Stargate Atlantis - saison 4 / Bilan de saison

Un retour totalement objectif sur la saison qui vient de passer s’avère quasi impossible. Depuis ses débuts, Stargate Atlantis vit dans l’ombre de sa série mère, et, avec l’arrêt de cette dernière, et l’arrivée du Colonel Samantha Carter (Amanda Tapping), on aurait pu croire que l’indépendance était arrivée. Malheureusement, il faut bien dire que le sentiment de nostalgie sera plus présent, et un regard vers SG-1 est suffisant pour se rappeler la supériorité de la série.

Encore une fois, on commence la saison avec le sentiment d’être floué. On finira par le perdre, car on aura réalisé que c’était encore des mensonges. L’objectivité n’est pas le fort de l’équipe de Stargate Atlantis, et la promotion n’aide pas. Alors, on promet aux téléspectateurs du mouvement, des changements. On avait quitté l’équipe perdue dans l’espace, sans moyens de retour. Le départ du Dr. Weir (Torri Higginson), remplacé par Carter devait changer la dynamique. Les évènements devaient avoir une véritable incidence sur la série. On pourra toujours les attendre, et il faut bien dire que l’on finit toujours par atteindre ce point où l’on est fatigué d’être pris pour des idiots. Alors, la cité se reposera sur une planète d’eau, et notre équipe pourra repartir vivre ses aventures, inspirées de SG-1 ou autres, cela est sans importance.

L’un des grands défauts de la série est son incapacité à offrir à chacun la place qu’il lui revient. Si David Hewlett lui-même en est venu à faire des blagues sur le fait que McKay était l’éternel sauveur d’Atlantis, cela n’est pas véritablement anodin. Cette année, le docteur est un peu mis de côté, sans pour autant être bien. Rodney McKay étant l’un des caractères les plus forts de la série, elle s’affaiblit en le mettant à l’arrière-plan. Comme l’année dernière, Ronon Dex (Jason Momoa) aura droit à son épisode, d’assez bonne qualité, pour après le laisser quasiment en mode pause pendant une bonne partie de la saison. Le choix scénaristique pris la saison dernière sur la place de Ronon, c’est-à-dire qu’il n’est là que pour tuer du méchant, était une assez bonne initiative, et permettait enfin au personnage de trouver sa place dans le décor. L’incapacité à l’utiliser plus régulièrement est par contre décevante. Un peu plus loin dans la saison, il aura droit à une confrontation inutile avec Teal’c. Un épisode qui ne doit évidemment sa popularité qu’à la présence de Christopher Judge, pas particulièrement inspiré pour l’occasion.

Le retrait des uns permet la mise en avant d’autres. Alors, tandis que le Colonel Carter se révèle n’apporter strictement rien à la série, ne se contentant que de faire ce que faisait Elizabeth Weir, c’est Teyla (Rachel Luttrell) qui se voit occuper plus le devant de la scène. Personnage plus souvent au second plan qu’au premier, la grossesse de l’actrice lui a offert une intrigue. Oui, car il faut le dire, les scénaristes ont considéré que l’arrêt de Stargate SG-1 allait leur offrir le temps de développer les personnages dans Atlantis. 3 saisons plus tard. Si on passe sur le fait que de telles paroles ne devraient jamais être prononcées, ses simples mots sont suffisants pour comprendre le problème. Cette année, il était donc question d’offrir à Teyla des lignes de dialogues. On lui invente un amoureux dont on ne sait rien, dont on n’a jamais entendu parler, et voilà Teyla prête à devenir maman, mais qui se doit d’abord de savoir où est passé son peuple, disparu, et avec le grand et mystérieux amour de sa vie. Difficile d’adhérer à une histoire qui n’a pas de passif.

