Supergirl a prouvé en saison 1 que sa différence était sa qualité, mais qu’elle aurait besoin d’un peu plus

17 Août 2016 à 12:00

Supergirl Saison 1

Quand Supergirl est arrivée sur CBS, elle ne partait pas gagnante, malgré la bonne disposition de son héroïne, Kara (Melissa Benoist). La cousine de Superman avait donc le droit à son propre show produit par Greg Berlanti qui est déjà derrière tout l’Arrowverse.

Si on ne présente jamais que Clark Kent comme étant le cousin de Supergirl, c’est parce qu’elle est à la base une super-héroïne secondaire dans l’univers DC Comics. C’est un bagage qu’elle porte jusque sur le petit écran et cela devient même le sujet principal de cette première saison.

Supergirl est à propos de cette jeune femme qui doit se trouver une place dans une société où elle est à peine acceptée. Son plus grand ennemi n’est autre qu’elle-même, car sa peur de l’échec et son besoin d’être aimée de tous alimentent un manque de confiance parfois handicapant. Kara cherche alors toujours la réponse à ses problèmes chez ceux qu’elle veut protéger, ceux-là mêmes qui ont bien souvent besoin d’elle pour survivre, comme sa sœur Alex (Chyler Leigh) et ses amis Jimmy Olsen (Mehcad Brooks) et Win (Jeremy Jordan).

Concrètement, elle passe une vingtaine d’épisodes à comprendre qu’elle est celle vers qui on se tourne quand on est en danger et qu’elle mérite la confiance qu’on lui accorde. Elle se bat d’ailleurs pour gagner cela, même si elle le fait pour des raisons qui ne sont pas nécessairement celles qui devraient l’animer en premier lieu.

Nous sommes en 2016, Supergirl joue donc naturellement la carte du féminisme et Kara en paie alors autant le prix qu’elle en tire des bénéfices. Ainsi, si l’on attend d’elle beaucoup de choses, car elle doit servir de symbole et être plus que la jolie héroïne de service, Supergirl n’a pas à se battre pour obtenir l’opportunité de prouver ce qu’elle vaut. Bien entendu, la place pour l’échec est pratiquement inexistante et la tentation de laisser les hommes de sa vie prendre des décisions pour elle est parfois trop présente.

L’ombre de Superman est d’ailleurs problématique pendant une bonne partie de cette première saison. Le célèbre cousin est plus fort, plus accompli, plus apprécié que Kara et elle apparait alors n’être que le second choix. Tristement, les scénaristes réalisent bien trop tard qu’ils pouvaient utiliser cela à leur avantage et ils tournent cet angle dans leur sens que dans les derniers épisodes pour montrer que Kara est vraiment tout ce qu’un héros de Krypton peut être.

Cela fonctionne, mais la route pour y arriver fut semée d’embûches. C’est là que Calista Flockhart (aka Cat Grant) entre en scène et vole la vedette à la super-héroïne de service. Réduite dans un premier temps à n’être qu’une version édulcorée de Miranda Priestly – Meryl Streep dans Le Diable s’habille en Prada –, Cat Grant est néanmoins plus intéressante qu’un ersatz de la sorte. Elle est en effet celle qui entretient la dose de féminisme du show et elle le fait avec une intelligence qui fait plaisir. Expérimentée et consciente d’être le produit d’un monde d’hommes, elle ouvre la voie pour que Kara réalise son potentiel et ce qu’elle peut réellement accomplir en tant que femme dans cet univers sans merci.

Cat est une mère de substitution, Alex (Chyler Leigh) est la sœur d’adoption. Cette famille reconstituée donne à Supergirl une structure, notamment parce qu’Alex n’a pas de pouvoir, mais elle est la première à prendre les armes pour combattre aux côtés de Kara. Cette dernière est entourée de femmes fortes et de quelques intérêts romantiques pas toujours très intéressants, mais également de personnes qui ont autant perdu qu’elle et qui sont là pour lui montrer le bien et le mal que ses pouvoirs peuvent produire. C’est le minimum exigé pour une série de super-héros.

Dans ce genre, Supergirl tient d’ailleurs assez bien la mesure, aidée par des effets spéciaux qui sont de bonne facture et par un casting de seconds rôles réellement solide. Certains épisodes sont malgré tout relativement mauvais, l’alien de la semaine n’étant pas captivant à tous les coups, mais la seconde moitié de saison développe des thématiques sur la durée qui compensent l’aspect redondant des débuts.

En tout cas, cette première saison est surtout divertissante et a souvent des choses intelligentes à dire. Dommage par contre que le tout reste trop volontairement baigné dans une sorte de naïveté qui empêche l’ensemble d’explorer son potentiel dramatique. Cela rend Supergirl quelque peu anecdotique, ce qui aurait pu être évité avec un peu plus d’ambitions créatives. Maintenant que la série déménage sur The CW, il n’est d’ailleurs pas certain que cela soit rectifié, mais on peut espérer. Après tout, l’espoir est le crédo de Kara, alors on peut lui donner une chance.

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