 16:15

Maggie Q et Dylan McDermott dans Stalker

CBS semble toujours à l’affût d’une nouvelle série policière qui se démarque sur papier par son concept, mais qui est dans la mise en pratique aussi formatée que la majorité de ses autres programmes. Il y des variations dans le ton en fonction du sujet, mais à chaque fois, il en ressort un produit délivrant une formule stricte qui bloque son potentiel épanouissement.

La chaine peut souvent au moins compter sur ces têtes d’affiche pour attiser un minimum la curiosité, comme c’est en partie le cas avec Maggie Q. dans Stalker. Après avoir joué à l’espionne dans Nikita, l’actrice incarne maintenant Beth Davis, une femme avec un sombre passé qui dirige la Threat Management Unit à Los Angeles – ou la TMU –, soit le département de police qui gère les affaires de harcèlement.

Pour la petite note historique, cette division a été créée en 1990 après le meurtre de l’actrice Rebecca Lucile Schaeffer, qui fut donc traqué et tué par un fan obsédé. Beth prend quand même le temps dans le pilote pour nous fournir des statistiques pointant du doigt que le stalking est tragiquement pratiqué par n’importe qui et touchant tout le monde – mais plus les femmes que les hommes.

À partir de là, Stalker nous plonge à chaque épisode dans des affaires en tous genres, où le stalking prend des formes différentes, mais menant le plus souvent à des actes de violence. Quoi qu’il arrive, tout se construit sur une obsession malsaine, avec Beth travaillant avec son équipe pour cerner le coupable et l’arrêter avant qu’il ne soit trop tard.

Le sujet est naturellement angoissant, et il est alors étonnant de constater que Stalker parvient si peu à jouer avec cette peur si primaire qui découle de n’importe quelle forme de harcèlement – qu’elle soit physique ou psychologique. En fait, il est presque regrettable que le créateur Kevin Williamson et ses scénaristes ne prennent pas plus de temps pour établir à quel point le département joue sur une fine ligne légale, dû à la difficulté de prouver quoi que ce soit dans certains dossiers. Cela est dit, mais n’est clairement pas suffisamment montré. Ce n’est pas que les affaires ne dévoilent pas la nature tordue du stalker, c’est qu’elles se reposent plus sur le passage à l’acte que sur la pression insoutenable qui peut être exercée sur quelqu’un qui est traqué.

C’est dommageable à Stalker qui s’attaque à un sujet qui mérite largement d’être creusé. Dans un monde où les réseaux sociaux et autres évolutions technologiques facilitent l’accès à l’information et à l’intimité d’autrui, il y avait une opportunité à saisir pour ne serait-ce qu’informer tout simplement sur les risques quotidiens. Au détour de quelques conversations, Beth est aussi là pour tenter de pousser les victimes à dépasser ce statut pour qu’elle reprenne le contrôle, mais là encore, les scénaristes restent à la surface. Le fait est que la perception de la société, avec la crainte du regard porté par autrui, limite les actions de ceux qui sont harcelés, sans oublier les séquelles psychologiques. Des sujets que l’équipe scénaristique n’a faits qu’effleurés sans donner signe qu’elle comptait vraiment les creuser. Cela est utilisé avant tout pour servir leur histoire, et non pour développer des problématiques sensibles et importantes.

Du coup, ce qui aurait pu aider Stalker à se distinguer des autres séries policières de son genre n’est finalement pas employé ou mis en avant. Il en découle des épisodes formatés qui pourraient trouver leur place dans un autre du genre de la chaine. Reste alors ses personnages qui s’affirment un peu plus à chaque épisode, même si chacun est déjà cantonné à un rôle bien trop défini. Les développements plus personnels pour Beth Davis et son collègue Jack Larsen (Dylan McDermott) attisent plus ou moins la curiosité, en offrant une variante sur le sujet du stalking, malgré une intégration souvent malhabile (voir redondante pour Jack) dans la narration.

Cela parait aussi surtout là pour fournir des fils rouges et créer des accroches avec les personnages principaux, sorte de pré requis pour un show de nos jours, mais dont la viabilité dans le temps est toujours discutable.

En attendant, Stalker possédait un sujet aussi angoissant que pertinent, mais passe quelque peu à côté dans son début de saison. La série déroule ses investigations de la manière la plus classique qui soit au lieu de pleinement exploiter les particularités des crimes qui occupent la TMU.

Tags : Stalker Maggie Q moins...
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