L’ajout de poids de cette saison sera sans aucun doute le docteur Jennifer Keller (Jewel Staite). Après avoir, pour une raison obscure, fait disparaître le docteur Carson Beckett (Paul McGillion), un nouveau médecin s’installe sur Atlantis. D’abord temporaire, le Dr. Keller va rester et trouver une véritable place. La fraicheur du personnage permettra de créer de nouvelle dynamique avec les membres de l’équipe d’Atlantis.

Au milieu de tout ça, des Wraiths, des Réplicateurs, des Genii et des Travelers. Et Michael. Le premier est une constante de la série, dont l’évolution laisse perplexe. L’introduction de Todd, Wraith qui s’alliera à Atlantis, quand il en besoin, en est la preuve vivante. Si l’idée est intéressante, on reste quand même étonné que des êtres dont la nourriture de base est l’homme, comprennent sans trop de difficulté la technologie humaine, ou autre. La difficulté est donc évidente : les scénaristes n’ont pas donné aux Wraiths leur propre évolution, mais l’ont rattaché comme d’habitude, par facilité scénaristique ou fainéantise, à la nôtre. Cela fait des années qu’on passe sur le fait qu’un Dell se connecte à la technologie des Anciens, à des cristaux, on peut faire l’impasse sur une histoire encore injustifiée et inexpliquée. Il n’empêche, les Wraiths sont le symbole même de ce qu’il manque à la série : une vraie mythologie.
Pour compenser, pourquoi ne pas reprendre ce qu’on a déjà usé dans SG-1 ? Nous voici donc avec des Réplicateurs. On ne s’étendra pas plus sur ce qui était, au départ, une mauvaise idée.
Les Genii furent les deuxièmes ennemis d’Atlantis, et une très bonne idée. Aujourd’hui, ils ne sont qu’une excuse qu’on utilise à l’occasion. Pourtant, le potentiel est encore présent, et c’est donc dommage de voir tout ceci gâcher par un manque de développement évident.
Les Travelers sont l’ajout de la saison. Présent dans seulement 2/3 épisodes, c’est surtout avec Sheppard qu’ils évoluent. De ce peuple qui vit sur les vaisseaux, c’est surtout leur chef que nous verrons, Larrin (Jill Wagner). Son duo avec John apporte un peu d’amusement, et se révèle très efficace. Leur introduction est à la hauteur, et les possibilités qui peuvent en découler, si les scénaristes daignent s’y intéresser, sont importantes. On souhaite donc à ce peuple de réellement trouver sa place dans l’univers de Pegasus, et de ne pas finir comme les Genii.
On termine le petit tour par le retour de Michael (Connor Trinneer). L’initiative est à noter : Atlantis a créé son plus grand adversaire, et les Wraiths leur plus grand ennemi en le rejetant. Michael a des plans, et il compte assurément faire payer tout le monde. Le fond de l’histoire se révèle bien moins plaisant. On a le sentiment de constamment rester à la surface et qu’aucun approfondissement n’a lieu. Aucun véritable risque n’est pris, et on regrette alors la prévisibilité des évènements qui découle de cette histoire. Au cœur du cliffhanger de la saison, le suspense n’est pas réellement à son comble, car on connaît déjà une bonne partie de la conclusion.

Cette saison 4 de Stargate Atlantis ne répond pas réellement aux exigences – pourtant pas véritablement élevé – que l’on a envers la série. Aucune des promesses faites sur l’évolution de la série ne s’est réalisée, et Stargate Atlantis ne s’est pas plus détaché de SG-1 qu’avant. L’arrêt de la série mère n’a donc pas permis à Atlantis de réellement s’épanouir, et cela n’a fait que pointer en avant les défauts. La saison bénéficie de bons épisodes indépendants (Reunion, Travelers, Tabula Rasa, Trio), mais a du mal à réellement tenir l’allure quand il s’agit d’offrir des épisodes sur les Wraiths ou les Réplicateurs. Il y a quand même quelques bonnes surprises, et encore l’envie de suivre les aventures d’Atlantis.

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CaroleC
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