Switched at Birth : la famille recomposée (saison 1, partie 1)

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25 août 2011 à 8:20
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Switched at Birth

À la suite d’un test sanguin, Bay Kennish, brune artiste, et Daphné Vasquez, rousse malentendante, voient leurs vies basculer. Les deux adolescentes découvrent qu’elles ont été échangées à la naissance. Daphné est donc biologiquement la fille des Kennish, de riches bourgeois, alors que Bay est celle d’une mère célibataire aux origines portoricaines. Il est temps de faire connaissance pour les deux familles.

Nouvelle série d’été d’ABC Family créé par Lizzy Weiss, scénariste du film de surfeuses Blue Crush, Switched at Birth a su conquérir en seulement 10 épisodes le cœur des téléspectateurs et des critiques. La recette ? Un sujet profond et intéressant qui a rarement été traité à la télévision en dehors de petites storylines. Que faire lorsque l’on découvre que l’on a été échangé à la naissance (traduction littérale du titre de la série) ? Que les êtres qui nous ont élevés ou avec lesquels nous avons été élevés ne sont pas de notre sang ? Et que faire de ces étrangers appelés parents biologiques ? Quelle place donner aux uns et aux autres sans ne léser personne ? De fait, est-on le produit de notre éducation ou de nos gênes ?

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Le sujet est d’autant plus délicat que la série, dans la grande tradition de la chaîne, a choisi des personnages adolescents comme victimes. Deux jeunes filles aussi antinomiques que complémentaires. La rousse versus la brune. La sourde bien dans ses baskets et lumineuse, sympathique et drôle Daphné (Katie Leclerc), à l’opposé de Bay (Vanessa Marano), l’artiste tourmentée, le vilain petit canard qui ne trouve pas sa place dans cette famille aisée et cherche les bad boys. Tout ou presque reposant sur elles, il ne fallait pas se tromper dans le choix des interprètes. Premier bon point pour la série qui nous fait connaître deux jeunes actrices aux talents indéniables.

Elles ne sont pas les seules héroïnes de ce drame, car ce sont aussi deux familles qui perdent leurs certitudes. Toby, le personnage le moins intéressant du show, se retrouve avec deux sœurs. Alors que les Kennish adoptent directement Daphné, Regina et Bay, véritablement faites de la même sève, se toisent et s’apprivoisent. Et pourtant, Kate et John Kennish ne cesseront pas d’être les parents de Bay comme Regina ne renoncera sous aucun prétexte à Daphné. La cohabitation des familles Vasquez et Kennish est un autre élément savoureux de l’intrigue et le prétexte au développement des situations les plus gênantes : humiliation publique auprès des membres du country club, dîners agités, disputes en langage des signes au potentiel dramatique hallucinant, déclaration d’amour maternel, bluette sentimentale…

Toute l’intelligence de la série est de ne jamais sombrer dans le pathos et dans le soap ce qui serait fort simple pourtant. D’une situation casse-gueule, Lizzy Weiss offre un discours attachant, plein d’humanité, qui transcende les a priori ou les fait évoluer en même temps que les personnages. Ainsi, John et Kathryn ne sont pas les friqués sans âme que l’on pourrait croire. Le couple parvient d’ailleurs à exister au-delà de ce qui leur arrive et Lea Thompson et DW Moffett sont parfaits. Même chose pour Regina (excellente Constance Marie) dont le passé trouble est l’un des ressorts du milieu de saison. Indépendante et fière, elle a élevé cette fille formidable seule et a vaincu son alcoolisme. C’est une battante qui a fait de mauvais choix. N’oublions pas de mentionner le « super cute » Emmett, le jeune sourd et muet, meilleur ami de Daphné, amoureux d’elle depuis toujours qui se refuse à intégrer le monde des entendants jusqu’à sa rencontre avec Bay.

Et puis bien sûr, il y a les filles. Si de prime abord, c’est Daphné qui attire tous les regards en grande partie grâce à Katie Leclerc, Bay se fait une place de choix après quelques épisodes. Dualité et dichotomie sont les maîtres mots de leur relation si particulière et de leur caractère en acier trempé. Au fur et à mesure des épisodes, Daphné se fait plus dure et plus cassante alors que Bay s’ouvre au monde.

Avec ses quelques guest stars (Marlee Matlin, Gilles Marini), ses rebondissements, et son interprétation juste, Switched at Birth se révèle une bonne surprise. D’ailleurs, ABC Family ne s’y est pas trompée en la prolongeant de 22 épisodes. Espérons que la production maintiendra ce cap et ne tombera dans le redondant à l’instar de Pretty Little Liars, autre fleuron de la chaîne.

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