Stan Against Evil

Avec une série arborant le titre Stan Against Evil, il est difficile de ne pas commencer par faire la connexion avec Ash Vs Evil Dead. Cela ne s’arrange pas quand on découvre que c’est l’histoire d’un vieux shérif grincheux fraichement mis à la retraite qui doit tuer les démons et autres sorcières qui polluent son existence.

Cela dit, cette création de Dana Gould n’a ni les moyens ni les bagages de la franchise Evil Dead et cela impose immédiatement des limites qui font de la série quelque chose de différent. Malgré tout, la comparaison ne joue pas en sa faveur et il est impossible de ne pas la faire.

Une fois que l’on a fait la paix avec tout cela, après 1 ou 2 épisodes, Stan Against Evil se révèle être une comédie horrifique qui a des choses à offrir. Déjà, si l’on pouvait penser que Stan Miller (John C. McGinley) serait le cœur de la série, ce n’est pas totalement le cas.

L’histoire débute avec l’arrivée d’Evie Barret (Janet Varney) à Willard’s Mill, une petite ville de Nouvelle-Angleterre où Stan était le shérif. Evie le remplace et découvre sans tarder qu’elle est prise pour cible par des sorcières à cause d’une vieille malédiction. D’ailleurs, Stan est le seul shérif à avoir atteint la retraite, les autres ayant tous été massacrés. La raison derrière cela était la femme de Stan qui passait ses nuits à tuer des sorcières pour le protéger. Désormais décédée, elle ne peut plus rien faire pour lui.

Stan et Evie ne deviennent pas un duo de tueurs de créatures démoniaques. En fait, tout ce qu’il veut, c’est qu’on le laisse boire sa bière devant sa télévision. Il a perdu son travail et sa femme, il ne lui reste plus grand-chose et compte en profiter. De son côté, Evie prend donc les commandes et s’impose alors comme étant le réel moteur de la série. Stan est le sidekick réticent, mais un bon atout comique.

Chaque épisode, une sorcière ou un démon quelconque fomente un plan pour éliminer Evie et/ou Stan. Ils finissent par réaliser ce qu’il se passe et cela se termine en général dans une explosion d’hémoglobine.

La recette est simple et la mise en scène sans prétention. Stan Against Evil n’est définitivement pas une série qui en met plein la vue, mais elle se rattrape avec quelques idées intéressantes, un humour qui s’affine progressivement et un certain décalage qui ne manque pas de charme.

La dynamique entre Janet Varney et John C. McGinley est cependant ce qui fonctionne le plus. L’emploi de l’occasionnellement supportable Denise (Deborah Baker Jr), la fille de Stan, fait également des étincelles que l’écriture lui en fournit l’opportunité. Les personnages restent néanmoins développés de façon superficielle, mais les acteurs leur donnent malgré tout une dimension qui les rend attachants.

On pourrait d’ailleurs conclure que Stan Against Evil n’est peut-être que l’ombre de la déjantée et réjouissante Ash Vs Evil Dead, mais on peut s’investir dedans assez aisément, en particulier si l’on apprécie les comédiens qui font donc tout le show ici. Le résultat est dans son genre relativement anecdotique, mais cela donne tout de même une comédie horrifique honorable au vu de ses moyens et de ses ambitions.