Stranger Things Saison 2 : Il faut encore sauver Will

Il serait réducteur de dire que la première saison de Stranger Things a été un succès comme un autre pour Netflix. Lancée presque trop discrètement au cœur de l’été 2016, elle a tranquillement conquis son public avec son patchwork nostalgique. Cette rencontre entre Stephen King et Steven Spielberg était presque trop assumée pour laisser de la place pour l’originalité, mais cela fonctionna.

Quinze mois plus tard, lancée cette fois en fanfare, la saison 2 est finalement là et elle tient sa principale promesse, elle continue l’histoire des jeunes aventuriers de Hawkins. À l’origine, il était question que Stranger Things soit une anthologie. Ce n’est donc pas ce qui s’est produit et cela se sent. Reprendre les mêmes et recommencer n’est pas évident quand la première saison bouclait le plus gros de l’intrigue.

Nous revoilà ainsi un an plus tard. Eleven (Millie Bobby Brown) a disparu ; Will (Noah Schnapp) a des visions de plus en plus dérangeantes ; Dustin (Gaten Matarazzo) s’est transformé en Eric Cartman ; tout ne va pas forcément très bien entre Nancy (Natalia Dyer) et Steve (Joe Keery) ; les parents de Mike sont toujours à côté de la plaque ; Joyce (Winona Ryder) est moins hystérique, en grande partie grâce à Bob Newby (Sean Astin) avec lequel elle développe une relation de plus en plus sérieuse. La vie a continué et une nouvelle équipe du gouvernement est là pour gérer la faille donnant sur l’Upside Down.

Naturellement, cette dernière n’est pas aussi contenue qu’on pouvait le penser, Eleven n’a pas réellement disparu et Will est une fois de plus en danger. Nous voilà repartis pour 9 épisodes de mystères, de monstres et de références pop en tout genre et à toutes les sauces possibles.

Enfin, puisque l’on parle d’une saison 2, Stranger Things introduit quelques nouveaux personnages dont la majorité ne servira pas à grand-chose.

À quelques exceptions près, les éléments inédits apportent peu à la série. Les scénaristes savent combien le public s’est attaché aux habitants de Hawkins et ils ne sont pas prêts à en laisser un en arrière pour faire de la place pour du neuf. Cette saison 2 souffre alors du fait qu’une bonne moitié d’entre eux peine à justifier leur présence.

C’est particulièrement le cas avec Eleven qui est maintenue à la périphérie de l’intrigue centrale jusqu’au dernier moment — ou encore avec Nancy et Jonathan (Charlie Heaton) qui vivent leurs propres aventures devant les mener à réaliser leurs sentiments l’un pour l’autre. Le pire est peut-être Billy (Dacre Montgomery), le demi-frère violent de la jeune Max (Sadie Sink), nouvelle amie de Lucas (Caleb McLaughlin) et Dustin, qui n’apportera vraiment rien à l’intrigue.

Billy est le bully cliché des ‘80s, mais contrairement aux éléments qui peuplent les décors ou la soundtrack parfois envahissante, il n’aide pas à entretenir l’ambiance de l’époque qui doit nous rendre nostalgiques. Au contraire, il est l’expression du problème créatif de cette saison 2.

À chaque fois que Stranger Things semble sur le point de livrer quelque chose de véritablement original, on se retrouve avec une sensation de déjà vu qui devient obsédante à la longue. Les scénaristes apparaissent être inconsciemment prisonniers du matériel qu’ils recopient. Pour eux, cela fait partie de la formule et ils sont bien souvent trop préoccupés par insérer des clins d’œil référentiels pour réaliser que cela ne sert pas leur intrigue.

On a alors le droit à un peu plus de Spielberg et de King. On nous ajoute du Aliens, une pointe de The Exorcist, du retrogaming, du Gremlins, une dose notable de John Carpenter et plus encore. La liste s’allonge, mais il est toujours question de simplement sauver Will et de stopper le monstre venu de l’Upside Down. La menace est juste plus grosse, car il s’agit d’une suite et les frères Duffer voient leur série comme étant l’équivalent d’un blockbuster hollywoodien. Par conséquent, ils ont suivi le schéma classique. On répète, on injecte une variante ou deux et les explosions se doivent d’être plus conséquentes.

En bout de course, Stranger Things délivre une intrigue qui tient la route. Elle reprend les personnages que l’on a aimés en saison 1 et construit vaguement une excuse pour justifier qu’ils revivent une terrifiante aventure. C’est ce que l’on espérait avoir. Par contre, pour tout faire tenir ensemble, les scénaristes se cachent encore plus derrière leurs dérives référentielles comme si elles étaient déterminantes pour le succès de la série. Au lieu de les réduire et de construire quelque chose de frais, ils augmentent la dose, mais tentent tout de même d’être moins évidents dans leur utilisation.

Cette saison 2 n’est pas une suite sans intérêt quand on a été séduit par la première saison, mais elle n’apporte rien de plus que quelques heures supplémentaires qui ressemblent par moment à un simple bonus et non à une histoire à part entière. Le résultat divertit, mais est proche de l’anecdote.

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