Supergirl saison 4 : Les Humains sont les ennemis

8 Juin 2019 à 12:00

Même si elle ne le fait pas dans la plus grande des finesses, Supergirl a toujours été la mieux placée des séries de l’Arrowverse pour parler politique. Elle avait commencé en saison 2 avant de prendre un virage plus super-héroïque vers la fin ; puis son ton est devenu plus adulte en début de saison 3, avant que des problèmes en coulisses viennent forcer une réécriture quasi-totale de la deuxième partie de saison. Cette fois, pas de problèmes pour cette saison 4 et, sans surprise, c’est la meilleure de la série.

Supergirl a pris son temps pour développer son propos et son univers cette année. Les Enfants de la Liberté ont posé de réelles questions sur les motivations des méchants, qui sont finalement partout, mués par la peur de l’autre qui se transforme en rejet. Tout cela, incarné par un Sam Witwer absolument terrifiant dans le rôle de Ben Lockwood, alias Agent Liberté.

Comment combattre un ennemi que tu ne peux pas voir ? Comment combattre un ennemi que tu défends en temps normal ? Ce sont des questions qui rythment tout cet arc narratif et, si parfois les parallèles sont maladroits et opèrent des raccourcis, il y a une véritable réflexion et une remise en question du statut de héros.

De manière presque étonnante, Supergirl a toujours eu du mal à trouver la place de son héroïne principale. Une saison, elle était apprentie reporter et super-héroïne, une autre elle n’était que Supergirl, une autre c’était un joyeux n’importe quoi. Dans cette saison 4, les scénaristes ont resserré l’intrigue sur une Kara en mentor et c’est un succès. La jeune femme n’est toujours pas une journaliste crédible — quoique dans le monde dans lequel on vit aujourd’hui — mais on voit coexister les deux mondes, avec même parfois le stylo qui prend le dessus sur la cape.

Une autre grande réussite de Supergirl est l’introduction de Nia Nal. Dans son premier rôle, Nicole Maines irradie à l’écran. En plus de faire un grand pas dans la représentation super-héroïque pour les personnes transgenres — et sans jamais trop appuyer son propos —, la série introduit un personnage plein de vie, avec une personnalité qui ressort et une vraie alchimie avec Brainy — en fait, tout le contraire de James.

Taper sur le jeune homme équivaut à tirer sur une ambulance, mais les scénaristes ne savent vraiment pas quoi faire de lui. Un aspect intéressant de son histoire a vite été éludé au profit de pouvoirs classiques et c’est fort dommage. La même chose peut être dite d’Alex qui n’a pas beaucoup brillé cette saison — et son histoire avec la sœur de James ne présage absolument rien de bon qualitativement parlant.

Au milieu de la saison cependant, il y a un grand bouleversement : Lex Luthor arrive ! Traditionnellement l’ennemi de Superman, le super-vilain arrive à l’écran pour prendre le contrôle de l’histoire. Ce qui peut être pris comme un retcon assez puissant de la première partie de saison est bien rattrapé par le charisme de Jon Cryer qui est impressionnant dans le rôle. Il occupe tout l’écran et tous les épisodes où il était présent ont présenté un niveau de qualité rarement vu dans la série.

Cela a néanmoins quelque peu fait dérailler cette dernière avec des arcs narratifs bâclés. Le Colonel Hayley est incohérent du début à la fin, l’idée d’effacer la mémoire d’Alex n’a servi à rien et J’onn était quasiment absent de toute la saison. Mais c’est surtout l’arc de Manchester Black qui est vraiment impardonnable, dans le sens où l’antihéros intrigant est devenu du jour au lendemain un homme épris de vengeance. Adieu la finesse, bonjour le n’importe quoi. On peut dire de même de Lena qui ne sait pas que Kara est Supergirl et dont la conclusion de cet arc promet très peu pour l’année prochaine, empruntant les routes les plus usées possible.

Mais Lex a néanmoins permis de creuser davantage l’histoire de Red Daughter, en plus de donner l’occasion à Melissa Benoist d’utiliser un accent russe que ne renieraient pas les Anglais de Chernobyl, les scénaristes ont raconté une histoire émouvante d’une jeune femme qui n’a pas eu la même chance que Kara. Au lieu d’Alex, elle est tombée sur Lex qui l’a manipulée selon son bon vouloir.

Tous les arcs narratifs, bons ou mauvais, se rejoignent en fin de saison avec une bagarre entre Supergirl et Lex. Là encore, on a le droit à du Supergirl. Ça part un peu dans tous les sens, ça a d’excellentes intentions et ça réussit plus ou moins son pari.

En définitive, cette saison 4 est la meilleure de toutes. Avec des moments d’émotion très forts tout au long de l’année, avec des réflexions très intéressantes sur notre monde et avec des ennemis de très haute qualité, Supergirl s’impose comme une série de fort bonne qualité. Je suis néanmoins peu emballé par les perspectives de la saison prochaine, mais je n’attends qu’à être surpris.

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