Stranger Things Saison 3 : Souviens-toi de l’été 85

11 Juil 2019 à 12:00

Quand un de ses plus gros succès est de retour, Netflix fait tout pour créer l’évènement et c’est peut-être pour cela que la saison 3 de Stranger Things ressemble plus que jamais à un blockbuster estival contemporain qui mise sur l’action, l’aventure et quelques lignes de dialogues mémorables, mais pas vraiment sur plus.

Nous revenons à Hawkins au milieu de l’année 1985, soit plus d’un an après les évènements de la saison 2. Tout le monde est retourné à une vie normale après qu’Eleven a fermé le portail menant à l’Upside Down. Néanmoins, les Russes (?!?) cherchent à présent à rouvrir la porte et cela permet au Mind Flayer de commencer à se reconstituer en trouvant des hôtes pour accomplir sa tâche. Il ne faut pas longtemps pour que Mike, Lucas, Dustin, Eleven, Will, Max et les autres se retrouvent à devoir faire face à cet ennemi et plus encore.

Comme toujours, les frères Duffer puisent dans la pop culture de l’époque pour construire leur récit. Cependant, l’intrigue se compose cette fois de références au milieu desquelles les personnages évoluent et non plus l’inverse.

Après deux saisons qui ont fait le tour de la question, les Duffer paraissent ne plus rien avoir à raconter de substantiel et s’amusent donc à créer un patchwork pop qui n’a pas toujours un sens. On peut imaginer que, dans la writers’ room, les choses ont été assez simples : et si on mettait un Terminator ? Pourquoi ne pas s’inspirer de The Thing ? Day of the Dead ? Invasion of the Body Snatchers ? Et de Fast Times at Ridgemont High ! Quel plan iconique de Jurassic Park n’avons-nous pas encore utilisé dans la série ? Savez-vous quel film est sorti en 1984 ? Red Dawn ! Quels étaient les tubes de l’été 85 ? Quel placement de produits de l’époque pourrait encore être lucratif aujourd’hui ? Pourquoi ne pas engager le mythique Dread Pirate Roberts pour être le maire corrompu de Hawkins ? Et… et… un centre commercial ? C’est ce que l’on appelle une bonne dose d’Americana.

Tout est en place pour nous offrir une critique du reaganisme et il y a même quelques éléments qui vont dans ce sens au point de départ, mais cela était encombrant. Ici, il faut livrer aux spectateurs ce qu’ils demandent et monter le volume à 11.

Les frères Duffer parraissent être plus que jamais motivés par l’idée de transformer la nostalgie en bons gros dollars en essayant clairement de reconnecter à une forme d’innocence qui n’a pas trop sa place dans l’approche créative qu’ils ont choisie. C’est une des raisons pour lesquelles la saison 2 n’a pas su retrouver la magie de la première, et cela est toujours un problème en saison 3. Moindre tout de même, car les scénaristes semblent avoir simplement abandonné les efforts sur certains plans.

Par exemple, si Stranger Things n’a pas un brin d’originalité dans son ADN, il n’est plus question de chercher à faire croire le contraire. Cela nous mène à des pans entiers de la saison qui frôlent la parodie (le Russe qui se la joue Schwarzie à la recherche de Sarah Connor), voire l’autoparodique (la performance de David Harbour qui donne l’impression que Winona Ryder est calme en comparaison).

Les frères Duffer se focalisent plus que jamais sur la reconstitution d’une époque qu’ils étaient trop jeunes pour connaitre — et en font trop — et ajoutent par-dessus cela une trame dramatique répétitive qui s’égare régulièrement. La gestion du temps est assez approximative, car l’idée est d’avoir plusieurs intrigues simultanément tout en laissant à chacune l’espace nécessaire pour respirer. Cela aboutit à des passages qui ressemblent à des digressions en attendant que l’une des autres storylines nous mène à un cliffhanger.

La force de Stranger Things repose sur certains de ses personnages – Dustin, Steve, Robin et Erica en tête, mais aussi Max qui a plus de jugeote que ses camarades ou encore Joyce qui n’a plus peur de rien à ce stade. Les autres ont parfois leurs moments, à l’exception peut-être de Jonathan. Aucun n’est cependant réellement développé, à part peut-être l’insupportable Billy…

Si les Duffer étaient moins occupés à prouver futilement que leur Geek cred n’est pas à débattre, ils parviendraient possiblement à offrir une histoire qui a plus à dire. Malgré cela, cette saison 3 de Stranger Things ne démérite pas quand on la voit comme étant un blockbuster estival qui est là pour faire passer un bon moment et nous occuper durant la vague de chaleur, mais rien de plus. Une fois que les histoires de cœurs adolescentes sont mises en retrait, le divertissement est au rendez-vous. Du moins, si l’on ne cherche pas à trouver trop de sens et de logique. L’été à Hawkins se veut simple et peu stressant, et c’est ce qu’il est. Pour plus, il faut probablement chercher ailleurs, car la série ne parait plus avoir ce qu’il faut pour délivrer.

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